Ce 26/12/09 dans "Le Monde" par Emmanuel Todd :
...L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.

La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?

Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.

C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...

L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.

En 1996, Jean-Pierre Frick, alors conseiller régional d'Alsace me demandait une conférence à Rouffach(Haut-Rhin) suite à ce qu'il avait lu dans mes écrits : il se disait choqué par des gens qui s'affirment "racistes" par vantardise et banalisent le sentiment raciste.

Actuellement, j'ai beaucoup de contacts avec des gens divers, des associations en tous genres afin de réaliser un livre collectif sur le quartier des Poteries à Strasbourg et d'ouvrir un café citoyen. Mais je suis effrayée par des racismes qui s'affichent triomphants et des fatalismes qui font tout accepter telle la disparition de la S.S. J'ai même provoqué un choc quand j'ai dit à un interlocuteur qu'Obama empruntait le chemin inverse et avait réussi à obtenir du Congrès le vote pour l'asssurance sociale aux Américains. Il m'écoutait, incrédule. Je rencontre des gens qui ne réalisent pas les atteintes au monde du travail ou s'en réjouissent alors qu'eux mêmes dépendent d'un salaire. Tu dis que Sarko n'avantage que les riches et hop! la fameuse phrase " il y toujours eu des riches et des pauvres". Si Sarko accuse son âge : "le pauvre! Il travaille tant". La France est un fruit qui mûrit depuis Giscard; il est totalement mûr pour le fascisme. Depuis que j'ai écrit Sarko en entier, je suis en alerte virus. J'ai effacé le nom. Ce n'est pas la 1ère fois que ça m'arrive. Les mauvaises langues vont me dire parano. Nous sommes, il ne faut pas en douter, au pays des libertés. Surtout celle d'être C...