28 octobre 2009
Sarkosy plus coûteux que Louis XIV
La semaine dernière la Cour des comptes a présenté un rapport sur le coût de ces six mois de présidence française que lui avait commandé la commission des Finances du Sénat.
Selon le compte-rendu d'audition du président de la 4è chambre de la Cour des comptes, Alain Pichon, devant la commission des Finances, la présidence française de l'UE a coûté "environ 175 millions d'euros", dont "20 à 25 millions d'euros" de "dépenses externalisées", ce qui est comparable aux dépenses de la présidence allemande (180 MEUR).
M. Pichon a noté que le sommet de Paris pour l'Union pour la Méditerranée (13 juillet 2008), "organisé dans l'extrême urgence ainsi que dans des conditions de rare complexité", avait coûté "environ 16,6 millions d'euros". Il a marqué une certaine réserve quant au paiement de ces dépenses.
M. Dosière,député apparenté PS, qui a consulté le rapport, s'est penché plus spécialement sur cet aspect, en insistant sur "un dîner des chefs d'Etat pour un coût de 1.010.256 euros, soit 5.050 euros par personne", et "l'installation -pour 4 heures !- d'une douche à l'usage du président, pour un prix de 245.772 euros".
"Alors que tous les Français doivent se serrer la ceinture, apprendre que le chef de l'Etat organise, avec l'argent des Français, un repas qui coûte 5 fois le Smic par personne, c'est inimaginable et intolérable", s'est indigné le député de l'Aisne.
"Quand on prend connaissance de tels gaspillages, on se dit que le président de la République a perdu pied avec la réalité. Il doit arrêter de dépenser sans compter", a ajouté le député.
M. Dosière avait lui-même décidé au mois de juillet de jouer la transparence en publiant sur son blog la façon dont il dépense chaque mois ses quelque 6.000 euros de frais parlementaires.
"Que (Nicolas Sarkozy) cesse de berner les Français avec des (prétendues) économies à l'Elysée, quand en six mois de présidence européenne, il a dépensé 1,5 fois le budget annuel de l'Elysée", a-t-il conclu.
Le président de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, avait évoqué il y a huit jours "ce manque de transparence", en expliquant qu'il venait "du fait que beaucoup d'événements ont été montés au dernier moment". Certains "ont entraîné des dépenses importantes", comme l'organisation du sommet de l'Union pour la Méditerranée à Paris, avait-il ajouté.
24 octobre 2009
LE BUDGET MILITAIRE
L'assurance maladie mise en cause et l'argent du contribuable pour l'armement
Les caisses
sont vides ? Et pourtant, les députés sont appelés à voter le 5
novembre un budget de la Défense de plus de 32 Milliards d'euros.
Ce n'est pas la crise pour tout le monde et tous les budgets. La caractéristique principale du budget de la Défense 2010 est de préparer les guerres de demain par le sacrifice des hommes au profit des équipements sophistiqués et meurtriers. L'arme nucléaire y a encore une fois la part belle.
Ce budget est la conséquence
de la réintégration de la France dans le commandement militaire de
l'Otan et du vote de la Loi de programmation militaire 2009-2014 qui
engloutira ces prochaines années 186 milliards d’euros au bénéfice de
la Défense, dont 102 milliards seront consacrés à l’équipement des
forces.
Au lieu de servir à préparer la guerre,
ces sommes colossales devraient servir à éradiquer la faim dans le
monde, assurer un accès à l'eau potable à tous, garantir une éducation
partout sur la planète, ...promouvoir la paix.
Le Mouvement de la Paix vous invite à vous mobiliser pour refuser ce véritable budget de guerre.
Pour cela :
-
Signez la cyber-pétition en ligne qui sera envoyée en votre nom aux parlementaires, députés et sénateurs, de votre département - cela ne prend que quelques instants;
-
Faites signer cette pétition autour de vous (en téléchargeant la pétition en un fichier pdf) et renvoyez les signatures au comité du Mouvement de la Paix de votre département ou au siège national du Mouvement de la Paix, Maison de la Paix, 9 rue Dulcie September, 93400 Saint Ouen;
-
Demandez un rendez-vous aux parlementaires de votre département pour les mettre devant leur responsabilité;
-
Faites suivre ce message (en format html) à vos connaissances pour former la chaîne de la paix.
Nous comptons sur vous.
Le Mouvement de la Paix
22 octobre 2009
Réflexions sur les déficits : quelques chiffres
source : articles de Bernard Liger de l’UFAL
Le budget de l’Etat estimé à fin 2009. Les informations
disponibles au ministère des finances indiquent que le budget de l’Etat, du 31
juillet 2008 au 31 juillet 2009 a été de 215 Md€. On peut extrapoler une valeur
au 31 décembre 2009, de l’ordre de 360 Md€. Dans le plan pluriannuel arrêté par
le gouvernement pour la période 2009-2011, le montant des dépenses 2009 était
de 347Md€.
Le déficit du budget de l’Etat, Déficit de la Sécurité Sociale compris,
estimé à fin 2009. Le déficit du budget de l’Etat, pour la période du
31 juillet 2007 au 31 juillet 2008, a été de 51 Md€. Un an plus tard, il était
de 109 Md€. On peut extrapoler, au 31 décembre 2009, une valeur de 140 Md€,
soit un peu plus de 8% du PIB, selon la déclaration à la presse de François
Fillon le 26 septembre 2009. Monsieur Woerth, ministre du budget, avait annoncé
130 Md€ quelques jours plus tôt dans une déclaration reprise par « Le
Monde » du 24 septembre 2009. Quel sera-t-il réellement ? Et le
projet de loi de finances pour 2010 prévoit un déficit budgétaire de
110Md€ !
Le cumul des déficits de l’Etat à la même date. Le déficit cumulé
à fin 2008 était de l’ordre de 1300Md€. Il est estimé à au moins 1400Md à fin
2009, (« Le Monde » du 24 septembre 2009). Eléments de comparaison:
Le déficit cumulé des USA au cours des dix dernières années a été de l’ordre de
9000Md€. Le déficit du commerce extérieur français du 31/07/2008 au 31/07/2009
a été de 50Md€.
Le budget de la Sécurité Sociale : Les chiffres
concernant ce point et les deux suivants proviennent des deux documents, la loi
de finances 2007-1786 du 19 décembre 2007 et la loi de financement de la
Sécurité Sociale 2008 intégrant des prévisions pour 2009. Le total des
dépenses, tous régimes, toutes branches était de 422Md€ pour 2008. prévu 437Md€
pour 2009.
Le total des dépenses, régime général seulement, était de
311Md€ pour 2008. Il était prévu 323Md€ pour 2009.
Le total des dépenses, branche maladie du régime général,
était de 152Md€ pour 2008. Il était prévu 162Md€ pour 2009.
Le déficit de la Sécurité Sociale, toutes branches (maladie,
retraite, allocations familiales), tous régimes (général, indépendants,
paysans...), était de 9,1Md€ pour 2008. On prévoyait 9Md€ pour 2009. Le déficit
annuel était avant la crise, sur la voie de la décroissance, 12,6Md€ en 2003
puis légèrement supérieur, 14 Md€ en 2004 et 2005.
Le déficit de la branche maladie du Régime Général, était de
4,6 Md€ pour 2008. On avait prévu 4,2 Md€ pour 2009. Compte tenu du
surgissement de la crise et de la réduction des recettes qui en résulte, on
estime maintenant que le déficit, toutes branches, tous régimes, pour 2009,
serait plutôt de l’ordre de 20Md€ et celui du Régime Général de 10Md€. Pour
2010, il pourrait atteindre 30Md€.
Les déficits cumulés de la Sécurité Sociale: Les déficits
annuels de la Sécurité Sociale sont portés au Compte d'une caisse créée pour gérer
la dette sociale (CADES). L'examen de ses comptes à fin décembre 2008 met en
évidence une dette de 80070Md€. Cette caisse est alimentée par la CRDS qui a
rapporté, en 2008, 6059Md€ dont 3403 ont servi à payer l'intérêt de la dette,
c'est à dire l'intérêt desdes emprunts couverts pour amortir la dette. Si on
ajoute, pour 2009, un supplément de dette de 20Md€ environ, on peut considérer
que la dette cumulée, à fin 2009, serait de l'ordre de 100Md€.
On remarquera que, à fin 2009,
- le rapport des
budgets Sécurité Sociale/Etat serait de l'ordre de 1,26. le
budget de la Sécurité Sociale est supérieur à celui de l'Etat.
- le rapport des
dettes Sécurité Sociale/Etat serait de l'ordre de 0,14. Les
dettes de la Sécurité Sociale sont sept fois inférieures aux dettes de
l'Etat.
- le rapport des
dettes cumulées Sécurité Sociale/Etat serait de l'ordre de 0,07.
Les dettes cumulées de l'Etat sont très supérieures à celles de la
Sécurité Sociale.
Les mécanismes de financement de la Sécurité Sociale, un modèle en
évolution.
La Sécurité Sociale a été créée sur la base des idées de lord Beveridge
reprises, à la Libération, par le Conseil National de la Résistance. Denis
Kessler, ex numéro 2 du MEDEF déclarait en 2008: » Adieu 1945.
Raccrochons notre pays au monde. Le modèle français est le pur produit du
Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et
communistes. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s'y
emploie ».
A l'origine et jusqu'en 1980, les cotisations, salariés et employeurs,
représentaient 97% des ressources. En 2000, Elles ne représentaient plus que
67% en 2000 et 59% en 2006.
A l'origine, la cotisation concrétisait un droit à protection sociale dans un système en équilibre, par définition. A tout droit nouveau devait correspondre une ressource nouvelle sous forme d'augmentation de cotisations, lesquelles alourdissaient les charges salariales au détriment des coûts de production. En 1991, la création de la CGS par le gouvernement Rocard palliait une partie de cet effet contre-productif en fiscalisant, de fait, une partie des cotisations. Par la suite, les divers gouvernements, de droite et de gauche, allaient utiliser les réductions et exonérations de charges sociales pour améliorer la compétitivité des entreprises et, donc, limiter l'extension du chômage. On allait progressivement constater que l'Etat privait d'une partie de ses ressources traditionnelles la Sécurité Sociales et s'efforçait de compenser cette perte de ressources par l'attribution de ressources fiscales. A fin 2007, les ressources apportées par l’Etat s'élevaient à 25110 Md€ mais 2692Md€ d'exonérations restaient non compensées.
D'où un creusement systématique du déficit par un Etat qui détournait la
Sécurité Sociale de ses objectifs traditionnels pour s'en servir comme outil
d'animation de la vie économique. D'où la disparition de fait de la
cloison étanche qui sépara pendant 35 ans les finances de l'Etat de celles de
la Sécurité Sociale. D'où l'apparition de cet important déficit cumulé,
néanmoins faible par rapport à celui de l'Etat, que l'on impute maintenant au
système dit de répartition et aux assurés et dont on se sert pour justifier une
privatisation réputée inéluctable.
Comment se répartissent les coûts de la santé ? Si l'on en croit la loi de
financement de la SS pour 2008, les dépenses de santé étaient supportées, en
2006, pour 74%, par l'assurance maladie, pour 12,8% par les assurances
complémentaires (dont les Mutuelles), pour 6,79 par les ménages. Mais ce
pourcentage, apparemment peu élevé, ne tient pas compte des dépassements
anormaux d'honoraires ni des médicaments non remboursés, ni des appareillages
dentaires peu remboursés....Par ailleurs, si au lieu de s'exprimer en
pourcentage à la charge des ménages, on s'exprimait en euros, alors
l'augmentation des charges pesant sur les ménages est plus évidente car les
coûts augmentent rapidement en volume, même si les pourcentages paraissent
stables. Cette remarque illustre la façon dont les coûts de la santé sont
discrètement et progressivement reportés sur les assurés lorsqu'ils ont recours
aux médecins de ville ne relevant pas du secteur 1 ou aux cliniques privées.
Le rapport de la Cour des comptes montre que si dans les hôpitaux publics,
l’assuré supporte 1,9 % de la facture, il en supporte 5,54 % dans les cliniques
privées. Sans commentaire.
Quelles conclusions ?
Quand on veut tuer son chien, dit le proverbe, on l'accuse d'avoir la rage.
C'est, d'après moi, la mécanique à l'oeuvre dans l'usage que font les libéraux
du déficit de la Sécurité Sociale. On passe sans commentaires sur la faiblesse
du déficit de l'assurance maladie. On oublie la façon dont les gouvernements
successifs, au cours de ces dernières années, ont privé la Sécurité Sociale
d'une partie de ses ressources, lesquelles ont subi, sur les cotisations
sociales, l'impact de la crise. Sachant par ailleurs, qu'une grande partie des
ressources proviennent de la fiscalité, on ne peut reprocher quoi que ce soit
au Régime Général et en tout cas pas son déficit. On est ramené aux débats sur
la limitation des impôts sur les hauts revenus, sur les réductions de
cotisations liées à la loi TEPA, sur l'exonération de cotisations dont
bénéficient les stocks-options dont il faut rappeler que la Cour des Comptes
les évaluait à 3Md€ par an. Sur 10 ans, ce seul manque à gagner est supérieur
au déficit total de la Sécurité Sociale.
On ne peut, pour comprendre les débats actuels sur le déficit de la Sécurité
Sociale, que se référer aux propos de Monsieur Kessler. Il faut en finir avec
ce système Gaullo-communiste, fondée sur la Solidarité. Nous sommes dans une
société libérale où la compétition et l'individualisme sont les nouveaux
maîtres mots. Le marché, et donc la libre concurrence, doit prendre en charge
l'évolution de la Sécurité Sociale. Voir à cet égard ce que deviennent les
charges laissées à l'assuré dans les cliniques privées? Voir la tendance à la
libéralisation progressive des tarifs tandis que les bases de remboursement
évoluent peu. Voir le passage de l'assurance maladie au secteur assurantiel,
chaque fois que le gouvernement limite les remboursements par l'assurance
maladie.
Au delà, la réflexion devrait porter sur la signification de ces déficits
énormes actuellement constatés. Les USA assoient, pour l'instant, leur
leadership sur des déficits beaucoup plus importants que les nôtres. Et cela ne
paraît gêner personne. Les banques ont largement profité du déficit. Elles ont
l'air de se bien porter. En fait le déficit enrichit ceux qui disposent
d'argent et peuvent acheter des bons du trésor par exemple. Il en ira de même
du prochain grand emprunt. Et ces acheteurs sont précisément ceux qui voient
leurs impôts limités ! Comment ne pas considérer de telles pratiques comme
complètement immorales ?
19 octobre 2009
Poitiers : des innocents condamnés
Les évènements violents de samedi après-midi à Poitiers ont entraîné l'arrestation et la condamnation de plusieurs personnes dont deux étudiants poitevins de 20 ans. Or, Samuel Bastard et Jean-Salvy Compte n'ont absolument pas pris part aux débordements qui ont eu lieu en Centre-ville. S'ils ont participé à la mani-festation, parce qu'elle était autorisée, ils s'en sont vite mis en marge dès que les violences ont commencé.
Explications...
Des casseurs infiltrent une manifestation pacifiste...
Samedi 10 Octobre, en début d'après-midi, parallèlement au Festival « Les Expressifs », une manifestation était organisée dans le centre-ville de Poitiers. Les participants voulaient s'opposer pacifiquement à l'ouverture de la Maison d'arrêt de Vivonne et plus généralement aux dérives du système carcéral. Rapidement, des individus organisés ont pris en main le rythme de cette manifestation. Par la suite les affrontements avec la police ont eu lieu ainsi que des dégradations, semant la panique dans la foule et mettant un terme à la manifestation initiale qui se voulait réellement pacifique et festive.
Deux étudiants…
Débordés par les évènements, les policiers ne sont pas parvenus à arrêter les casseurs ; et lorsque le calme est revenu, les responsables étaient déjà loin. Samuel Bastard et Jean-Salvy Compte étaient au départ de la manifestation mais ils s'en sont rapidement éloignés en voyant la tournure que prenaient les évènements. Ecoeurés par la violence de ceux-ci, ils ont même choisi de se réfugier chez des amis. Tous les témoignages concordent : les deux étudiants n'ont absolument pas pris part aux affrontements.
Il fallait des coupables...
A 20h30, ils sont allés à l'Espace culturel N°23 où des concerts étaient prévus, suite à la manifestation. C'est là qu'ils ont été arrêtés en compagnie d’un autre ami. Pourquoi eux ? « C'est les trois débiles qu'on voit toujours en manif. Y en a marre de voir vos gueules de cons », déclare un des policiers, devant des témoins. Après plus de 20 heures de garde à vue, sous la pression, ils signent la déposition présentée par les policiers. Celle-ci précise que Samuel a jeté un projectile en direction d’un officier se trouvant dans une voiture de police banalisée sur le Pont neuf. Jean-Salvy a été accusé d’avoir jeté un briquet ou un petit objet en métal en direction de policiers se trouvant sur le pont neuf dans une première déposition et devant l’Espace Mendès-France dans une deuxième. Alors que Jean-Salvy se trouvait en réalité sur le parking en bas de la rue Jean Jaurès.
Leur garde à vue sera reconduite de 24h00. Ils seront jugés en comparution immédiate.
Un procès expédié...
Durant le procès, quatre témoins attestent de la non-participation de Samuel et Jean-Salvy aux événements. On montre même une photo prise dans la manifestation sur laquelle on les voit regarder de loin les affrontements. Mais ces preuves ne suffisent pas face à la déclaration d'un officier assermenté...
Ils sont déclarés coupables et condamnés à 6 mois de prison dont 5 avec sursis.
Plusieurs témoignages visuels, ainsi qu'une vidéo qui les montre clairement dans le public des Expressifs, à distance des actes de dégradations, ont été recueillis depuis.
La violence poitevine avait été fortement médiatisée et sans doute fallait-il trouver rapidement des coupables. Or, les personnes qui sont aujourd'hui enfermées, abattues et loin de leurs proches, sont innocents. Nous pensons également aux personnes inculpées particulièrement à la troisième personne incarcérée, Patrick, condamné à 4 mois de prison ferme et 4 mois de sursis pour avoir jeter une pile sur les forces de l’ordre.
Jean-Salvy et Samuel ont souvent participé aux manifestations étudiantes. Ce sont des militants, c'est vrai. Ils étaient sans doute repérés depuis longtemps en tant que tels. Mais ils défendent des idéaux absolument non-violents. Ce sont des humanistes, des gens qui croient en un monde juste et solidaire.
Ce sont nos amis et toutes les preuves montrent qu'ils sont innocents. Ça pourrait être n’importe qui.
A tous ceux qui veulent se mobiliser, agir ou dénoncer cette injustice, nous proposons :
Un rassemblement de soutien à Samuel et Jean-Salvy,
samedi 17 octobre à 14h00,
devant le Palais justice, place Alphonse Lepetit à Poitiers.
Un comité permettant à chacun de témoigner de leur soutien à Samuel et Jean-Salvy, de prendre connaissance du détail des faits, de soutenir financièrement, …
Mail : soutiensametjeansalvy@gmail.com
Blog : http://soutiensametjeansalvy.over-blog.org
Texte rédigé et publié par des amis de Jean-Salvy et Samuel, avec l’accord de membres de leur famille.
18 octobre 2009
REMOUS ENTRE ISRAËL ET TURQUIE
Sur la chaîne arabe basée à Dubaï,
«Al Arabiya», le 14 octobre 2009, Recep Tayyip Erdoğan a déclaré qu’en
décidant de reporter les manœuvres turco-isaréliennes «Aigles
d’Anatolie», qui devaient commencer, lundi dernier, dans la région de
Konya, il s’était fait «le porte parole du peuple». Expliquant que
toute politique se devait de tenir compte «des demandes et de l’opinion
de son peuple», il a poursuivi en disant qu’il se refusait à mettre ces
dernières de côté, et ce pour des raisons «de sincérité». Cette
déclaration a surpris, car à la suite du report des manœuvres en
question, les diplomaties des deux pays s’étaient employés à minimiser
l’incident. Côté israélien notamment, le ministre de la défense, Ehoud
Barak, avait insisté sur le fait que la relation turco-israélienne
était une relation de long terme et qu’elle pouvait supporter des hauts
et des bas. Côté turc, le ministère des affaires étrangères avait
rappelé que le report de l’exercice militaire avait été décidé en
concertation avec toutes les parties concernées (Turquie, Israël mais
aussi Etats-Unis) et qu’il ne fallait pas attribuer à l’événement une
signification politique quelconque.
On observera néanmoins que
le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, avait ié le report des manoeuvres à l’attitude d’Israël à
l’égard de Gaza et déclaré : «Dans l’état actuel de la situation, nous
critiquons la position d’Israël.» On se souvient aussi que dans la
première quinzaine de septembre 2009, le chef de la diplomatie turque
avait décidé de reporter, cette fois, un séjour qu’il devait effectuer
en Israël, car l’autorisation israélienne de se rendre à Gaza, lui
avait été refusée. Très récemment par ailleurs, on a appris que le
ministre israélien des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, avait
décidé de convoquer l’ambassadeur turc à Tel-Aviv, afin de protester
contre une série télévisée de la chaine publique turque TRT1 (Ayrılık)
qui, selon lui, incite «au plus au point à la haine» envers l’Etat
hébreu, en présentant «les soldats israéliens comme des tueurs
d’enfants».
Depuis le début de l’année et la passe d’arme
verbale de Davos qui avait opposé Recep Tayyip Erdoğan à Shimon Peres,
les relations turco-israéliennes se dégradent petit à petit. Cette
dégradation ne s’illustre pas seulement, en Turquie, par un changement
d’attitude du gouvernement, mais aussi par un nouveau comportement de
l’armée. Ainsi, en février 2009, une déclaration du général Mizrahi
sévère pour la Turquie, avait vu l’armée turque réagir avant son
gouvernement, et obtenir de l’état major israélien un communiqué
affirmant que le point de vue de ce général n’était pas celui de
l’armée israélienne. Par la suite, en avril 2009, le chef d’état major
turc, Ilker Başbuğ, avait sèchement rejeté les critiques israéliennes
provoquées par l’annonce de manœuvres militaires turco-syriennes. Pour
leur part, les Israéliens, depuis l’investiture du nouveau gouvernement
de Benyamin Netanyahou, ont décliné l’appel des Turcs à reprendre les
pourparlers indirects avec la Syrie interrompus par la crise de Gaza et
le remplacement du gouvernement d’Ehoud Olmert. Cela a amené les
officiels turcs à faire des déclarations régulières mettant en doute la
volonté de paix d’Israël dans le conflit du Proche-Orient.
Si
Tel-Aviv a affirmé ne plus vouloir de la médiation turque pour négocier
avec la Syrie, en revanche Bachar El Assad a répété, en septembre
dernier, qu’il ne voulait pas rencontrer directement des représentants
du gouvernement israélien, tant qu’un minimum de travail d’approche
n’aurait pas été effectué dans le cadre d’une médiation turque. Il faut
dire qu’au moment où la détérioration dont nous venons de parler se
produisait, les relations turco-syriennes connaissaient une
amélioration constante. Depuis le début de l’année, en effet, Abdullah
Gül et Recep Tayyip Erdoğan sont allés en Syrie, tandis que Bachar El
Assad effectuait le voyage en sens inverse en Turquie. De nombreux
accords de coopération ont été signés à l’occasion de ces déplacements.
Au début de la présente semaine, de nouvelles coopérations ont été
annoncées entre les deux pays dans le domaine militaire, alors même que
le ministre syrien des affaires étrangères, Walid Muallem, se
réjouissait de la décision turque de reporter les manœuvres «Aigles
d’Anatolie».
On peut penser que cette embellie turco-syrienne
tend à disqualifier Ankara dans sa prétention à jouer les médiateurs
dans le conflit entre Israël et la Syrie. Toutefois, la diplomatie
turque semble considérer qu’il y a peu à attendre du nouveau
gouvernement israélien et de son très controversé ministre des affaires
étrangères. Dès lors, au moment même où le gouvernement de Recep Tayyip
Erdoğan opère de délicates ouvertures en direction des Kurdes et de
l’Arménie, ses stratèges estiment sans doute qu’ils perdent peu à
croiser le fer avec un gouvernement israélien radical et isolé sur le
plan international. Et ce, d’autant plus que sur le plan intérieur,
cela tend à le faire apparaître comme un défenseur des musulmans
opprimés et à flatter les tendances nationalo-islamiques d’une partie
de son électorat. Il y a là une manière de voir dont on commence à
comprendre le cheminement depuis quelques mois, mais qui en dépit des
efforts de minimisation faits de part et d’autre, entame quand même
durablement une relation avec l’Etat hébreu qui est l’une des grandes
spécificités de la politique étrangère turque.
JM
Publié par
OVIPOT
13 octobre 2009
LES KURDES EN TURQUIE
J'ai été la fondatrice de l'association "Les amis du Peuple Kurde" et ai publié "Questions sur le Moyen Orient, le Kurdistan" (éditions Prospective21 28 rue Salluste 67200 Strasbourg consultation sur Google, recherche de livres Michelle Meyer).
Il y a peu, j'ai regardé sur France 5, un reportage où s'exprimait le représentant de la Ligue des Droits de l'Homme d'une petite commune incluse dans Dyarbakir, capitale du Kurdistan de Turquie et homme très considéré en Occident. La Turquie aurait entrepris de bonnes relations avec les Kurdes et respecterait les Droits Humains. Quelques Kurdes interrogés sur place témoignaient du scepticisme. J'éprouvais le même scepticisme et avais à la mémoire le propos d'Espagnols en exil en France lors d'une séance sur la poésie espagnole du moment (années 1970, toujours la période franquiste) : "un poète résistant ne reste pas en Espagne, ça lui est impossible, il serait forcément en exil". Et de me dire, ce représentant des D.H. en Kurdistan turc est bien le seul à vivre peinard, ce n'est pas net !
Les Kurdes ont manifesté à Strasbourg et je mets sur mon blog le message de l'actuel Président de l'Association "Les Amis du Peuple Kurde". Ce message est à l'image de ce que je sais sur la politique turque au Kurdistan.
Intervention de Bernard REVOLLON, Président
des Amis du peuple kurde à la manifestation du samedi 10 octobre 2009 à Strasbourg
Chers Amis,
Bonjour ! Röj Bas !
Au mois de mars, les
élections ont été un succès pour le parti kurde, le DTP,dont le nombre
d'élus a pratiquement doublé.
Au lieu d'en prendre compte
et d'engager des négociations sérieuses de paix, le gouvernement turc de l'AKP
s'est engagé dans une répression acharnée contre les élus et le peuple kurdes,
réprimant des manifestations de façon très violente ( cela s'est même traduit
par des morts); par ailleurs, ce même gouvernement a engagé l'armée turque dans
des opérations armées contre la guérilla kurde sur le territoire irakien, en
violation des lois internationales.
Tout cela doit cesser.
Seules des négociations
engagées sincèrement par le gouvernement turc avec les représentants élus du
peuple kurde permettront de trouver une issue positive à la question kurde.
Notre gouvernement et l'Union
Européenne doivent interpeller le gouvernement turc pour qu'il s'engage
véritablement dans cette voie démocratique, et ne pas fermer les yeux
hypocritement.
Les médias doivent informer,
et ne pas faire silence, sur la question kurde.
Pour notre part, nous
continuerons notre action de soutien à notre égard, pour exiger la libération
de votre leader A Ocalan et aussi la
libération de tous les élus kurdes du DTP arrêtés, et pour exiger la cessation
de toutes les atteintes aux droits de l'homme commises par le gouvernement
turc.
Nous le ferons, nous
continuerons de le faire, à la mesure de
nos moyens, mais avec constance et détermination.
Vive la Justice et la
Paix.
Vive la Solidarité Internationale !
12 octobre 2009
La prix Nobel israélienne de chimie prône la libération des Palestiniens détenus AFP
La prix Nobel israélienne de chimie 2009, Ada Yonath, s’est déclaré samedi pour la "libération de tous les prisonniers palestiniens" détenus par Israël, adoptant une position pacifiste radicale en Israël.
"Il faut libérer tous ceux que nous appelons des terroristes et pas seulement pour obtenir en échange le soldat Gilad Shalit" enlevé en juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza, a déclaré Mme Yonath à la radio militaire israélienne. "C’est en gardant ces détenus en prison que nous poussons à l’exaspération leurs proches et que nous fabriquons des terroristes", a ajouté la scientifique. "Le meilleur moyen d’empêcher les enlèvements d’Israéliens en vue qu’ils servent de monnaie d’échange c’est de libérer ces détenus" a- t-elle souligné.
Selon elle, c’est le désespoir qui pousse des Palestiniens à des opérations suicide : "Cela n’arrive pas à des gens qui ont un horizon et une espérance dans leur vie".
Issue d’une famille juive modeste de Jérusalem, alors sous mandat britannique, Ada Yonath, 70 ans, qui se dit inspirée par Marie Curie, est le premier prix Nobel féminin d’Israël.
Israël a libéré le 3 et 4 octobre, en échange d’une vidéo de Gilad Shalit 20 détenues palestiniennes aux termes d’un accord conclu avec le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, par l’intermédiaire d’un médiateur allemand. Quelques 8.000 Palestiniens détenus pour activités anti- israéliennes sont actuellement sous les verrous en Israël ou en Cisjordanie occupée.
relayé par la Croix
09 octobre 2009
politique de la France et nucléaire israëlien
PCF
Marie-George Buffet
Secrétaire nationale
Députée de la Seine-Saint-Denis
Monsieur Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères
37, quai d'Orsay
75351 Paris cedex 07
Paris, le 6 octobre 2009
Monsieur le Ministre,
La Conférence générale de l' Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a adopté le 26 août dernier, lors de sa 49ème session, sur proposition des Etats arabes, un mémoire soulignant qu'Israël continue de défier la communauté internationale en refusant de devenir partie au Traité (TNP) ou de soumettre ses installations aux garanties généralisées de l' Agence, exposant ainsi la région à des risques nucléaires et menaçant la paix». Le mémoire souligne aussi que «la Conférence générale de l' AIEA doit prendre des mesures appropriées pour faire en sorte qu'Israël soumette toutes ses installations nucléaires aux garanties de l'Agence et adhère au Traité sur la nonprolifération des armes nucléaires».
Cette résolution de l' AIEA soulève une question majeure sur les conditions de la paix au Proche-Orient, sur une des raisons essentielles du contexte de tensions et de méfiance qui perdure et qui alimente l'impasse dramatique actuelle.
Selon les informations dont nous disposons, la France aurait cependant voté contre.
Pouvez-vous, Monsieur le Ministre, confirmer que la France a voté contre ce texte et expliquer pourquoi notre pays -qui appelle officiellement au respect du TNP dont elle est membre elle-même- refuse de voter une résolution demandant à Israël d'adhérer à ce même TNP, et de soumettre ses installations nucléaires aux garanties de l' Agence?
Je vous remercie de l'attention que vous pourrez porter à cette sollicitation.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations
distinguées.
Marie-George Buffet
Parti communiste français
Une résolution de l’AIEA épingle Israël
vendredi 18 septembre
2009 - Blaise Gauquelin - RFI
Coup de théâtre à Vienne cet après-midi.
Les Occidentaux ont eu beau s’y opposer,
parfois avec virulence, les pays arabes ont cette fois réussi à trouver une
majorité sur une résolution qui rappelle qu’Israël n’a jamais adopté le Traité
de non-prolifération. Une première, depuis dix-huit ans.
Ce vote, qui demande à Israël de se
soumettre comme les autres à un contrôle de l’AIEA, illustre les tensions
grandissantes entre le Nord et le Sud sur les questions nucléaires. Les
États-Unis et leurs alliés considèrent toujours l’Iran comme la principale
menace mondiale de prolifération, alors que les Etats arabes et de nombreuses
nations en développement rappellent que, pour elles, c’est l’Etat hébreu
lui-même qui constitue le principal danger de déstabilisation du Proche et du
Moyen-Orient.
Jusqu’à présent, les Occidentaux avaient
toujours trouvé une majorité pour barrer la route à une résolution rappelant
qu’Israël s’est doté de l’arme atomique en toute illégalité il y a déjà de
nombreuses années. Cette résolution est un camouflet pour les États-Unis.
D’ailleurs, le représentant de l’Iran à l’AIEA a tout de suite réagi en voyant
dans le texte un message adressé directement à l’administration Obama, message
lui demandant d’arrêter de soutenir Israël à n’importe quel prix.
07 octobre 2009
U.E : LE VOTE IRLANDAIS
Article de "La Forge"
Irlande
Les citoyens irlandais ont été sommés
de voter « oui » au traité de Lisbonne
« L’Irlande a voté oui », « l’UE repart de l’avant »… s’égosillent les partisans du « oui » au traité néolibéral de Lisbonne, clone du traité constitutionnel européen.
La grande coalition internationale des patrons, des médias, des partis politiques… qui soutiennent le traité de Lisbonne a mis le paquet pour faire revoter le peuple d’Irlande et l’obliger à voter « oui ».
C’est l’illustration de la « démocratie européenne » qui fait revoter les peuples qui ont dit « non », en les soumettant au chantage, aux menaces de rétorsion, sur le thème de « si vous votez « non », nous vous le ferons payer très cher ».
Le camp du « non » a relevé le défi et a mené une active campagne.
Nous avons rencontré Michal Youlton, coordinateur national du « non » au traité de Lisbonne en Irlande – CAEUC (1), lors de la réunion de préparation du contre-sommet de l’Otan, à Strasbourg, en février dernier, puis au contre-sommet lui-même, en avril. Il a animé de nombreuses réunions et conférences de presse en France pour expliquer le contenu progressiste de la campagne qui avait abouti, en juin 2008, au « non » au traité de Lisbonne.
Dès que les résultats ont commencé à être connus, nous avons envoyés un message de soutien qui disait notamment
« Avant tout, nous voulons féliciter les citoyens qui ont défendu les véritables intérêts des travailleurs, des paysans, des pêcheurs, des masses populaires… d’Irlande, en votant « non ».
Le « oui » a été bâti sur des mensonges, des promesses, la négation même de la démocratie. Nous condamnons la campagne menée par Sarkozy et Cie de mensonges et de criminalisation des citoyens d’Irlande.
Ce n’est pas la victoire de la démocratie mais celle du grand business, des politiques néolibérales. Dites à vos amis et camarades que nous saluons votre combat et que nous leur adressons nos saluts de solidarité. »
A ce court message, Michael Young a répondu par ce mot :
«Votre message de solidarité, précieuse en toute occasion, est particulièrement important pour nous en ces moments où nous devons maintenir notre unité, notre force et nos convictions. Plus de 650 000 personnes sont restées avec nous et ont refusé l’injonction à se plier.
Notre campagne est solide et l’unité est forte, peut être même plus forte que jamais.
Je vous envoie une déclaration que nous avons préparée la nuit dernière, avec de connaître les résultats, sur la base des messages qui nous parvenaient du terrain. Faites en bon usage.
Avec notre solidarité
La lutte continue
Michael Youlton
Voici l’intégralité de ce texte, traduit par nos soins.
« Ce n’est pas l’expression de la volonté du peuple, mais la peur du peuple suscitée par le camp du « oui » qui a poussé une majorité d’électeurs irlandais à ratifier le traité de Lisbonne à l’occasion d’un référendum resservi et imposé.
Les électeurs irlandais n’ont pas voté :
a) Sur le contenu du traité de Lisbonne mais sur l’appartenance à l’UE,
b) sur la base de la peur d’un isolement politique, ils ne disaient pas « oui » au même traité que celui qu’ils ont rejeté l’année dernière, et
c) sur la base de promesses d’emplois et de relance économique que le camp du « oui » n’a cessé de mettre en avant, pour les tromper, en leur faisant croire que cela serait possible s’ils votaient « oui ».
Ainsi l’establishment politique irlandais totalement décrié, qui a ruiné notre pays, a fait le choix par stupidité et par peur de lier l’Irlande et la plupart des pays d’Europe à une constitution antidémocratique.
Cette année, l’Irlande subira une diminution de près de 10% de son produit économique, le déficit public atteindra 12 % du PIB, le chômage sera de 14% de la population active et du flux net d’émigration.
Nous acceptons et respectons le résultat d’un second referendum sur le traité de Lisbonne, comme un fait, mais on ne peut attendre de personne de l’approuver ou de le reconnaître, ni politiquement, ni moralement. Ce résultat n’a pas de véritable légitimité politique, quel que soit le pourcentage de votants, du fait de la manière frauduleuse et non démocratique dans laquelle s’est déroulé le référendum, ce qui en fait un cas unique parmi les quelques 30 referenda qui ont eu lieu dans le cadre de la constitution irlandaise depuis son adoption en 1937.
Bénéficiant des moyens financiers sans limite mis à disposition par la commission de Bruxelles, les partis politiques du parlement européen, le gouvernement irlandais et les entreprises privées, le camp du “oui” a dépensé vingt fois plus que celui du “non”, dans une campagne référendaire unique dans l’histoire moderne de l’Irlande, du fait des remises en cause massives de la loi référendaire.
Le caractère illégal de cette campagne s’est manifesté dans au moins six domaines :
1) l’intervention de la commission européenne, mobilisant de grandes sommes d’argent pour influencer l’opinion irlandaise dans le sens du « oui », créant un site internet dans le but de contrer les arguments du « non »
2)les appelsau "oui" lancés par le président de la commission,Barroso et d’autres commissaires européens, leurs équipes, au cours de leurs visites en Irlande. Cela est illégal du point de vue des lois européennes, étant donné que la commission n’a aucune compétence en matière de ratification de nouveaux traités, une compétence qui
est du ressort exclusif des Etats membres, selon leurs propres procédures constitutionnelles. La commission n’a pas hésité à offrir des billets gratuits de Bruxelles à Dublin à des personnes venant promouvoir le « oui ».
2) Le financement des affiches et de la publicité par voie de presse de la plupart des partis en faveur du “oui”, par leurs partis frères du Parlement européen, alors qu’il est illégal, du point de vue de la loi irlandaise, de recevoir des dons extérieures au pays pour un référendum, et même su point de vue de la législation européenne qui dit que les fonds alloués par le parlement européen à des partis politiques transnationaux sont réservés à la réalisation de documents, évitant la propagande partisane.
3) L’utilisation illégale par le gouvernement irlandais de fonds publics pour diffuser auprès des électeurs une carte postale avec les soi disantes « assurances » données par le conseil européen, complétée quelques temps après par une brochure contenant un résumé tendancieux des dispositions du traité de Lisbonne, ces deux initiatives étant contraires au jugement de 1995 de la cour suprême irlandaise (jurisprudence McKenna, du nom de la députée indépendante qui a acté en justice en 1995 sur cette question. ndlt) qui stipule qu’ilest inconstitutionnel pour le gouvernement d’utiliser de l’argent public pour essayer d’obtenir un résultat particulier dans le cadre d’un référendum.
4) L’échec de la commission nationale de contrôle du referendum à mener à bien sa mission conformément à la loi référendaire en matière d’explication à apporter aux citoyens sur les changements que les amendements constitutionnels proposés introduiront dans la constitution irlandaise. Au contraire, le responsable de la commission, le juge Frank Clarke, a transformé la commission en instrument de la propagande gouvernementale, le juge se livrant à plusieurs soliloques à la radio, dans les journaux, apportant des explications erronées sur les dispositions du traité de Lisbonne, outrepassant du même coup les prérogatives qui lui confère la loi référendaire.
5) De grosses sommes d’argent ont été dépensées par des sociétés privées, tel Intel et Raynair pour promouvoir le “oui”, sans limitation d’aucune sorte, ce qui peut être contraire à la législation sur les sociétés et la fiscalité des entreprises et ce qui constitue une violation majeure des droits démocratiques.
6) Violations des règles en matière de communication qui stipulent que les médias doivent adopter une attitude équilibrée vis-à-vis de toutes les parties intéressées quant à la couverture des questions faisant l’objet d’un débat public. Newstalk 106, qui appartient à MrDenis O’Brien, supporter engagé en faveur du « oui » a fait preuve d’une partialité affichée dans ses programmes d’actualité.
En juin, la cour constitutionnelle allemande a déclaré que les principes de base de la démocratie exigeaient le contrôle parlementaire sur les ministres des Etats membres de l’UE dans l’exercice des pouvoirs qui leur étaient conférés par le traité de Lisbonne, comme par exemple la « procédure de révision simplifiée » (article 48 du traité de l’UE) qui permet que certaines questions politiques soient soumises au vote à la majorité, au lieu de la règle de l’unanimité, sans qu’il ne soit nécessaire de conclure de nouveaux traités ou de passer par un référendum.
L’Allemagne a instauré ces mécanismes de contrôle parlementaire en septembre. L’Irlande en a faitde même en votant l’amendement constitutionnel pour lequel les citoyens ont voté hier. Il faudrait maintenant demander, à travers des actions en justice, que des mécanismes de contrôles parlementaires similaires soient instaurés dans autant de pays membres de l’UE que possible, dans le but de défendre ce qui reste de démocratie en Europe.
Si, malgré tout, le traité de Lisbonne passe et s’applique dans tous les Etats de l’UE, faisant des 500 millions d’habitants de véritables citoyens de l’UE, cela fera de la question de l’indépendance nationale et de la démocratie, les questions centrales des politiques européennes pour les prochaines années, et pas seulement en Irlande, dont l’histoire a été largement marquée par la lutte contre les arriérés d’une citoyenneté imposée par un autre pays.
Le deuxième referendum sur le traité de Lisbonne a mis à nu la banqueroute des principaux partis politiques d’Irlande. Il y a un vide dans la politique irlandaise, comme c’est le cas dans beaucoup d’autres pays de l’UE, quand tous les partis politiques « établis » se retrouvent d’un seul côté et que la majorité des citoyens se retrouvent de l’autre.
Beaucoup de citoyens ne sont aujourd’hui tout simplement pas représentés. La période qui s’ouvre verra très certainement des tentatives de combler ce vide, que ce soit en Irlande ou ailleurs. »
Notes
(1) Le collectif CAEUC est composé de quatorze organisations :
Communist Party of Ireland, Community & Workers Action Group, Éirígí, Irish Anti-War
Movement, Irish Republican Socialist Party, Irish Socialist Network, Peace & Neutrality Alliance, People Before Profit, People’s Movement, Sinn Féin, Socialist Party, Socialist Workers Party, Workers Party.
Le parti de droite “Libertas” qu’on peut qualifier de neoliberal et qui s’est présenté aux européennes a également fait campagne pour le « non », mettant surtout en avant la question du maintien d’un commissaire européen irlandais. Il a obtenu satisfaction jusqu’en 2014
(2) Le 21 septembre, Barroso, en visite à Limerick, une ville particulièrement touchée par les fermetures des usines électroniques, n’a pas hésité à annoncer une aide de l’UE de 14,8 millions d'euros pour les 2 400 ex-employés irlandais du fabricant américain d'ordinateurs Dell qui avaitannoncé en début d'année la fermeture de son usine dans cette ville, avec 1 900 suppressions d’emplois à la clé.