31 août 2009
BOYCOTT D'ISRAEL
Cet
été, les journaux israéliens sont pleins d’articles coléreux sur la
montée d’un boycott international d’Israël. Des films ont été retirés
de festivals israéliens du film, Leonard Cohen est sous un feu mondial
contre sa décision de jouer à Tel Aviv, et Oxfam a rompu les liens avec
une porte-parole célèbre, une actrice Britannique qui fait aussi
l’article pour des cosmétiques produits dans les territoires occupés.
Clairement, la campagne pour utiliser les tactiques qui ont aidé à
abolir la pratique de l’Apartheid en Afrique du Sud attire beaucoup de
gens dans le monde.
Sans surprise, beaucoup d’Israéliens – même des
pacifistes – n’y adhèrent pas. Un boycott international ne peut
s’empêcher de porter des échos d’antisémitisme. Il pose aussi des
questions sur un double standard (pourquoi ne pas boycotter la Chine
pour ses violations évidentes des droits de l’homme ?) et sur
l’attitude apparemment contradictoire d’approuver un boycott de sa
propre nation.
Il n’est effectivement pas facile pour moi,
comme citoyen israélien, d’appeler les gouvernements étrangers, les
autorités régionales, les mouvements sociaux internationaux, les
organisations croyantes, les syndicats et les citoyens à suspendre la
coopération avec Israël. Mais à présent, alors que je regarde mes deux
garçons jouer dans la cour, je suis convaincu que c’est le seul moyen
de sauver Israël de lui-même.
Je dis ceci parce qu’Israël
a atteint un carrefour historique, et les temps de crise appellent des
mesures extraordinaires. Je dis ceci en tant que Juif qui a choisi
d’élever ses enfants en Israël, qui a été un membre du camp de la paix
israélien pendant près de 30 ans et qui est très angoissé sur le futur
du pays.
Etat d’Apartheid, c’est la façon la plus juste de
décrire Israël aujourd’hui. Pendant plus de 42 ans, Israël a contrôlé
le sol de la vallée du Jourdain à la Méditerranée. Dans cette région
habitent environ 6 millions de Juifs et près de 5 millions de
Palestiniens. De cela, 3,5 millions de Palestiniens et près d’un-demi
million de Juifs vivent dans les zones occupées par Israël en 1967, et
alors que ces deux groupes vivent dans la même région, ils sont
pourtant soumis à deux systèmes légaux totalement différents. Les
Palestiniens sont sans Etat et dépourvus des droits humains les plus
élémentaires. Contraste aigu, tous les Juifs – qu’ils vivent dans les
territoires occupés ou en Israël – sont des citoyens de l’Etat d’Israël.
La question qui me tient éveillé la nuit, comme parent et comme
citoyen, est comment assurer que mes deux enfants et les enfants de mes
voisins Palestiniens ne grandissent pas dans un régime d’Apartheid.
Il n’y a que deux manières morales d’y parvenir.
La première est la solution par un Etat : offrir la citoyenneté à tous
les Palestiniens et établir ainsi une démocratie binationale dans toute
la région contrôlée par Israël. Vue la démographie, ceci reviendrait au
décès d’Israël comme Etat juif ; pour la plupart des Israéliens, c’est
l’anathème.
La deuxième façon de finir notre Apartheid est
par la solution par deux Etats, qui implique le retrait d’Israël sur
ses frontières d’avant 1967 (avec des échanges de terres 1 pour 1
possibles), la division de Jérusalem, et une reconnaissance du droit
palestinien au retour à la condition que seul un nombre limité des 4,5
millions de réfugiés Palestiniens seraient admis en Israël, alors que
le reste pourrait revenir dans le nouvel Etat palestinien.
Géographiquement, la solution par un Etat semble bien plus faisable
parce que les Juifs et les Palestiniens sont déjà complètement emmêlés
; en vérité, « sur le terrain », la solution par un Etat (sous sa
version d’Apartheid) est une réalité.
Idéologiquement, la
solution par deux Etats est plus réaliste parce que moins de 1% des
Juifs, et une minorité des Palestiniens, soutiennent le binationalisme.
Actuellement, malgré les difficultés concrètes, il est plus sensé de
toucher aux réalités géographiques aux réalités idéologiques. Si dans
le futur les deux peuples décident de partager un Etat, ils peuvent le
faire, mais actuellement ce n’est pas une chose qu’ils veulent.
Alors, si la solution par deux Etats est le moyen de stopper l’Etat d’Apartheid, comment peut-on y parvenir ?
Je suis convaincu que les pressions extérieures sont la seule réponse.
Au cours des trois dernières décennies, le nombre des colons Juifs des
territoires occupés a terriblement augmenté. Le mythe du Jérusalem
unifié a conduit à la création d’une ville d’Apartheid où les
Palestiniens ne sont pas citoyens et manquent des services de base. Le
camp de la paix israélien s’est réduit progressivement si bien qu’à
présent il est presque inexistant, et la politique israélienne va de
plus en plus vers l’extrême droite.
Pour moi, il est clair
par conséquent que le seul moyen de contrer la tendance vers
l’Apartheid est par une pression internationale massive. Les mots et
les condamnations de l’administration Obama et de l’Union Européenne
n’ont donné aucun résultat, pas même un gel de la colonisation, sans
parler d’une décision de se retirer des territoires occupés.
Par conséquent j‘ai décidé de soutenir le mouvement Boycott,
Désinvestissements Sanctions lancé par des militants Palestiniens en
juillet 2005, et qui a rassemblé depuis un large soutien autour du
monde. L’objectif est de garantir qu’Israël respecte ses obligations
sous la loi internationale et que les Palestiniens reçoivent le droit à
l’auto-détermination.
A Bilbao (Espagne) en 2008, une
coalition d’organisations du monde entier a formulé la Campagne de
Boycott, Désinvestissement et Sanctions en 10 points
<http://www.bdsmovement.net/?q=node/213>
destinée à faire pression sur Israël d’une façon « graduelle et à long
terme, adaptée au contexte et aux moyens ». Par exemple, l’effort
commence par les sanctions sur, et le désinvestissement, des firmes
israéliennes qui opèrent dans les territoires occupés, suivies par des
actions contre ceux qui aident à maintenir et à renforcer visiblement
l’occupation. Sur des voies parallèles, les artistes venant en Israël
pour attirer l’attention sur l’occupation sont bienvenus, ceux qui ne
veulent que se montrer ne le sont pas.
Rien d’autre n’a
marché. Mettre une pression internationale massive sur Israël, c’est le
seul moyen de garantir que la prochaine génération d’Israéliens et de
Palestiniens – mes deux fils parmi eux – ne grandissent pas dans un
régime d’Apartheid.
Neve Gordon a publié «
Israel's Occupation” et enseigne la politique à l’Université Ben
Gourion du Neguev (Naqab) à Beersheba (Bir As-Sab), Israël.
This article comes from UJFP
30 août 2009
A propos de la burqa
par Le Collectif des Féministes pour l’Égalité
En juin 2009, le député André Gérin a proposé la création d’une commission parlementaire sur le port de la burqa et s’est dit favorable à une loi l’interdisant : nous protestons vigoureusement contre la campagne qui a été menée à cette occasion et rejetons avec force une telle proposition.
Croyantes ou non croyantes, musulmanes ou non musulmanes, voilées ou non, nous sommes féministes, et combattons depuis 2004 tous les dénis de droit et discriminations subis par les femmes voilées. Nous luttons contre l’instrumentalisation de notre cause – l’égalité entre les hommes et les femmes - à des fins politiciennes et parfois racistes. L’affaire de la burqa franchit une étape dans cette dérive : assez !
Une opération de diversion en pleine crise économique et scandale bancaire
En août, un rapport des Renseignements Généraux a établi à 367 le nombre de femmes portant la burqa. Sans revenir sur le ridicule de l’opération (le Ministère de l’Intérieur aurait donc dépêché des policiers dans toutes les chaumières ?), on peut dire que ce chiffre a au moins le mérite de remettre les choses à leur place. Loin d’être la tête avancée d’une déferlante islamique en France, les femmes privilégiant cette tenue traditionnelle sont une infime minorité.
377 femmes portant la burqa : et combien de plans de licenciements depuis le printemps ? combien de Français qui ne sont pas partis en vacances cet été ? De même qu’à l’automne 2003, l'affaire du voile a été orchestrée pour déminer le mouvement social contre la réforme des retraites et l’immense impopularité du gouvernement de l’époque, on assiste à un même stratagème. Il est bien regrettable qu’un député dit communiste, au lieu de se préoccuper du sort des chômeurs et de s’indigner des bonus faramineux distribués aux traders, reprenne le thème néo-conservateur du « choc des civilisations » en lançant une campagne contre les prétendues « zones de non droit » que sont devenues nos banlieues.
Le sexisme est partout, et notamment au Parlement
Ce stratagème ne fonctionnerait pas si depuis des années, la classe politique et les médias n’avaient pas relayé une campagne de stigmatisation extrêmement violente contre les musulmans. Egorgeurs de moutons selon le Président de la République, soumises et aliénées sauf si elles se conforment au schéma de la beurette abandonnant tout attachement à sa culture, les musulmans et les musulmanes sont décrits comme une population à part ; la majorité sont pourtant nés en France, sont français et veulent tout simplement jouir des mêmes droits que n’importe quell eautre citoyenne. L’argument féministe est venu conforter cette mise à l’écart.
Or, s’il existe bien, au sein du monde musulman, des apports de domination et des traditions sexistes, nous tenons à rappeler qu’il en existe partout, et en premier lieu au Parlement ! Les travées à 80% masculines de l’Assemblée nationale ne sont pas qu’un « symbole » ; elles sont la traduction concrète d’une réalité claire : les femmes sont encore très largement exclues despostes de pouvoir. « La vision de ces femmes emprisonnées » est, pour André Gérin, « intolérable », « inacceptable » ; le spectacle de l’entre soi masculin que constitue le monde politique ne semble par contre pas le gêner. Effectivement, les femmes ne se promènent pas en burqa à l’Assemblée ; excepté 107 d’entre elles, elles en sont tout simplement exclues, probablement reléguées au foyer pour s’occuper desenfants, ou conviées aux pince-fesses officiels qui servent la carrière de leurs maris !
Et pourquoi pas interdire la cravate et les talons aiguilles ?
Nous dénonçons l’idée folle qui consisterait à interdire laburqa. De même que l’interdiction des capuches ou des regroupements dans les halls d’immeuble, elle participe d’une logique liberticide, et il est très inquiétant de la voir proposée et même discutée au sein de la classe politique. Nous sommes pour le respect des droits les plus élémentaires, qui sont au fondement des sociétés démocratiques, et à ce titre, nous défendons le droit des individu-e-s à évoluer et à s’habiller comme ils/elles le veulent dans l’espace public. Nous sommes pour une laïcité qui garantisse la liberté de culte et celle de penser et d’exprimer ses idées dans le respect de tous et toutes. Pas pour une laïcité totalitaire qui implique la soumission à une culture et entend dicter nos choix, qu’ils soient spirituels, vestimentaires ou politiques.
Nous n’avons pas fini d’interdire si nous voulons nous attaquer à tous les « symboles » de la domination masculine. A ce compte-là, pourquoi ne pas interdire ceux que portent tant de femmes blanches supposées émancipées : talons aiguilles, rouge à lèvres... ? Et surtout, au lieu de s’attaquer toujours à des femmes, pourquoi ne pas combattre d’abord les symboles que portent les hommes, par exemple la cravate ? Pourquoi ne pas constituer une commission d’enquête sur la diffusion quotidienne des normes de beauté oppressantes auxquelles doivent se plier les femmes et sur tous ceux qui y participent : publicitaires, magazines féminins, industrie de la mode, et autres fabricants de produits amincissants ?
Assez du deux poids, deux mesures ! Assez de ces campagnes grotesques menées au nom des femmes mais qui ne conduisent qu’à les pénaliser ! Nous appelons toutes les forces féministes et progressistes à dénoncer cette opération, et à combattre ensemble pour la justice sociale et l’égalité entre les hommes et (toutes) les femmes.
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28 août 2009
Conventions de Genève : bon anniversaire !
Un anniversaire qu’Israël s’est bien gardé de célébrer, et pour cause. Cela
fait 60 ans que cet Etat viole systématiquement ces Conventions de Genève.
L’association palestinienne de défense des droits humains, Addameer, saisit
cette occasion pour demander à tous les Etats qui ont signé ces conventions,
d’assumer leurs engagements, en les faisant respecter, et en mettant un terme à
l’impunité d’Israël.
Israël bafoue en effet ces Conventions de multiples manières, à commencer
par l’emprisonnement massif, abusif et systématique de centaines de milliers de
Palestiniens :
En pratiquant la détention
administrative comme châtiment collectif et en l’absence de preuves permettant
d’inculper des Palestiniens arrêtés. (Plus de 440 Palestiniens, dont 3 femmes
et un enfant, actuellement détenus de la sorte, sans aucun motif)
En faisant condamner les
Palestiniens devant des tribunaux militaires installés dans les territoires
occupés de manière totalement illégale. Des centaines de milliers de
Palestiniens sont passés par ces tribunaux militaires israéliens depuis 1967,
dont plus de 150 000 depuis 1990, pour des "délits" allant de
prétendues infractions au code de la route à la tenue de réunions non
violentes.
En ne permettant pas aux prisonniers
palestiniens d’assurer leur défense, en leur refusant le droit à une traduction,
le droit de faire appel à des témoins, le droit à une justice impartiale, et en
ne reconnaissant pas la présomption d’innocence.
En détenant et en interrogeant les
prisonniers palestiniens dans 17 prisons, 4 centres d’interrogations et 3 centres
de détention provisoires, tous situés en Israël, en violation de l’article 76
de la 4ème Convention de Genève, qui interdit à la puissance occupante de
transférer les prisonniers hors des territoires occupés.
Cette pratique implique en outre qu’un grand nombre de prisonniers
palestiniens ne peuvent bénéficier de visites de leurs familles, puisque ces
dernières se voient refuser le droit d’entrer en Israël pour des "raisons
de sécurité".
Depuis 2007, les prisonniers Palestiniens kidnappés dans la bande de Gaza
n’ont pu recevoir aucune visite de leurs proches, en violation de l’article 27
de la 4ème Convention.
En colonisant les territoires
occupés et en y installant ses propres citoyens, en violation de l’article 49
de la 4ème Convention.
En pratiquant la torture sur les
prisonniers palestiniens, malgré l’interdiction par les Conventions de Genève
de la torture, des traitements cruels et dégradants. Israel a prohibé
formellement la torture en 1999, mais continue à la pratiquer couramment, en
autorisant "les pressions physiques modérées", "en cas de
nécessité pour sa sécurité".
Prisonniers maintenus dans des positions douloureuses de manière prolongée
(position de la "banane" ou de la "grenouille"...),
privation de sommeil, coups, et isolement dans de minuscules cellules sans
fenêtre et souvent froides... sont monnaie courante.
le 27 décembre 2008, Israel a lancé
dans la bande de Gaza l’opération "plomb durci", qui a visé
délibérément la population civile, tuant au moins 1380 Palestiniens, dont 431
enfants, et blessant plus de 5380 personnes.
La destruction massive d’infrastructures civiles, commerciales, d’écoles,
de maisons, d’usines et de mosquées, a montré le mépris d’Israël en ce qui
concerne le droit international, tout comme l’utilisation de boucliers humains.
Le siège de Gaza qui dure depuis juin 2007 a précipité la population dans
une terrible crise humanitaire, qui contrevient elle aussi aux Conventions de
Genève, qui stipulent que la puissance occupante — et israël continue bel et
bien à occuper la Bande de Gaza, malgré ses assertions—doit prendre soin du
bien-être de la population.
C’est pourquoi l’association Addameer rappelle aux gouvernements
signataires des Conventions de Genève, qu’elles sont dans l’illégalité, en
n’appliquant pas l’article 1 de ces Convention qui fait obligation à toutes les
parties contractantes de les respecter et de les faire respecter.
Addameer Prisoner and Human Rights Association
26 août 2009
Israël cible les groupes pour les droits humains
Jeff Halper, cofondateur du comité israélien contre les démolitions de maisons Alexei Kidel , The National
Il a tout d’abord ciblé l’une des principales organisations mondiales de défense des droits humains, Human Rights Watch (HWR), basée aux États-Unis ainsi qu’un groupe local d’anciens combattants dissidents, Breaking the Silence (Rompre le silence) qui a publié le mois dernier les témoignages de 26 soldats ayant combattu à Gaza.
En outre, selon les médias israéliens, le gouvernement compte prendre « une attitude beaucoup plus agressive » envers les groupes de défense des droits humains qui s’efforcent d’aider les Palestiniens.
Des officiels ont mis en cause les sources de financement de ces organisations et ont menacé d’adopter une loi interdisant l’aide de gouvernements étrangers, particulièrement européens.
En réponse, les militants de Rompre le silence et d’autres groupes israéliens ont accusé le gouvernement de mener une « chasse aux sorcières » afin de les intimider et de les priver des fonds nécessaires à la poursuite de leurs enquêtes.
« C’est une mesure très dangereuse » a dit Mikhael Mannekin, un des dirigeants de Rompre le silence. Israël prend une direction très antidémocratique.
La campagne proviendrait d’une initiative de Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères d’extrême droite, actuellement accusé de corruption, mais qui a l’appui du premier ministre Benjamin Netanyahou.
A l’occasion d’une conférence de presse le mois dernier, M. Lieberman a accusé des organisations sans but lucratif et des organisations non-gouvernementales de se substituer aux diplomates pour déterminer l’action de la communauté internationale à l’égard d’Israël. Il a également menacé d’instituer des réformes afin de diminuer l’influence de ces groupes.
Une semaine plus tard, le bureau de M. Nétanyahou est intervenu contre Human Rights Watch, critiquant lourdement l’organisation d’avoir levé récemment des fonds en Arabie Saoudite.
HWR a répondu qu’il n’accepte que des dons privés et n’accepte pas de fonds du gouvernement saoudien, mais les officiels israéliens disent que tout l’argent saoudien est pollué et qu’il compromettra l’impartialité du rôle de chien de garde de HRW par rapport à Israël.
« Qu’une organisation de défense des droits humains mobilise des fonds en Arabie Saoudite équivaut pour un groupe de défense des droits de la femme à demander une donation aux Talibans » a dit Marc Regev, porte-parole du gouvernement, au quotidien israélien de droite, le Jerusalem post.
HRW a récemment publié des articles dans lesquels il accuse l’armée israélienne d’avoir commis des crimes de guerre à Gaza, notamment d’avoir utilisé du phosphore blanc et d’avoir attaqué des cibles civiles.
HRW subit maintenant une pression concertée de la part de groupes du lobby juif et de journalistes juifs importants aux États-Unis l’incitant à rompre ses liens avec les donateurs saoudiens. Selon les médias israéliens, certains donateurs juifs aux États-Unis ont également précisé que leur argent doit être utilisé pour mener des enquêtes sur les droits humains qui n’incluent pas Israël
Entre-temps, le ministère israélien des affaires étrangères met la pression sur les gouvernements européens pour qu’ils arrêtent de financer nombre de groupes israéliens de défense des droits humains.
En prélude aux sanctions, il a émis des instructions à toutes ses ambassades dans le monde pour qu’elles demandent aux gouvernements hôtes s’ils financent de telles activités.
La semaine dernière, le ministère des affaires étrangères s’est plaint auprès des diplomates britanniques, néerlandais et espagnols de l’appui que leurs pays respectifs fournissent à Rompre le silence.
D’après les témoignages recueillis auprès des soldats, l’armée israélienne aurait commis beaucoup de crimes de guerre à Gaza, utilisant notamment les Palestiniens comme boucliers humains, et tirant des obus au phosphore blanc sur des zones civiles. Un soldat a dit que les tirs israéliens étaient « dingues ».
Le gouvernement des Pays-Bas a versé près de 20 000 € à ce groupe pour la rédaction de son rapport sur Gaza, tandis que la Grande-Bretagne finançait ce travail l’année dernière à raison de 40 000 £.
Les officiels israéliens discuteraient actuellement sur comment décréter l’illégalité du financement d’organisations politiques en Israël par des gouvernements étrangers ou comment obliger ces groupes à se déclarer « agents d’un gouvernement étranger ».
« Tout comme les gouvernements européens trouveraient inacceptable le soutien d’ONG contre la guerre aux USA, il est inacceptable que des Européens financent des ONG locales opposées aux politiques du gouvernement israélien démocratiquement élu » a dit Ron Dermer, haut fonctionnaire dans le bureau de M. Netanyahou.
Il a ajouté que nombre de groupes travaillaient à délégitimer l’État juif ».
Jeff Halper, dirigeant du comité israélien contre la démolition des maisons, a indiqué que la position gouvernementale était contraire à l’évolution de longue date de la surveillance du respect des droits humains.
« Tous les dictateurs, depuis Hitler à Milosevic, ont dit qu’il ne doit pas y avoir d’ingérence dans leurs affaires souveraines et que tous les autres doivent se tailler. Mais selon le droit international, les droits de l’homme sont universels et ne peuvent pas être laissés à l’interprétation des gouvernements individuels. Ce qui a motivé l’adoption des conventions de Genève est que la communauté internationale a le devoir d’être le chien de garde en ce qui concerne les abus des droits humains où qu’ils se produisent.
M. Halper, dont l’organisation a reçu l’année dernière 80 000 € de l’Espagne pour la reconstruction de maisons palestiniennes détruites a été arrêté l’année dernière pour être allé à Gaza avec des militants de la paix afin de rompre le siège.
Parmi d’autres groupes dans le collimateur du ministère des affaires étrangères il y aurait : B’Tselem qui fournit notamment des caméras à des Palestiniens pour qu’ils enregistrent les mauvais traitements dont ils sont victimes aux mains des colons et de l’armée ; Peace Now, qui surveille la construction des colonies ; Machsom Watch, dont les militants observent les soldats aux postes de contrôle ; et Médecins pour les droits humains qui a récemment examiné la complicité des médecins dans la torture.
M. Mannekin a ajouté : « le gouvernement ne peut pas supprimer l’information sur ce qui s’est passé à Gaza en fermant nos groupes.
« Vous ne pouvez pas envoyer 10 000 soldats dans la bataille et ne pas compter que certains détails sortiront au grand jour. Si nous ne le faisons pas, quelqu’un d’autre le fera.
La campagne actuelle du gouvernement fait suite à une descente de police en avril dans les maisons de 6 Israéliennes militantes de la paix.
Ces femmes, toutes membres de New Profile, organisation féministe qui s’oppose à la militarisation de la société israélienne, ont été arrêtées et accusées d’aider de jeunes Israéliens à se soustraire au service militaire. Ces femmes sont toujours en attente de savoir si elles seront poursuivies.
Jonathan Cook est écrivain et journaliste basé à Nazareth, Israël.
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Défense des libertés universitaires:Neve Gordon
Le Los Angeles Times du 20 août dernier publie une tribune libre du professeur d’université Neve Gordon, politologue de renom et militant pour la paix de longue date. Ce dernier écrit qu’à la fois en tant que parent et en tant que citoyen israélien, il se demande comment s’assurer que ses deux enfants et ceux de ses voisins palestiniens ne grandiront pas dans un régime d’apartheid et dit que ça l’empêche de dormir la nuit. Sa douloureuse conclusion est que la seule stratégie possible est « une pression internationale massive » sous la forme de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS). Aussi soutient-il la campagne palestinienne de BDS lancée par une large représentation de la société civile palestinienne (1).
La publication de cet article a déclenché une campagne véhémente et agressive contre Gordon en Israël, campagne qui met sérieusement en question l’engagement d’Israël envers la liberté d’expression à l’université et le droit à la liberté de parole en démocratie.
Nous croyons qu’une « pression internationale massive » est maintenant nécessaire pour empêcher qu’il ne soit licencié.
Il faut dire à l’Université Ben Gourion et au ministère israélien de l’éducation qu’ils doivent permettre la liberté d’expression à l’université.
Le soutien apporté par le Professeur Gordon à une pression économique correspond à ce que Naomi Klein a appelé « les outils les plus efficaces de l’arsenal non violent » face à l’occupation israélienne (2).
Pour autant, d’après le Jerusalem Post, le professeur Rivka Carmi, présidente de l’université Ben Gourion, a déclaré que « l’université pourrait désormais ne plus souhaiter ses prestations ». Elle a ajouté que « les profs d’université qui ont ce sentiment vis-à-vis de leur pays n’ont qu’à aller chercher ailleurs travail et logement ».
Est-ce que le professeur Carmi prie effectivement le professeur Gordon de quitter son pays ?
Plusieurs membres de droite de la Knesset ont demandé à Carmi et au ministre de l’éducation de licencier Neve Gordon et Gideon Sa’ar, le ministre de l’éducation, a qualifié l’article de Gordon de « répugnant et déplorable » (4). Parmi les milliers de réactions aux articles en Israël, des centaines de lecteurs en colère ont traité Gordon de traître, de virus, de cancer et l’ont menacé d’expulsion d’Israël ; certains ont même demandé qu’il soit exécuté. Sans surprise, la politique israélienne d’abus des droits de même que l’occupation et les moyens de résoudre le conflit sont mis de côté, l’enjeu principal devenant comment se débarrasser du messager.
Selon le professeur Gordon, « D’après les réactions à l’article, il semble que la plupart des gens n’ont pas le courage de discuter du problème principal, à savoir : Israël est-il un Etat d’apartheid ? Comment le conflit israélo-palestinien peut-il être résolu ? Est-ce que les colonies sont un bon projet pour Israël ou vont-elles causer la destruction de l’Etat ? Il est facile de me critiquer tout en évitant les questions importantes qui sont difficiles ». (5)
La réaction consternante à l’article de Gordon n’est que la plus récente manifestation des tentatives de réduire au silence toute dissension en Israël. Rien que dans les six derniers mois, des militants de New Profile ont été arrêtés et interrogés, Ezra Nawi risque la prison pour s’être opposé de façon non violente à la destruction d’une maison palestinienne et pas plus tard que la semaine dernière, le vice premier ministre a qualifié La Paix Maintenant de virus. Sont-ce là des actes dignes d’une démocratie ?
BDS est une stratégie non-violente légitime qui a ses lettres de noblesse, notamment en Afrique du Sud. Elle mérite d’être considérée avec honnêteté et réflexion, ainsi que l’a fait Gordon dans son récent article. En soutenant le professeur Gordon nous protégeons la possibilité de s’exprimer ouvertement sur l’occupation israélienne et sur les moyens non-violents de l’interpeller, y compris le boycott, le désinvestissement et les sanctions.
Ecrivez une lettre au président de l’université Ben Gourion et au ministre de l’éducation d’Israël pour que Neve Gordon et tout Israélien puissent débattre des enjeux politiques sans crainte de perdre leur emploi.
Sydney Lévy
Jewish Voice for Peace
traduction UJFP
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18 août 2009
LA PEUR COMME GOUVERNANCE: LA GRIPPE PORCINE
Notre mois d’avril a été submergé par une campagne médiatique irrésistible concernant les risques d’une pandémie grippale due à un virus H1N1, en provenance du Mexique. Depuis, les affaires vont à l’apaisement devant le double constat évident : premièrement cette grippe n’est pas particulièrement dangereuse (rien à voir avec les grandes épidémies de la grippe espagnole par exemple en 1918-1919), et son caractère épidémique s’est retrouvé bien limité dans les faits puisqu’au lieu d’une croissance exponentielle, elle a pris l’allure d’une diffusion locorégionale peu étendue, à l’exception de quelques cas repérés dans différents pays, mais là aussi sans dissémination ni contagion.
A l’heure de faire le bilan de cette alerte, il est intéressant d’observer la manière dont les différents acteurs de ce grand spectacle médiatique ont fait converger leurs efforts pour nous persuader d’un danger imminent.
On peut en effet distinguer d’abord les organismes institutionnels nationaux et internationaux qui ont embouché leurs trompes d’alarme pour remuer les foules. L’Organisation mondiale de la santé, le ministère de la Santé, en particulier la Direction générale de la santé, ont fait savoir que toutes les précautions étaient prises en cas de pandémie. L’OMS alla même jusqu’à situer au niveau 5 sur une échelle allant jusqu’à 6 les risques de pandémie.
Viennent ensuite les inévitables experts qui parlent de manière assez définitive de tout et de n’importe quoi, sur les caractéristiques de cette grippe, sa contagiosité, sa létalité, les particularités génétiques du virus, les formes de traitements et j’en passe. Un seul point commun, ils n’en ont pas vu un cas…, mais ça ne saurait avoir d’importance tant l’avis est docte. Il faut toutefois observer que ces experts représentent une catégorie d’informateurs dont les médias sont très friands sans toujours saisir que l’autoproclamation de la plupart de ces “experts” est au service d’une autopromotion médiatique sans aucune garantie. Et c’est sans doute là que le bât blesse, dans la mesure où les journalistes se font involontairement les “amplificateurs” médiatiques de points de vue bien souvent mal fondés. D’autant plus que des organismes scientifiques et médicaux au-dessus de tout soupçon participent à ce mixage explosif de l’information (dans le cas considéré, ce fut l’Institut Pasteur).
Soyons honnêtes, comment le public pourrait-il ne pas croire d’aussi éminents personnages ? Bien sûr, de l’autre côté du miroir, il est facile de déjouer ces petits calculs, mais, pour le commun des mortels, tant de nobles noms, de nobles dignitaires ne peuvent se tromper. Il faudrait plus que ces quelques lignes pour montrer combien les apparitions médiatiques de divers grands noms de la médecine et de la science ont toujours contribué prioritairement à assurer leur propre promotion. Cette innovation de “l’expert référent” a surtout servi à en réaliser la publicité sans frais ni dommage, et, accessoirement, à crédibiliser le discours médiatique.
Car le dernier larron, bien souvent victime de son zèle, est bien le journaliste lui-même qui, à travers la recherche d’un scoop, souhaite parvenir au sensationnel. La presse de ces dernières semaines est remplie de ces prises de
conscience rétrospectives : En avons-nous fait trop ? Le Monde, Marianne, Courrier international, pour ne citer que mes sources usuelles, s’interrogent gravement.
Je ne chercherai pas à les accabler car ils sont aussi victimes des grands mouvements de l’opinion, si bien encadrés par nos experts et nos institutions, et quand les standards téléphoniques et les sites Internet explosent, quel professionnel des médias aurait l’audace de ne rien dire. Ma vindicte s’adresse plutôt aux “experts” autoproclamés qui réussissent à tout embrouiller, les administrations et les médias n’étant que les amplificateurs de ces alarmes excessives. Le lecteur averti lira avec intérêt les articles consacrés à la question dans le numéro 966 du 7 au 13 mai 2009 du Courrier international, en particulier (page 41) celui du Dr Elizabeth Rosenthal, paru dans The New York Times, au titre significatif : L’affolement, voilà l’ennemi. Tout est dit.
Reste la question de savoir vraiment s’il y a danger et risque d’épidémie. Nous avions déjà précédemment soulevé cette question à propos de la grippe aviaire avec le virus H5N1. Comptant dans mes amis un discret spécialiste responsable du réseau de surveillance de la grippe en France, je m’étais fait expliquer les particularités épidémiologiques et les facteurs de risque épidémique. Dans le cas présent, comme pour la grippe aviaire, on trouve à l’origine un foyer bien localisé géographiquement de contamination animal-homme. De ce foyer, rayonnera pour commencer un certain niveau de contamination humaine, mais sans caractère épidémique par transmission interhumaine. Il faut compter en général au moins un an avant que le virus ne s’adapte à cette forme de transmission qui conditionne le risque épidémique. Dans le cas du virus de la grippe aviaire H5N1, tous les spécialistes surveillent l’apparition de transmission interhumaine, mais sans preuve avérée pour l’instant.
Dans le cas de la grippe porcine, rebaptisée grippe A (H1N1) pour tenter d’effacer la responsabilité de la société nord-américaine Smithfield (le plus grand producteur de porcs aux USA) dans l’existence d’ignobles charniers à ciel ouvert en annexe des élevages industriels de porcs dans l’Etat de Veracruz au Mexique), on peut seulement dire qu’il s’agit d’une affection plutôt bénigne, et peu contagieuse.
Comme le dit si admirablement Mme Rosenthal dans son article, un bon lavage des mains vaut bien mieux que les masques et le Tamiflu. Il ne nous reste plus qu’à suivre la remontée des cours boursiers des laboratoires pharmaceutiques qui le fabriquent pour comprendre que tout n’est pas perdu pour tout le monde.
N’oubliez surtout pas de vivre au grand air…
Pierre CORNILLOT
Pierre Cornillot est médecin, professeur de médecine et biologiste hospitalier. Il a fondé la faculté de santé, médecine et biologie humaine de Bobigny, dont il a été le doyen de 1968 à 1987. Il a présidé l’université Paris-Nord (1987-1992), puis a créé et dirigé l’IUP Ville et Santé sur le campus de Bobigny (1993-2001). Il est président de l’association Santé internationale. Après s’être investi parallèlement dans des actions d’aide au développement des pays du Sud, il se préoccupe aujourd’hui de la rédaction d’ouvrages sur la santé et la formation médicale, le système de santé et la recherche.
N’ACCEPTEZ PLUS DE VOUS FAIRE VACCINER PAR LA PEUR... CELLE QUI VOUS EST INOCULEE, INSTILLEE QUOTIDIENNEMENT EN RAPPEL.
LE VOILA, LE REEL RISQUE MAJEUR DE PANDEMIE VIRULENTE.
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10 août 2009
présidence de l'U.E.: les expulsions de Jerusalem sont illégales
La présidence – suédoise...- de l’Union Européenne a condamné, lundi 03/08/09, les expulsions, exécutées la veille par les autorités sionistes, de deux familles Palestiniennes de leurs maisons de Jérusalem Est, qu’elle a qualifié d’« illégales » et d’« inacceptables ».
« La présidence de l’Union Européenne répète sa grave préoccupation quant à la poursuite d’expulsions inacceptables à Jérusalem Est, notamment les expulsions par les autorités sionistes de deux familles de leurs maisons dans le quartier de cheikh Jarrah, » a-t-elle déclaré dans un communiqué.
La présidence « rappelle que les démolitions de maisons, les expulsions et les activités d’implantations à Jérusalem Est sont illégales au regard du droit international. »
Le communiqué a également souligné que « ces incidents vont à l’encontre des appels répétés de la communauté internationale, y compris du Quartette, de s’abstenir de toute mesure de provocation à Jérusalem Est. »
De telles actions, a déclaré la présidence de l’Union, « confirment une tendance préoccupante qui va en sens contraire à la création d’une atmosphère propice à la réalisation d’une solution viable et crédible au conflit entre ’israéliens’ et Palestiniens. »
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08 août 2009
Nucléaire : force de dissuasion ou force de frappe?
Le 6 août nous ramène à un épisode tragique de l'humanité. La destruction d'Hiroshima par une bombe nucléaire fera prendre conscience au monde que la destruction de l'espèce humaine est du domaine du possible.
Quand est-il exactement de la fonction l'arme nucléaire; "une force de dissuasion", "une force de frappe", ... Le rôle de la bombe atomique est avant tout politique. Comme le disait Pierre Mendes France au sortir des accords de Genève, qui devait mettre fin au conflit indochinois, "ne pas avoir la bombe atomique lorsqu'on est aux prises aux grandes négociations internationales est un handicap". C'est avec ces motivations que La France sous l'impulsion de De Gaulle se dota de l'arme nucléaire. Dans un premier temps, la bombe A, le 13 février 1960 (la première bombe A française explosa à Reggane, en Algérie), dans un deuxième temps la bombe H le 24 août 1968 (à Fangataufa en Polynésie).
La doctrine de la dissuasion a mené à la prolifération
Depuis la signature du Traité de Non Prolifération (en 1968), les cinq pays nucléaires n'ont pas respecté leurs engagements de dé-nucléariser, pire, ils n'ont pas réussi à éviter la prolifération. Dans les années qui ont suivi, c'est l'Inde, le Pakistan et Israël qui se sont dotés de l'arme nucléaire, créant dans ces régions du monde des situations de tension. D'après l'AIEA (l'Agence Internationale de l'Energie Atomique), quarante pays sont susceptibles de posséder l'arsenal nucléaire. Et l'Iran n'y est pas pour grand chose. En mai 2009, lors de la dernière réunion du TNP à l'ONU, les états nucléaires n'ont pas accepter de déclarer comme universelle "la dénucléarisation de la planète". Si les gouvernements qui parlent de dissuasion sont vraiment sérieux dans leur volonté d'obtenir l'élimination des armes atomiques, alors ils doivent se débarrasser de leurs armes nucléaires comme preuve de leur engagement.
Quant au potentiel d'agressivité d'un Iran nucléarisé, il faut se rappeler que la doctrine française est passée en 2006 d'une force de dissuasion nucléaire pour protéger ses intérêts vitaux à une force de frappe contre une attaque terroriste ou pour la protection des approvisionnements stratégiques, ce qui est aussi aujourd’hui la doctrine de l’Organisation Trans-Atlantique Nord. Rajoutons que La France ne s’est pas engagée dans la « non première frappe ", c’est-à-dire à ne pas utiliser l’arme nucléaire en premier. On sort là complètement de la doctrine traditionnelle de dissuasion nucléaire pour faire de l'arme nucléaire une arme conventionnelle. N'est-ce pas là une posture agressive et dangereuse ?
Comment regarder demain avec un minimum de confiance ?
En ne nous trompant pas de combat ! Aujourd'hui, nous savons que l'accès à l'énergie, l'accès aux ressources naturelles et les effets de la crise environnementale sont (et seront) les sources de tension puis de conflits dans le monde. Le nombre d'êtres humains qui n'ont pas accès au minimum vital pour se nourrir n'a pas cessé de croître alors que dans le même temps les richesses n'ont pas cessé d'augmenter. C'est en luttant contre les inégalités, contre la pauvreté, contre la faim, pour l'accès à l'eau que nous vivrons en paix sur cette planète.
Manuel Santiago, président du comité départementale du Mouvement de la Paix du Bas-Rhin.
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07 août 2009
Nucléaire iranien lié au nucléaire israëlien
Il y a près de dix ans, le gouvernement égyptien avait provoqué un tollé au niveau international lorsqu’il avait conditionné son adhésion à la reconduction du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires à l’obligation pour Israël de le signer également et d’ouvrir ses installations nucléaires aux inspections internationales.
La position égyptienne avait été accueillie favorablement sur le plan international et arabe, car elle était logique et légitime. Mais cette position courageuse n’a pas été maintenue très longtemps. Les pressions israéliennes et américaines ont réussi à forcer le président Moubarak à changer d’attitude et à ordonner à son ministre des Affaires étrangères de signer le renouvellement du Traité de non-prolifération en abandonnant toutes les conditions relatives aux armes et installations nucléaires israéliennes.
Plus grave encore est le fait que tous les autres États arabes, sans exception, ont abandonné leur revendication pour que les installations nucléaires israéliennes soient soumises aux inspections internationales, même si au même moment ils exigeaient que l’ancien président irakien Saddam Hussein se soumette à la volonté internationale et permette aux inspecteurs internationaux de circuler librement en Irak pour rechercher et détruire des armes irakiennes de destruction massive.
Après qu’il ait été prouvé que le régime irakien ne disposait pas de ce type d’armements, qu’ils soient chimiques, biologiques ou nucléaires, les Etats arabes ont commencé à parler du programme nucléaire iranien comme étant le danger qui menace la sécurité et la stabilité de la région. Ils ont donc demandé à l’Iran de coopérer avec les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique [AIEA], sans pointer du doigt le renforcement de l’arsenal nucléaire israélien.
Les États-Unis justifient leur opposition au programme nucléaire iranien au motif qu’il pourrait conduire à une course aux armements nucléaires dans la région. Mais la question est : pourquoi commencer à parler d’une course aux armements nucléaires au moment où il est apparu que l’Iran pourrait avoir des ambitions nucléaires, mais n’avoir rien dit à ce sujet au cours des 50 dernières années lorsque le programme nucléaire israélien produisait des centaines d’ogives nucléaires ?
Le gouvernement iranien a pris conscience de l’importance de lier son programme nucléaire à celui d’Israël. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Qashqavi, a annoncé il y a quelques jours que l’Iran voulait faire un ensemble de propositions au G6 - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne - concernant le programme nucléaire iranien, ajoutant que : « Nous ne pouvons pas parler de la question du dossier nucléaire [iranien], sans parler de désarmement nucléaire. Nous ne pouvons pas parler d’un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires sans soulever la question des plus de 200 ogives nucléaires du régime sioniste ».
Cette attitude iranienne est très intelligente et mérite l’appui de tous les pays arabes et islamiques, car elle est à la fois logique et responsable. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lié tout règlement pacifique du conflit israélo-arabe à la fin des ambitions nucléaires iraniennes, alors pourquoi l’Iran ne devrait-il pas avoir recours à la même idée et littéralement renvoyer la balle aux inquisiteurs israéliens et américains ?
L’Iran doit continuer à imposer ce lien et devrait résister à toutes les pressions pour qu’il fasse marche arrière... et nous pensons qu’il va le faire. Nous avons appris par expérience que l’Iran est le seul État musulman dont la prise de décision est autonome, et qui ne reçoit pas d’aide financière ou militaire de l’Occident.
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05 août 2009
PEINE DE MORT aux USA
Troy Davis est arrivé à la fin du parcours judiciaire
possible pour un condamné à mort par le dernier appel possible auprès de la
Cour Suprême des USA.
Je lisais hier qu'une femme, Mme Sonia SOTOMAYOR, d'origine hispanique (parents
portoricains) pourrait être nommée à la Cour Suprême.
Même si je ne sais pas si cette femme est opposée à la peine capitale, on
peut espérer que son parcours (début dans un HLM du Bronx) lui a permis d'avoir
quelques convictions "démocratiquement humaines". Cela arrivera
peut-être trop tard pour Troy Davis car la Cour Suprême est actuellement
toujours constituée par des gens nommés par l'administration Bush,
majoritairement acquis à la peine de mort.
On n’imagine pas les dégâts sur du long terme que peuvent faire des hommes de
pouvoir, tels les Bush, Sarkozy, Berlusconi...etc, même après leur départ des
commandes.
d'après François Geoffroy, militant contre la peine de mort aux USA.
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mail : prospective21@free.fr