Du 1er au 3 octobre prochain, l’étape française du championnat du monde de rallye automobile sera en Alsace. Elle prendra son
départ place Kléber à Strasbourg, puis traversera une partie du massif vosgien et du vignoble. Pour de nombreuses associations,
mouvements et organisations, ce rallye est un non sens.
La pollution, c’est chouette !
Ce rallye est une incitation au gaspillage des ressources naturelles. Alors que le pétrole est de plus en plus rare et de plus
en plus cher, nous y voyons une forme de gabegie qui légitime toutes les pollutions atmosphériques et les émissions de
gaz à effet de serre. Ce choix n’est pas responsable à l’heure où les enjeux énergétiques et climatiques sont plus cruciaux
que jamais. Alors que les priorités devraient être données aux transports collectifs et aux modes de déplacement doux, ce
rallye est révélateur de l’impasse politique que constitue la promotion de la voiture individuelle. Aujourd’hui, y compris
dans le domaine sportif, tous les investissements en matière de recherche, d’expérimentation, d’innovation et de sobriété
énergétique doivent être mobilisés en faveur de déplacements « durables ».
Toujours plus vite… dans le mur !
En valorisant la vitesse, cause première de l’insécurité routière, ce rallye, anti-pédagogique et anachronique, est une
apologie de la conduite à risques, alors même que les campagnes de sécurité routière commencent à porter leurs fruits.
De plus, les vitesses pratiquées et les risques pris par les coureurs sont dans la plupart des rallyes générateurs d’accidents
graves voire mortels dont les spectateurs, prudents ou imprudents, sont généralement les victimes. Cette course
n’emprunte que des voies soumises au code de la route et l’étape de Haguenau se déroule en milieu urbain où la vitesse
est totalement proscrite. Promouvoir la vitesse dans un monde qui va trop vite, c’est irresponsable !
Un sportif exemplaire ?
Les sportifs, et plus encore les sportifs de haut niveau, devraient être des exemples pour les jeunes et pour nos
concitoyens. Alors que le rallye s’appuie fortement sur la renommée du pilote « alsacien » Sébastien Loeb, nous nous
interrogeons sur l’exemplarité que peut constituer cette icône alsacienne, puisqu’il est de notoriété publique qu’elle est
« évadée fiscale » dans un pays limitrophe. Rappelons que la force et la légitimité des impôts pour tous permettent à
chacun d’accéder à l’éducation, à la santé, à la culture, à la formation…
Une si belle région violentée
Tout comme le GCO, ce rallye est également une intrusion inacceptable dans les milieux naturels sensibles. Les effets
délétères en termes de bruit et pollution de l’air seront subis par les habitants de la région, mais également par la faune, la
flore et tous les espaces fragiles des Hautes Vosges (zones protégées), de la plaine et du vignoble alsacien. Alors que l’on
nous promet des « retombées économiques » mirifiques, l’Alsace a certainement une autre image à donner d’elle-même.
Conjugué à la beauté des paysages et des espaces naturels, le riche patrimoine culturel de l’Alsace doit amener dans
notre région un tourisme de qualité. Or, même s’il attire les grandes foules qu’annoncent les organisateurs, le rallye sera
surtout ravageur pour les écosystèmes et ne créera pas d’emplois (sauf quelques missions temporaires). Il ne sera qu’une
éphémère et bien discutable source d’attractivité pour l’Alsace et il ne répondra en rien, bien évidemment,
aux défis environnementaux du XXIème siècle.
Du pain et des jeux ?
Enfin, sur un budget total de 2,7 millions d’euros, les collectivités locales alsaciennes (Région, Départements 67 et 68,
Agglomération de Mulhouse, Communauté Urbaine de Strasbourg et Ville de Haguenau) verseront directement une
subvention de 1,4 millions d’euros pour 2010, sans compter les frais indirects occasionnés par cette « utilisation » des
services publics : mise en sécurité, nettoyage, réfection des chaussées… A l’heure où chacun prône l’efficacité financière,
voire la rigueur, à l’heure où les besoins sociaux explosent en raison d’une précarité croissante, où les investissements
pour la création d’emplois ou d’activités utiles sont en attente, au moment où l’on réduit drastiquement les subventions
aux nombreuses associations d’utilité sociale, il est inacceptable que ces collectivités consacrent 5 millions d’euros sur 3
ans à un divertissement véhiculant des valeurs aussi contestables.
Halte là !
Alors que les dépenses publiques devraient être exemplaires, elles subventionnent un rallye aux valeurs contestables…
Halte là ! Ce rallye n’a sa place ni en Alsace ni ailleurs.
Ligue contre la Violence Routière Haut-Rhin – Bas-Rhin ; Alsace Nature ; BI Umvelschutz Kehl ; Thur Ecologie Transport ; FNAUT
– Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports ; ASTUS – Association des Usagers des Transports Urbains
de Strasbourg ; CADR (Comité d’Action Deux Roues) 67 ; CADR (Cyclistes Associés pour le Droit de Rouler) Mulhouse ; CADR
(Cyclistes Associés pour le Droit de Rouler) Colmar ; Vélostation Strasbourg ; TC Alsace ; Piétons 67 ; Les Pieds sur Terre - Colmar ;
Centre Antibruit du Bas-Rhin ; Objectif Climat ; GEPMA – Groupe d’Etude et de Protection des Mammifères d’Alsace; CREP –
Collectif de Réappropriation de l’Espace Public ; Echogenèse ; Ecocité Strasbourg ; Campus Vert ; AHQG – association des Habitants
du Quartier Gare – Strasbourg ; AHBAK – association des Habitants Bourse-Austerlitz-Krutenau ; Greenpeace – Groupe Local
Strasbourg ; Syndicat SUD Culture ; Syndicat Solidaires Alsace ; Les Jeunes Verts Alsace ; Parti de Gauche – membre du Front
de Gauche ; Schillik Ecologie ; Les Verts Alsace – Europe Ecologie
www.raslerallye.eu