J’ai reçu un courrier de Marcel Durand, auteur de « Grain de sable sous le capot » éd . Agone, livre sur les travailleurs chez S.A. Peugeot. A même l’enveloppe, je lis « la grippe A(H1N1) avait causé 57 décès en France depuis l’émergence du virus, en avril (source : INVS). C’est environ deux cents fois moins que le nombre de victimes provoquées par les cancers d’origine professionnelle, chiffré dans une fourchette qui va de 6000 à 12750 morts par an (source : INVS). Depuis avril, Le Monde a consacré 257 articles (86746 mots) au virus H1N1, contre 1 article (596 mots) aux cancers du travail. Soit 1522 mots par victime de la grippe A, contre 0,08 à 0,17 mot par victime d’un cancer professionnel (source :Institut statistique sardon,ISS).

Je reçois ce type de courrier comme une bouffée d’oxygène car il m’empêche de désespérer du genre humain. Les couleuvres que le gouvernement essaye de faire avaler à la population ne passent pas. La conscience collective résiste au mode de gestion de cette grippe technocratique et pharmaceutique, bien éloigné d’une politique de santé publique.

Face à une épidémie grippale A/H1N1 dont les données épidémiologiques au 2e trimestre 2009 étaient incertaines, le gouvernement français a accordé une confiance « aveugle » à des comités d’experts qui prédisaient une virulence qui pourrait paralyser le pays.

L’OMS déclarait le 11 juin 2009 l’état de pandémie en se faisant l’écho du groupe SAGE (principal groupe consultatif de l’OMS pour les vaccins et la vaccination).
 Une question d’importance est posée : quelle a été l’influence des liens d’intérêt des experts avec l’industrie pharmaceutique sur le déclenchement de cette alerte ? Wolfgang Wodarg, ex membre du parti social-démocrate allemand et actuel eurodéputé et président de la commission pour la Santé du Conseil de l’Europe est d’avis que le déclenchement de l’alerte à la pandémie constitue « l’un des plus grands scandales médicaux du siècle ».

Voyons les erreurs commises par le Gouvernement français. Mon article puise ses informations dans les newsletters de l’UFAL (allez sur son site et abonnez-vous, c’est gratuit)

Le gouvernement français a dès lors commis

1. une erreur stratégique en se fiant sans aucune retenue à ces propos alarmistes, malgré des opinions plus réservées de professionnels de renom comme les Pr Debré  et Gentilini, malgré les données rassurantes sur cette épidémie de grippe en provenance des pays de l’hémisphère sud, notamment la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

2. L’erreur stratégique s’est doublée d’une erreur tactique en créant une Cellule interministérielle de crise qui, dès le 1er mai 2009, a assailli l’opinion publique de communiqués de presse, tous plus alarmistes les uns que les autres, relayés par des médias nationaux très complaisants.

3. Une troisième erreur a été de confier la gestion de la crise au ministère de l’intérieur comme s’il s’agissait d’une menace terroriste, quitte à émettre des circulaires liberticides sous prétexte de risque de blocage de l’économie du pays. Cette structure a été incapable, lorsque les messages épidémiologiques se sont fait plus rassurants, de faire marche arrière pour limiter les conséquences de ce fiasco politico-médiatique.

4. Sur le plan technique, le recours à des centres de vaccination loin des populations concernées, initialement inaccessibles sans le sésame que devait constituer la convocation individuelle à la vaccination, a été également une erreur notoire. Très réticents vis-à-vis de cette campagne de vaccination venant de haut, avec des vaccins prototypes aux effets secondaires possibles, mais quand même pleins de bonne volonté, la plupart deS patients se sont tournés vers leurs médecins de famille, pour savoir ce qu’ils devaient faire.

5. Toujours erreur du gouvernement : l’absence d’échange et de concertation avec les soignants et le mépris du savoir faire des généralistes et des infirmières : les professionnels de santé de proximité auraient dû être partie prenante dans la gestion de cette grippe et pouvoir faire les vaccinations nécessaires : c’est leur rôle depuis plusieurs décennies.

6. Erreur économique d’avoir surinvesti dans les différents vaccins et autres Oseltamivir, quitte à devoir rédiger des recommandations ne s’appuyant pas sur des données de la science, ce qui a entraîné une interpellation forte de la Direction Générale de la Santé par plus d’un millier de médecins à l’initiative du Formindep

 En conclusion :

Le coût pour la collectivité risque de dépasser 1 à 1,5 milliard d’euros, soit plus que le déficit de tous les hôpitaux de France.

La gestion gouvernementale de cette grippe a été une très belle opération pour les laboratoires pharmaceutiques Roche, Sanofi-Pasteur-Aventis, GSK, Novartis et Baxter, qui se chiffre en plusieurs milliards d’euros de profit s.
Cette accumulation de fautes tant politiques que stratégiques, tactiques, techniques et socio-économiques ne peut pas être le fruit du hasard. C’est la preuve que les intérêts d’un petit groupe de multinationales prévalent sur l’intérêt du public.