Ces témoignages ont été produits dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace". Ceux que j'ai pu recueillir sont de même calibre et pire...

"Mets-en une dans la tronche... ouais, mets leur dans la gueule". Non ce n’est pas un hooligan, un sauvageon de banlieue ou encore un "black bloc" qui nous offre cette phrase, c’est un CRS . Pourrait-on seulement espérer que ce genre de commentaire puisse être suivi de conséquences plus ou moins néfastes pour le CRS qui l’a prononcé ? Ne serait-il pourtant pas très facile de retrouver le "coupable" quand on utilise des dizaines d’hélicoptères pour surveiller des manifestants ?

Aujourd’hui, j’ai vu un CRS s’adresser à un homme qui passait à côté de lui : "T’as vraiment une gueule de pédé, toi". Même si le destinataire de l’invective était coupable de quelque chose (ce qui n’était pas le cas), un représentant des forces de l’ordre ne devrait même pas penser à tenir de tels propos.

"Là-bas les gars Black Bloc", dit un CRS. Apparemment, les personnes qu’ils désignaient sont très peu nombreuses, leurs seuls habits noirs ne suffisent bien sûr pas à justifier leur appartenance au prétendu Black Bloc. Évidemment, l’image est rapide, je me trompe peut-être... Mais pour ma part, je ne considère pas qu’il y ait eut de réel Black Bloc à Strasbourg : il suffit de regarder les Black Blocs d’autres contre-sommets pour comprendre la différence... Si le Black Bloc existe, c’est dans nos têtes : il existe avant tout et surtout parce qu’on en parle. Lors d’un contrôle de police, un CRS qui jouait la carte de la provocation m’a démontré qu’à cause de mon T-shirt foncé et de mon écharpe, je pouvais très facilement être "un black bloc" (comme si je pouvais former un bloc à moi tout seul), dans ce cas-là, on suspecte tout le monde d’être un traître à la raison d’État et on retourne sous Staline.

Dernier petit commentaire : lors des affrontements que l’on voit rapidement, j’ai très clairement vu (et un ami également) des CRS ramasser des pierres pour les lancer sur des manifestants. Inutile de commenter un tel acte, ainsi que les dangers qu’il représente.

Je reviens de la manifestation. Je dénonce d’abord bien entendu ces casseurs. Leur tête de mort sur fond noir n’a RIEN de commun avec notre drapeau de paix multicolore. Objectivement, ils servent l’OTAN et sont porteurs de haine et de malheur au même titre que les troupes de l’OTAN dans beaucoup de pays.

Ceci dit, la police fut en dessous de tout cet après-midi. Elle aurait voulu que cette manif dégénère comme ce fut le cas qu’"elle n’aurait pas fait autrement.

Les faits d’abord :

1- Coté français, sur le grand parking du jardin des 2 rives nous attendions nos amis allemands.

2- La police a juste laissé passé....les casseurs allemands, interdisant ensuite aux pacifistes de passer, ...a cause des dégâts faits par les casseurs qu’ils venaient de laisser passer (no comment)

3- On nous a fait quitter le parking non pas par l’entrée principale mais sous un pont de chemin de fer étroit en bout de parking.

4- J’étais en fin de cortège : un cortège de voitures de CRS arrive en contresens et veut passer sous le pont, à travers la manifestation ! avec au-dessus, sur le pont, des casseurs ayant a leur disposition les pierres du ballast.

5- Ces casseurs se moquaient bien que nous, manifestants pacifistes, qui étions sous le pont à laisser passer les camions de police : ils lançait des caillasses tout ce qu’ils pouvaient. Nous avons essayé de rebrousser chemin mais à l’arrière de la manif, des CRS, à pied, nous tiraient dessus avec des lacrymogènes

6- Nous avons donc dû escalader sur les cotés pour pouvoir nous échapper tant bien que mal, les casseurs en haut sur le ballast n’étant pas plus inquiété que cela.

7- Je ne parle pas des hélicoptères de la police qui en début du meeting au-dessus de nos têtes ont couvert les discours des députés européens venus nous soutenir. Le journaliste de Alsatic TV, agressé par les casseurs, a lui même témoigné de ces provocations policières qui n’ont rien arrangé.

Ce que j’en pense....

8-Police et casseurs : complices contre les pacifistes.

9-Nous connaissions les forts risques de problème de cette manifestation. Mais où est la démocratie si nous ne pouvons plus nous rassembler pour dire haut et fort que l’OTAN, c’est tout sauf la paix ?

10- Comme j’ai pu le lire dans un édito des DNA ce dimanche 5 avril : personne ne demande à notre démocratie d’être "bonne fille" ( ?!). Dans une démocratie digne de ce nom : l’Etat doit être capable de :

- permettre aux gens qui le souhaitent de s’exprimer : en l’occurrence les manifestants anti-otan - punir les casseurs qui portent atteinte à nos droits à tous et détruisent impunément. Mais peut-être cela arrange-t-il bien notre gouvernement de vouloir semer la confusion des genres ?

Le récit de la manifestation
Question : Pourquoi les hélicoptères de la police ont-ils perturbé la mise en place de la manifestation ? Pourquoi le vol stationnaire d’un engin à la verticale de la scène interdisant pratiquement tous les discours ? Pourquoi l’arrosage de la place de gaz lacrymogène à partir des hélicos provocant une débandade et un départ précipité de la manifestation pacifique jusqu’à la souricière route du Rhin ? A cet endroit l’attaque de l’arrière de la manifestation par les "troupes" au sol et les hélicos a provoqué un mouvement de panique d’autant que les "troupes" au sol attaquait la tête de la manifestation, arrêtée à la demande des forces de l’ordre. Le lieu était idéal aucune possibilité de s’échapper, pas de rue adjacente, pas de lieu où se réfugier, une vraie souricière...

Autre question très grave, pourquoi les hélicos qui étaient en vol stationnaire au-dessus des casseurs ne sont intervenus qu’après que les incendies soient déclarés et ne soient plus maîtrisables ? Pourquoi avoir laissé tout leur temps aux incendiaires qui après avoir mis le feu aux douanes sont descendus tranquillement mettre le feu à l’hôtel, la pharmacie, la station service et la chapelle. Pourquoi avoir attendu que les incendies soient bien pris pour ensuite arroser de gaz la manifestation qui était à des centaines de mètres des lieux incendiés ? Pourquoi ne pas intervenir immédiatement avant la mise a feu alors que les incendiaires étaient isolés et loin de la manifestation ? La conclusion est claire : les incendies ont servi de prétexte pour isoler la manifestation pacifique côté Allemand et l’empêcher de rejoindre la manif pacifique côté français. Les incendies permettent de jeter le discrédit sur une manif qui rejoint le sentiment profond de beaucoup de Français. Une fois de plus les casseurs ont été de précieux "complices" ou "auxiliaires" des forces "dites" de l’ordre et de leur hiérarchie jusqu’au Président de la république

patrice1

Le récit de la manifestation en vidéo

Personnellement, je me pose plusieurs questions :

Premièrement, je pense que un certain nombre de ces "black blocks" sont connus des services de police. Pourquoi n’ont ils pas été interdits de séjour durant le sommet ??

Deuxièmement, où trouve-t-on la cause d’une telle couverture de ces évènements tragiques ??

Troisièmement, ces évènements sont-ils la cause ou la conséquence de cette couverture ??

Quatrièmement, pourquoi les revendications des anti-otan pacifistes n’ont-elles pas été mieux relayées par les médias ?? Je me demande si les médias ne donnent pas la priorité aux actes de vandalisme qui, rappelons-le, émanent toujours d’une minorité dans les groupes.

Cinquièmement, je suis vraiment dégoûté que les médias nationaux ne parlent de Strasbourg quasiment que lorsque il y a de la casse alors que cette ville regorge de richesses et de savoir-faire !!!

Sixièmement, je crois que notre cher gouvernement trouve malheureusement sa pitance dans ces violences afin de justifier des actions souvent discutables, d’organiser un faux débat sur celles-ci et de passer sous silence les terrifiantes réformes en cours.

Bref....M _ _ _ E !!!

6. dimanche 5 avril 2009 à 10:56, par bruno1

Le récit de la manifestation en vidéo

Eh bien, je vais faire, moi aussi, mon récit de ma journée.

Apprenant, tôt le matin, que le Préfet avait décidé, comme nous le craignons, de bloquer l’ensemble du réseau CTS sur toute la CUS, ce qui, je le trouve, est tout à fait inadmissible, et ayant rendez-vous à midi au jardin des deux rives, je suis parti du centre ville, tranquillement, vers 10H30. Les premières difficultés, je les ai rencontrées pour passer les barrages afin de sortir de la zone rouge. Ne pouvant pas passer par les grands axes bloqués, je suis passé par le secteur Contades, ressortant enfin avenue des Vosges par la rue Schwilgue. Continuant par l’avenue de la Forêt Noire je suis passé devant les dizaines et dizaines de camions de pompiers sécurité civile massés devant le Consulat des Etats-Unis.

J’ai continué mon trajet en remontant l’avenue de la Forêt-Noire. Au niveau du boulevard de la Marne, j’ai entendu, au loin, à ma droite, des explosions de grenades, j’ai donc continué mon chemin tout droit. Après 7 ou 8 kilomètres de marche, j’ai enfin pu rejoindre le jardin des deux rives par la route du Petit Rhin. J’ai appris que la police bloquait les entrées par Neudorf, et que de nombreuses personnes erraient à la recherche d’une solution.

A midi, bien entendu, le camp était quasi désert, sauf le comité d’organisation, et quelques personnes prévoyantes. Je suis monté, vers 12H30, au niveau du pont de l’Europe, où j’ai pu constaté qu’un impressionnant barrage de CRS bloquait le pont. Compte tenu du dispositif, il me semblait évident que les autorités avaient choisi de ne pas laisser se faire la jonction franco-allemande. Renseignement pris auprès de l’un des responsables, il me fut indiqué que la jonction était interdite sur ordre du Préfet.

Prudent, nous sommes redescendus, et avons croisé, choqués et surpris, plusieurs centaines (300 ou 400) "black blocks". Courageux, mais pas téméraires, face à ces gens peu rigoleurs, les quelques personnes qui étaient montées sur le pont se sont vite dégagées par les talus. Choqués et surpris, disais-je, parce que nous ne comprenions pas comment ses gens ont réussi passer les innombrables barrages policiers.

A ce moment là, je pensais que les CRS allaient intervenir pour les bloquer, sans possibilité de retraite, sur le pont, pour nous laisser manifester calmement. Revenu au parking Desaix, j’ai pu apprécier l’atmosphère bon enfant. Mais, une demi-heure plus tard, j’ai été stupéfait, c’est le moins que l’on puisse dire, de voir les mêmes black-blocks traverser de part en part le terrain Desaix.

Quelques minutes plus tard, nous avons vu des fumées noires s’élever de l’autre côté d’un mur d’enceinte, mais sans comprendre ce qui se passait, ni réellement s’inquiéter. Nous avons compris que les choses étaient mal parties quand les hélicoptères ont jeté des grenades lacrymogènes en direction de ces fumées, puis sur le lieu de rassemblement lui même. C’est là que nous avons appris que "c’est un hôtel qui flambe", et que tout le monde a essayé de fuir comme il pouvait. Mais, coincés entre des CRS et les casseurs, la seule solution dont nous disposions était de lancer la manifestation pour essayer d’avancer.

C’est ce qui fut fait. Tout le long du cortège, il a fallu négocier, marcher sous un soleil de plomb, être envahis de ces casseurs qui se servaient de la manifestation de manière ponctuelle comme d’un lieu de repli, et des manifestants comme de boucliers, caillassant sans cesse les policiers, puis rejoignant les manifestants au moment des charges.

A un moment donné, nous avons décidé de constituer nous même un service d’ordre en faisant une chaîne humaine en empêchant les casseurs de ressortir et d’aller une fois encore provoquer les policiers. Nous n’avons pu tenir plus de 10mn, saoulés que nous étions de coups. La panique s’est emparée des manifestant pacifistes, une nouvelle fois pris au piège au niveau d’un pont ferroviaire, et nous avons décidé de rebrousser chemin. C’est alors que nous avons constaté que des black blocks avaient pillé une entreprise de stockage de palettes en bois, et constituaient une barricade, emprisonnant de facto la partie avant du cortège. Nous avons pu nous dégager en passant par un interstice, et couru avant que les policiers ne décident de charger, négociant le droit de quitter ce piège.

Après de nouveau kilomètres de marche en arrière, nous avons pu quitter, sous les yeux de CRS postés là, le port du Rhin en passant en dessous, ou au dessus, de trains de marchandises, pour rejoindre les jardins ouvriers et Neudorf.

Le sentiment de désastre, la colère aussi devant ce qu’ont subi les habitants du Port du Rhin, mais également devant les ordres qui semblent avoir été donnés par le Préfet (qui a dit qu’il assumait) de laisser les black block intégrer la manifestation, puis de les laisser agir.

On a l’impression que certains ont voulu jouer la politique du pire...

8. dimanche 5 avril 2009 à 12:18, par FredHazel

Le récit de la manifestation en vidéo

J’étais sur place à 13 heures : les vitrines de l’hôtel IBIS avaient été brisées et des manifestants avaient allumé un feu à l’extérieur avec le mobilier (sans incendier le bâtiment). Il y avait des forces de l’ordre à proximité qui n’intervenaient pas.

Je suis revenu une heure plus tard et l’hôtel était en feu. Il était facile d’établir un cordon de sécurité autour de l’hôtel, à partir du moment où on voyait qu’il était menacé.

Si l’IBIS a brûlé, c’est qu’on a bien voulu qu’il brûle !

9. dimanche 5 avril 2009 à 12:19, par angelus

Honte au dispositif policier !

Bonjour,

J’étais hier à la manifestation anti-otan. J’ai pourtant connu les plus grandes difficultés pour m’y rendre, des barrages policiers sauvages s’étant dressés un peu partout sur le trajet. A force de détour et de discussion avec "les forces de l’ordre" qui me conseillaient de rentrer chez moi devant la télé et me disaient que s’ils me laisaient passer je ne pourrais plus partir et que je mangerais de la lacrymo ( bonne ambiance), je réussis tout de même à rejoindre le port du Rhin.

Et là, surprise ! Plus un seul policier ! L’ancienne douane a brulé plus d’une heure sans aucune intervention des forces de l’ordre. S’en est suivi l’hôtel Ibis et la pharmacie. La police n’est intervenue qu’après l’incendie de celle-ci. L’hôtel Ibis brûlant déjà depuis un bon quart d’heure. Et quelle intervention.... Lacrimo tirée par les hélicoptères ( vive la précision). Je discutais à ce moment là avec un journaliste quand les lacrimos ont explosé à nos pieds.

Ensuite alors que la manifestation était en train de partir, les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes au milieu du cortège, provoquant un mouvement de foule qui fort heureusement ne fut pas dramatique.

Les lacrimos se succédèrent jusqu’à notre arrivée dans une rue qui fut pour nous une nasse. 30000 personnes ne pouvant plus sortir de la rue du fait d’un barrage policier à l’avant et de charges de grenades lacrymogènes et de bombes assourdissantes à l’arrière.

On voit la volonté d’un sénateur d’empêcher les forces de l’ordre d’avancer sans succès. Dans cette nasse c’était la panique. Pas d’issue.

J’ai réussi à m’échapper de cette nasse par une voie de chemin de fer mais beaucoup d’autres dont le gros du cortège sont restés bloqués dans cette nasse pendant plus d’une heure.

Le travail de la police a vraiment été honteux durant toute cette journée. Certes des casseurs étaient présents mais les trois incendies ont été perpétrés par une quinzaine de personnes tout au plus. Aucune intervention plus ciblée n’était donc possible.

La police a considéré toutes les personnes présentes de la même manière, sans aucune distinction ce qui est déjà, on le voit souvent dans les journaux, le cas des forces de l’Otan.

Une honte pour notre pays.

10. dimanche 5 avril 2009 à 12:20, par user20

Le récit de la manifestation en vidéo

Si des gens ne voulaient pas être confondus avec des "black block", alors pourquoi est-ce qu’ils se sont habillés en noir ??? on savait que les gens tout en noir une cible privilégiée... Personnellement, j’ai mis un tee shirt jaune et des baskets blanches, et je ne risquais pas d’être en premier dans un viseur !! suis-je le seul à y avoir pensé ?? non sûrement pas, ce qui prouve bien que ceux habillés de noir avaient pour la plupart des intentions malsaines !

Ils étaient par exemple très clairement visibles, parmi les manifestants qui s’étaient posés avenue des Vosges. C’était un ptit groupe de 15-20 Allemands, dont les sacs à dos étaient bien remplis (vidéo à l’appui).

cher blechmic,

étiez-vous à la manif ???

j’en doute fortement, car je ne pense pas que beaucoup de personnes présentes hier puissent dire comme vous "chapeau pour les forces de l’ordre"...

Tout a été fait pour accroitre la tension déjà palpable, la police a mis un temps fou à intervenir au moment du saccage de la pharmacie et de l’hôtel. Puis l’obligation pour tous les manifestants de se réfugier dans la nasse du champ de foire a abouti à un départ précipité de la manif, dans les odeurs de gaz, par une voie impraticable, avec des grillages qu’il a fallu descendre pour passer. Pour couronner le tout, des camionnettes de crs restées là, au milieu du cortège, cibles trop faciles pour les casseurs présents...

Et après, gazage tous azimuts, sans discernement, nous étions une trentaine à nous être réfugiés sur le talus pour nous éloigner des casseurs, quand les grenades ont commencé à pleuvoir, y compris directement sur nous. Une d’entre elles est tombée un mètre devant moi...

Nous avons enfin pu progresser normalement, avant d’être coincés dans une souricière : un goulot d’étranglement de la voie sous le chemin de fer devant nous, avec interdiction d’avancer, et la police qui poussait à l’arrière, coinçant tout le monde (manifestants et casseurs) dans un périmètre très restreint... La tension était à son comble, une chaîne de pacifistes s’est formée spontanément, essayant d’empêcher les casseurs d’accéder à l’avant du cortège. Il y eu quelques coups reçus...

Bref, pas de quoi félciiter les forces de ce que vous appelez "l’ordre".

12. dimanche 5 avril 2009 à 12:44, par naturalborn

Le récit de la manifestation en vidéo

y étant aussi, je confirme ce qui est dit par Cory

plusieurs interrogations :
pourquoi avoir délibérément laissé le quartier en proie aux casseurs pendant plus de 2 heures ? des militants pacifistes ont réussi à éviter certaines exactions, contre la chapelle et l’école mais seuls, ils ne pouvaient faire grand chose...
pourquoi avoir modifié le parcours de la manifestation et avoir transformé la fin en véritable souricière ? je condamne au plus haut point les exactions mais je ne comprends pas la stratégie mise en place par les forces de l’ordre qui ont "tapé dans le tas" ; peut-être et même sûrement que tout ceci était volontaire pour créer la confusion et véhiculer un message aux "masses"... vive l’ordre...
pourquoi enfin insulter les manifestants non-violents ? il y a réellement un problème avec la police française, qui plutôt qu’être au service du peuple, se croit investie d’une "divine" mission, et qui donc n’hésitent pas à employer des méthodes pour le moins discutables, attitude renforcée par le dédain affiché place Bauveau et dans les préfectures pour le peuple...

bref, un grand gâchis, mais les fautifs sont à chercher des 2 côtés !!!

13. dimanche 5 avril 2009 à 13:07, par naturalborn

Le récit de la manifestation en vidéo

@user20

cher ami, juste pour ta gouverne, sache qu’une des manières de faire dans les black block est de se changer en cours de manifestation pour ne plus être en noir, mais en jaune comme toi par exemple... j’en ai vu un certain nombre faire cela hier et ensuite faire des feux avec les fringues noirs... donc, prendre les gens pour des idiots comme tu le fais est assez maladroit...

14. dimanche 5 avril 2009 à 14:10, par user20

Le récit de la manifestation en vidéo

naturalborn,

evidemment que je savais que les black block avaient plusieurs tenues sur eux, cependant en n’étant pas habillé de noir, on était déjà plus vu comme "pacifiste" que comme "black block".....

donc ceux qui se disent étonnés d’avoir été visés parce qu’ils étaient en noir et étaient pourtant pacifistes, n’avaient qu’à réfléchir avant....

15. dimanche 5 avril 2009 à 14:12, par nonump

Le récit de la manifestation en vidéo

Vendredi vers 16h , j’ai vu, dans la ruelle derrière le magasin ADIDAS, rue des Grandes Arcades, un groupe de policier de la BAC 93, effectué un contrôle de papier très musclé sur 6 jeunes ( 4 avaient l’air d’anti OTAN et les 2 autres étaient plus "Fashion victim"). des passants ont commencé à faire des photos quand soudain un des policiers les interpelle sans ménagement, a noté leurs identités et les a forcé à effacer les photos et tout çà dans une tension palpable. Etait-ce nécessaire ? Je crois que souvent la police met de l’huile sur le feu puisqu’ils ont tous les droits dans ce genre de situation. Dans la vidéo on voit bien certains CRS avoir des gestes dangereux envers des manifestants. dans une des vidéos, on voit une bombe lacrymogène éclatée à la hauteur des visages des manifestants pacifistes. Plaindre les CRS quand ils sont blessés ??? Eux sont, bien plus protégés avec leurs armures, casques et autre canon à eau...

Et après la police se demande pourquoi elle est de moins en moins respectée

16. dimanche 5 avril 2009 à 14:15, par evene_ment

Match hier à Strasbourg : 1:0 pour l’équipe CRS/Black Blocs/OTAN contre les pacifistes !

Hier à Strasbourg, ça castagnait du côté du Pont du Rhin… D’un côté les : Blacks Blocs ; de l’autre : les CRS. Jusque là, c’était facile à suivre. Le CRS, on connaît très bien depuis 68, et on connaît le goût musclé de la matraque. Mais le Black bloc, c’est quoi au fait ?

Le Black bloc, il s’habille le matin avec un pantalon et un T-shirt noir, met sa cagoule et son masque, et ainsi paré de son plus bel atour, se sent la force surhumaine d’aller faire trembler le moindre badaud. Tiens ! Le sentiment d’impunité conféré par l’uniforme, ça rappelle étrangement quelque chose… Le Black bloc, il aime le baston et quand ça cogne fort. Encore une similitude ! Alors, du coup, hier sous l’œil du média, à Strasbourg, on s’y perdait un peu, et comme pour un match de foot, le spectateur non aguerri pouvait glisser discrètement à l’oreille de son voisin : « Les CRS, c’est les bleus ou les noirs ? ». Et les enfants d’ajouter : « C’est lesquels les gentils ? ». Difficile comme question d’ailleurs…

Parce que là, même si on a pu entendre parler de guerre civile, on en était quand même loin. La guerre civile, y’a un peu d’idéologie derrière… un peu. Là, ça ressemblait plus à un jeu vidéo grandeur nature, avec armes, explosions, bruits… de quoi exciter tous les accros ! Mais au fait, les points ça se comptait comment ? En nombre de blessés ? En nombre d’abris-bus détruits ? Allez… soyez sympas, les mecs, expliquez-nous les règles du jeu, qu’on puisse jouer aussi ! Et le type là, avec son drapeau arc-en-ciel, les yeux rouges et qui tousse, qu’est-ce qu’il fait dans ce décor cybernétique ? Ahhh… un dommage collatéral… Excusez du peu les 30’000 dommages collatéraux ! Quelle idée vous a pris de passer par là !

Et le grand gagnant ? C’est qui finalement ? Les CRS, qui ont pu se défouler un peu sous leur carapace de Tortues ninja en « pêtant la tronche » des petits jeunes ? Ou les blacks blocs, qui ont pu assouvir des passions en « cassant du flic » ?

En tout cas, une chose est sûre, les grands vainqueurs, c’est pas les 30’000 manifestants venus de toute l’Europe dans le but de défendre une idéologie qui leur tenait à cœur. Non, non, eux, ils ont juste servis d’excuses des deux côtés.

Du côté de la Préfecture qui a justifié un déploiement de forces sans précédent par la tenue de la « grande manifestation », et de l’autre côté, en donnant aux Blacks bocs les raisons de leur violence. Parce qu’évidemment, pour le Blacks bloc, Strasbourg a été qu’un grand jeu d’anti-Monopoly, encore un symbole capitaliste sans doute. On passe par l’Avenue de la Paix barres à mine en mains, on balance quelques cocktails, on n’achète pas les hôtels, on les brûle, et on retourne à la case départ au camp de la Ganzau en ne touchant pas 20’000 € mais en en faisant perdre bien plus à la ville de Strasbourg,. Le tout en citant Victor Hugo pour justifier la destruction des lieux de culte. Mais foutez-lui la paix à Hugo !

Alors, de loin, et très spéculativement, on aurait pu limite croire que l’alliance CRS/Black blocs, c’était elle la grande gagnante hier à Strasbourg ! Et que le grand perdant, c’était les autres, les 30’000 manifestants qui, si tout s’était passé autrement, auraient pu faire changer le cours des choses. On aurait pu lire dans la presse : « L’Europe unie contre l’OTAN ! » ou encore « Une vague humaine contre la force otanienne ! ». Ca aurait même pu faire basculer la vie politique internationale, les prochaines élections françaises, faire voir au rabais l’envoi de force musclée… Au lieu de ça, non, c’est un incendie qui fera la une ! Bravo, clap clap clap !

Quelle stratégie terrible ! Jouer à la guerre pendant quelques heures, faire dissoudre une manifestation internationale puis, cerise sur le gâteau, remettre la responsabilité des incendies sur les épaules des organisateurs pacifistes (cf. discours du Préfet de Strasbourg)… c’était redoutable !

On imagine très bien le petit Black bloc junior, rentré chez ses parents ce soir, dans leur pavillon résidentiel en se plaignant qu’il n’a plus son T-shirt noir fétiche, et sa mère de rétorquer qu’elle ira lui en acheter un autre demain, chez Levis. Pendant ce temps, la femme du CRS recoudra son bel uniforme bleu sombre. Strasbourg, elle, pendant ce temps, nettoiera ses cendres ; l’employé de la ville, altermondialiste dans l’âme nettoiera le verre des abris-bus laissé par terre et le petit jeune de l’hôtel Ibis au chômage depuis des mois qui avait enfin trouvé un boulot sera à nouveau dans la galère.

Le pire dans tout ça, c’est que pas loin de là, bien au chaud au Palais de la Musique et des Congrès, les grands de ce monde ont continué à le faire tourner à leur guise…

17. dimanche 5 avril 2009 à 14:18, par mimosa2

Le récit de la manifestation en vidéo

sans juger des responsabilités des uns et des autres (même s’il apparaît clairement que les forces de Police ont autant manqué de discernement que les "black block"

- plus un rassemblement festif de petits bourgeois en mal de révolution/Buzz, assurés de leur impunité, qu’une organisation politique
- de respect pour les organisateurs de la manif), il me semble que la principal problématique, c’est la quasi absence de service d’ordre de la manif.

Les autorités ont tout voulu prendre en charge et donner le moins d’infos possible, elles payent ainsi l’absence total de concertation avec les "véritables" organisations politiques et autres associations pacifistes : on sait que sans concertation, vous ne responsabilisez plus personne, c’est pourtant un préalable.

On aurait pu espérer que la Ville de ce côté aurait pu faire valoir ses intérêts à ce sujet, il n’en est rien : accepter une manif et un campement dans les zones les plus fragilisés socialement et économiquement de Strasbourg, c’est quand même symboliquement très lourd pour l’image de l’agglomération et une majorité de "gauche", OTAN ou pas autant, ce sont les strasbourgeois parmi les plus démunis qui ont subi cette agression caractérisée (pas seulement la casse...) contre leur Ville.

Ceux qui stigmatisaient il y a encore peu la population à l’origine, d’après eux, des violences urbaines dans ces quartiers (et qui oeuvrent encore au 9ème étage sous l’appellation "techniciens" mais qui adorent se substituer aux forces de police) auront peut-être un peu plus de compassion à leur égard à l’avenir ; comparativement, les dégâts occasionnés correspondent à au moins 5 réveillons "traditionnels" mais les Black Blokeurs , eux, pourront dès lundi rejoindre leurs facs respectives et se gargariser de leurs exploits (et des frissons orgasmiques procurés ainsi) devant leurs affidés fascinés par tant d’audace ; les gens des quartiers populaires touchés auront juste encore quelques services en moins et un peu plus de désespoir à exorciser.

Prochain rendez-vous le 31 décembre où les voitures brûlées apparaîtront peu de choses face au gigantesque incendie de l’Ibis, ...il manque des techniciens à l’appel dans l’échelle des responsabilités, non ?

Les experts de la "tranquillité publique" (qui oeuvraient et ont été recrutés sous l’ancienne municipalité), où sont-ils et si c’était eux qui ont si mal conseillé nos élus ? Leurs certitudes pourtant inébranlables se sont sans doute consumées du côté du Port du Rhin en 48h...

18. dimanche 5 avril 2009 à 16:06, par naturalborn

Le récit de la manifestation en vidéo
@evene-ment :bravo pour ton post, tout est dit...

19. dimanche 5 avril 2009 à 16:08, par naturalborn

Le récit de la manifestation en vidéo
@user 20:j’étais pas habillé en noir, et j’en ai pris plein la gueule pour pas un rond... donc, les leçons de moral...

20. dimanche 5 avril 2009 à 17:28, par burger

Concentrer les casseurs...

J’étais au départ du cortège... Pour y arriver ce fut déjà la galère. Plusieurs barrages. Les CRS qui laissent passer dans un sens en promettant qu’une fois de l’autre coté, pas de retour possible. Plusieurs personnes d’un certain âge se regardent. On sent la crainte poindre. Que se passe t-il de l’autre coté ? est la question qui se lit sur les visages. Quelques uns font demi tour. Beaucoup en fait, je le verrais plus tard.

Je passe avec mon, vélo. Je m’engage route du petit Rhin. L’ordre de commencer la manif est donné. Pas mal de gens de bonne composition, pas mal de pacifistes… mais arrive une tripotée de mec, en rang, avec cagoules, bâtons, rien qu’à croisé leur regard… tu sais que ça va dégénérer.

Je me tâte. Je suis venu seul et la fleure au fusil. Mes potes sont des ventres mous qui gueulent devant la télé comme dit Tryo. Je regarde le cortège passer, certains quittent les lieux alors que la manif commence, ils ont senti aussi que ça sentait mauvais. Un couple fait demi tour, je leur tape la causette. Ils ont entendu des gars faire leurs préparatifs pour « fritter » apparemment tout est prévu. Le couple est dégoûté, et fait demi-tour. Je croise un petit vieux qui est en vélo comme moi. Il ne parle pas français, ni anglais… Je lui fait signe qu’avec le vélo c’est pas facile, il hoche la tête l’air de se demander ce qu’il fout là : il est encadré par des gars cagoulés armés de bâtons, c’est l’arrière du convoi… Finalement je fais demi-tour. Je sens que ça va mal finir.

Malheureusement, tous ceux qui rebroussent chemin sont coincés. « On passe pas ». Une femme le portable à la main téléphone à son mari de l’autre coté. « mais non, ils veulent pas me laisser passer, même avec ma carte d’identité, j’habite pourtant là bon dieu ! ».

Même à vélo, ça me met trois quarts d’heure pour contourner les barrages, je suis obligé de passer par le sud du Neuhorf ! Un paquet de petits groupes de manifestants sont dispersés le long du chemin. On leur dit qu’il faut continuer la route pour passer de l’autre côté. La prochaine route est libre… A la prochaine route il y a un autre barrage, les CRS disent la même chose et ainsi de suite… Une vraie souricière.

Je me retrouve enfin de l’autre côté, près de l’UGC. Plein de manifestants sont restés coincés ! Ils n’ont pas pu accéder au cortège. Ce sont tous des gens qui ont le sourire et des fleures dans les cheveux. Eux, ils ont été mis à l’écart. Je m’enfonce plus loin dans la ville. Des mini cortèges entiers qui tournent en rond et n’ont pas pu aller manifester… Eparpillement complet. Je tape la discute avec une mamie qui porte un drapeau pour la paix dans le monde. « Ah ben la manif, on l’aura même pas vu. Je suis dégoûté, je viens spécialement de Paris pour ça… On rentre vers la gare ». Un autre groupe avec des drapeaux PCF. « Parce qu’elle a commencé la manif ?? Nous on l’a pas vu. »

Je retourne près d’un barrage. Je ne sais pas ce qui se passe de l’autre coté. Mais l’isolation de la manif a été minutieusement orchestrée. C’est clair et net. Je m’assois et sors un bouquin fasse aux CRS. Ils resteront là jusque tout soit dissous. La messe est dite. Amen.

Le récit de la manifestation en vidéo

Avant de dire non à l’OTAN, qui sait où il intervient, dans quel cadre et avec quelles missions ? Personne ! "L’OTAN n’est qu’une organisation militaire au service du capitalisme". Raccourci, amalgame, mensonges... j’ai l’impression de lire un discours à la Le Pen. Il y a des personnes élu démocratiquement par leur peuples respectifs qui se réunissent pour organiser leur défense et commémorer la fin d’une guerre devant des symboles forts, et de l’autre des personnes qui souhaitent perturber voire empécher la rencontre et qui ne représentent qu’eux mêmes.

Compte tenu des risques et des tensions qu’il y avait hier, il fallait avoir du plomb dans la cervelle pour aller à une manif pareille. Ou alors, il ne faut pas se plaindre après d’avoir dû respirer du lacrymo.

Signé : Un Strasbourgeois qui n’est ni flic ni militaire !