COMPTE-RENDU café citoyen du 21/05/2010

L’Europe, un espoir pour le XXIème diècle ?

Un certain nombre de contributions pour ce café axé sur l’Europe sont arrivées sur le blog du café citoyen. Il y est rappelé la Déclaration du 9 mai 1950 émanant de Jean Monnet et de Robert Schuman. Construire l’Europe s’inscrit sur la durée. L’éducation à l’Europe est un défi transgénérationnel avec la perspective de transmettre les savoirs communs, les valeurs et les compétences communes. Dans quelle mesure Strasbourg peut incarner et médiatiser l’image européenne, renforcer le sentiment d’appartenance à l’Europe ?

L’unanimité s’exprime sur un sentiment de sécurité engendré par la construction européenne qui éloigne les guerres et ce, même dans les moments paroxysmiques de la guerre froide.

L’amitié entre les peuples s’est renforcée et le Jardin des deux Rives à Strasbourg en est un bel exemple. On passe de la France à l’Allemagne par une jolie passerelle, l’ambiance est à la convivialité et quand on veut consommer, on paie avec la même monnaie. Dans ces moments-là, on se sent véritablement européen. Et un bilinguisme voire un trilinguisme s’avère nécessaire pour parfaire la communication entre les peuples.

Mais la mondialisation du marché voulue dans une Europe libérale ne cesse d’aggraver les inégalités. L’Europe prêche la rigueur et devrait commencer par mettre de l’ordre dans le financement de ses élus. Un participant a apporté un article paru dans la presse régionale qui énumère l’allocation et les avantages octroyés aux députés européens. De telles sommes allouées à chacun est un affront fait au grand nombre de travailleurs et de sans travail, on pense forcément à des apparatchiks. La critique s’élargit aux sommes octroyées aux élus sur le territoire national. Classe restreinte de privilégiés qui facilite le jeu des multinationales lesquelles ne représentent que 1% du patronat et mettent à genoux les Nations.

Cet état de fait gangrène l’éthique. Des Etats, comme la France, en viennent à encourager sa jeunesse à entrer dans l’armée pour des guerres que la population ne veut pas. Les guerres menées par les USA au Moyen Orient sont un danger de proximité pour l’Europe et une manière de fomenter une nouvelle guerre froide avec la Russie qui renoue avec son passé de l’Empire d’Orient puisque le glacis à l’ouest est dans l’U.E et dans l’OT.A.N.

Il est rappelé que l’Europe épuisée par deux guerres mondiales a pu se relever grâce au plan Marshall quand bien même les Etats-Unis d’Amérique en tiraient des profits et qu’elle est capable de remettre des pays à niveau comme l’Espagne, le Portugal, la Pologne. C’est donc un mieux et elle reste la première puissance économique même si la mondialisation du marché empêche les Européens d’en être pleinement conscients.

Cette conscience européenne des méfaits du marché libre qui s’accentue encore avec des accords transatlantiques récents peut encourager les mouvements sociaux à l’échelle européenne. Il est facile de concevoir la puissance d’une grève du monde du travail touchant toute l’Europe.

Le marché s’est organisé, que le monde du travail s’organise !

Un intervenant estime que la croissance démographique fait qu’il y aura moins à gagner, que les ressources de la Terre s’épuisent. La réponse reste que la mauvaise répartition des richesses est la source de la pauvreté, du déséquilibre Nord-Sud.

Il faut que l’Europe poursuive sa construction avec une Europe sociale plus évidente et indépendante du FMI dont le patron est un des mieux payés du monde, qui ne sait pas ce qu’est la précarité. Une Europe renforcée passe par l’idée d’un fédéralisme excluant une Europe à la carte où chaque Nation s’exonère de dispositions qui la dérangent : politique sociale, politique écologique, politique économique…

 

Prochain café citoyen :Jeudi 24 juin 2010 de 19h à 21h salle associative Ecole Marcelle Cahn 2 rue Henri Loux 1er étage Les Poteries Strasbourg

.QUEL EST ENCORE LE POUVOIR DU POLITIQUE FACE AUX PUISSANCES ECONOMIQUES ?