16 février 2009
SOLIDARITE AVEC LES DOM-TOM
Depuis plus de trois semaines, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale unitaire et illimitée. Depuis, la grève générale s'étend à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion. Ils se battent contre la vie chère, les bas salaires, les licenciements et le chômage, pour leur dignité.
Leur combat est le nôtre, il est exemplaire.
Après le succès des grandes mobilisations du 29 janvier et avant celle du 19 mars, nous devons apporter toute notre solidarité aux Guadeloupéens, Martiniquais, Guyanais et Réunionnais qui proclament avec la même force que ce n'est pas au peuple de payer la crise !
Le combat des salariés de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre.
Tous ensemble, Solidarité ! Rendez-vous à STRASBOURG
SAMEDI 21 février 2009 – 15h00 Place Kléber
1ers signataires :
Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche (PG)
06 février 2009
Saint-Lô par des témoins directs
Bonjour, pour ceux qui ne sont pas encore au courant, notre cher président est venu nous rendre visite à Saint-Lô.
Je faisais parti des enseignants qui ont profité de sa venue pour lui signifier notre désaccord quant à la suppression des RASED.
Les intentions des manifestants étaient pour le moins pacifiques mais celles de M. Sarkosy un peu moins.
Ce qui s'est passé ce lundi est tout simplement scandaleux . Je vous
transmet une lettre écrite par une collègue également présente lundi
et qui résume bien la
situation. Libre à vous de la lire ou non.
Je
confirme que tout ce qui est dit dans ce courrier est vrai, j'y
ai moi-même assisté, et je peux vous dire que la lacrymo, ça pique!!!
Petit détail manquant dans la lettre: les médias accusent les
manifestants d'avoir cassé une vitrine, ce sont en fait les CRS qui l'
ont cassée en voulant frapper un jeune lycéen.
Voilà, bonne lecture.
Julien
Bonjour à tous.
Je tenais à vous signaler plusieurs faits alarmants dont vous devez déjà être au courant.
Les enfants de la classe "choisie"pour recevoir la visite de M.
Sarkozy a reçu depuis une semaine les visites du préfet, de la police,
etc.
On leur a demandé d'apprendre à se lever convenablement en
posant la main droite sur leur bureau... Et en disant « Bonjour M. le
Président » !!!!
Un membre de ma famille fait partie de cette classe...
De
plus, comme vous le stipulait la lettre de l'enseignante, des travaux
demandés depuis des mois, ont été réalisés très rapidement en une
semaine.... Mais uniquement sur le « chemin » très balisé de M. le
Président !!!!!
Ma
sœur, dont l'enfant était scolarisé dans cette école,n'a pas pu se
mettre derrière la barrière de l'école pour l'arrivée du président.
Elle a été bloquée en bas de l'immeuble attenant à l'école et n'a pas pu faire trois pas vers l'école.
Elle
a aussi voulu faire descendre une banderole, avec les habitants du
quartier et parents d'élèves le long de l'immeuble ; et les CRS ont
demandé à une voisine quelques étages plus bas de la couper !
De plus, la commissaire de police est venue saisir violemment ma sœur par le bras, pour l'empêcher de siffler !
Ce dernier avait ordonné de ne pas voir de manifestants sur son chemin !
Arrivés à 8 h 30... nous nous sommes dirigés vers
le boulevard de la Marne où nous attendaient CRS, gendarmes mobiles bottés et casqués et camion anti émeutes !
Impossibilité
de passer alors que des accords avaient été conclus avec la préfecture
sur le déroulement de la journée, et tout a été systématiquement
bafoué !!!!!!!!! 500 CRS !!!!
A défaut de nous voir, il nous a entendus !!!!!!
Je
tenais à signaler l'aspect très violent des forces de l'ordre, qui
affichent partout au sein de leurs locaux qu'ils sont présents afin
d'assurer notre sécurité avant tout !
En effet, place de la
Licorne, une personne âgée a été bousculée par les CRS sous les yeux de
lycéens qui se sont empressés de la secourir !!!
Les CRS sont
passés en bousculant tout le monde, y compris femmes et enfants, alors
qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter et aucune manifestation
de violence, sauf la leur !
Un enseignant qui parlait avec les
lycéens afin de les calmer face à l'agressivité des CRS s'est fait
matraquer en se retournant... Tout mouvement d'une personne étant
considéré comme dangereux ?????????!!!!!!!!
Je suis sidérée, choquée ! Jamais auparavant, je n'ai assisté à une telle vague d'extrémisme !
C'est très important que nos jeunes, qui sont restés calmes et respectueux, aient été présents ! Témoins !
Vous
rendez vous compte que deux d'entre eux se sont faits mettre à terre,
puis embarquer au commissariat de police alors qu'ils n'avaient rien
fait !!!!
Tout cela est très inquiétant et nous constatons, encore une fois, que M. le président fait ce qu'il veut !
La mobilisation doit être très importante, et au sein de tous les corps de métiers !
Nous nous devons de protéger nos enfants de cette montée en puissance de la dictature sarkozienne !!!!
Et lorsque le
peuple est dans la rue, M. le Président peut mettre 500 CRS pour l'empêcher de manifester, il est là et manifeste !!!!
C'est
un de nos droits qui a été bafoué hier ! Comme beaucoup d'autres
actuellement ! Y compris le droit à l'éducation pour nos enfants !
Je
signale, pour en terminer avec ce courrier, que des groupes ont été
constitués sur le net, afin de repérer les personnes « dérangeantes
»pour le gouvernement ,et
surveiller leurs conversations et mails.
Les
derniers mots du président lors de son discours à Saint-Lô : « N'ayez
pas peur du changement, n'ayez pas peur de la crise, n'ayez pas peur
de l'avenir » !!!!!
Commentaires de M. Digard dans le Ouest-France
du13 janvier: « C'était un honneur pour la ville d'accueillir le
premier personnage de l'état. Mais c'est de la très
haute
tension... Quant aux manifestations, je reconnais que l'on puisse ne
pas être d'accord et l'exprimer, mais dan le respect de la fonction
incarnée par le président de la république ».
Nous sommes restés respectueux, mais notre droit à la manifestation n'a pas été respecté !
Nous voulons une égalité dans l'enseignement et les moyens nécessaires afin d'atteindre les objectifs espérés…
Combien a coûté ce déplacement de M. Sarkozy ?
Quant au déploiement des forces de l'ordre... Cet argent dépensé pourrait aider tant d'écoles, de collèges et lycées !!!
Voilà ce que je tenais à écrire après être allée manifester hier !
Nous sommes beaucoup à être en état de choc...
Je
diffuse ce mail à tout mon carnet d'adresses, ainsi que les vôtres car
tous ces faits sont des atteintes à la liberté et aux droits de
l'homme !
Isabelle Legravey
Avec les gendarmes dans les écoles, voilà l'illustration de la politique Sarkopen.
02 février 2009
LES GENDARMES DANS L'ECOLE
Société - Article paru dans "L'Humanité
le 26 janvier 2009
Evaluations scolaires très contestées
école . Face à la désobéissance pédagogique, l’État en appelle… aux gendarmes !
Pendant une semaine, entre le 19 et le 23 janvier, l’éducation nationale a procédé aux évaluations de niveau des classes de CM2. Pour le ministre Xavier Darcos, « les évaluations objectives, régulières, transparentes » ont un but : « disposer d’indicateurs fiables des acquis des élèves pour mieux piloter le système éducatif ». Mais l’obsession de l’évaluation rencontre de nombreuses réticences, voire une farouche opposition de tous côtés : instituteurs et directeurs d’école mais aussi parents d’élèves et élus locaux. Sur le principe, que les enfants soient évalués n’est pas en soi contesté. Les inquiétudes concernent en fait le contenu et les objectifs de ces évaluations. Pourquoi sont-elles d’un niveau trop élevé et pourquoi tester les élèves en janvier sur des connaissances qu’ils n’auront acquises et assimilées qu’à la fin de l’année scolaire ? À terme, la crainte est de voir se profiler une concurrence entre établissements scolaires et une remise en question de la liberté pédagogique.
Dans une lettre de désobéissance adressée au ministre de l’Éducation nationale, un directeur d’école de l’Ain, Pierre Devesa, explique son « indignation sincère » : « De quel cerveau surchauffé a pu sortir l’idée de soumettre à des élèves de CM2 un texte d’Hemingway et un de Maupassant, qui ne sont pas précisément des auteurs de littérature de jeunesse ? Le premier paragraphe de l’exercice 1, où un enfant malade se verra administrer une ampoule en guise de remède, est révélateur. Une ampoule ? Pour des élèves de 2009, l’utilisation de ce médicament n’est pas lumineuse. » Et de poursuivre : « Je ne souhaite pas collaborer à une vaste entreprise de fragilisation et de dépréciation de l’école (…). Nous étions des passeurs, des guides, et nous devenons des trieurs, des contrôleurs. » Comme lui, nombreux sont les professeurs et parents d’élèves à avoir empêché la bonne tenue des épreuves. Seule la méthode varie. À Toulouse et dans le sud de la Haute-Garonne, huit écoles ont été occupées et bloquées vendredi par des parents d’élèves pour ne pas diffuser les évaluations aux élèves de CM2. D’autres, comme à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), se sont rendus en classe avec les élèves pour confisquer les carnets d’évaluations distribués par les instituteurs.
Dans l’Hérault, la mobilisation a été aussi forte que… supervisée. Dans une dizaine d’écoles, dont celles de Loupian et de Saint-André-de-Sangonis, les gendarmes ont téléphoné aux directeurs d’établissement pour s’assurer du bon déroulement des évaluations. Une seule école aurait reçu leur visite directe. Selon Joël Vézinhet, secrétaire du syndicat SNUipp 34, l’inspecteur d’académie lui a assuré n’avoir donné aucun ordre aux gendarmes : « Il semblerait certaines gendarmeries font du zèle… Ça fait quelques mois que l’on voit des gendarmeries appeler des écoles. » Lors d’une réunion tenue vendredi 16 janvier à Gignac, l’inspectrice de la circonscription avait convié maîtres du CM2 et directeurs d’école à récupérer les livrets d’évaluation. Parents d’élè-ves et élus s’étaient invités. La réponse de l’inspecteur d’académie : l’envoi de huit gendarmes. Gérard Cabello, maire communiste de Montarnaud, présent lors de cette manifestation, a déjà reçu trois visites des gendarmes en deux mois. « La première, c’était avant les vacances de Noël. Ils sont intervenus car les parents d’élèves avaient apposé une banderole sur les grilles de l’école. Les deuxième et troisième fois, ils sont venus début janvier, le matin et le soir, pour enlever une banderole « Sauvons les RASED » et « Non à la fermeture d’une classe ». Je les ai interpellés pour leur dire que j’aurais été ravi de les voir plutôt sur des missions de sécurité. Par la suite, j’ai eu la confirmation qu’ils étaient en mission de renseignement. »
Ixchel Delaporte