Quels que soient les articles, beaucoup d'internautes préfèrent m'envoyer leur commentaire sur mon mail privé ou par téléphone, alors je vais faire comme Michel Collon et son journal Investig'actions vous donner l'un et l'autre :

michellemeyer04@yahoo.fr

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Certains me disent que remettre à l'honneur le parler alsacien, c'est retrouver ses racines.

Je pense que ceux qui ne maîtrisent pas l'allemand ou le français littéraires sont heureux de pouvoir parler dans un des dialectes sans paraître ignares. D'ailleurs chaque langue a sa saveur particulière et suivant le livre que j'écris, j'y insère des expressions alsaciennes. Tout autant, que d'avoir enseigné dans une section de fonderie m'a fait découvrir les saveurs de l'argot.

Mais pour ce qui est des racines, cet aspect se pose à moi comme une blessure que j'ai, à un moment donné, résolu dans ces vers:

 

 

J’ai grandi en Armorique

Et planté ma tente au bord du Rhin

J’ai bivouaqué sur les terres occitanes

Je suis fille d’Europe

Je porte un jean et une chemise made in India

Je suis citoyenne du Monde.

 

Mon père s’en est allé par delà le Rhin

Et ma mère est restée en deçà

Le fleuve qui unit a désuni

Ma mère résistait à Clermont

Et mon père succombait à Stalingrad

Le vent chante sur le Struthof.

 Ce texte a été produit une première fois dans "Je te raconterai l'Alsace" pui sans l'anthologie "A l'écoute des mondes".

Je pense que ces vers et plus spécialement ceux de la seconde strophe sont éloquents pour les Alsaciens et je n'ai pas envie d'en dire davantage.

La première strophe fait comprendre que j'ai été transbahutée et, contrairement à d'autres enfants, cela n'a pas empêché mon développement. A force de regarder les autres vivre, je me suis mise à l'unisson avec eux que ce soit au niveau de l'Europe ou du Monde.

J'ai épousé un Mulhousien né Andreas dont la famille, après la Seconde Guerre Mondiale, a redemandé sa réintégration à la France, papier que j'ai dû produire en 1965 pour devenir titulaire d'un poste dans l'Education Nationae. Depuis, ce type de papier pour les Alsaciens a été supprimé.

Mais le système Sarkosy est vigilant pour que l'Etat délivre ces cartes d'identité infalsifiables alors en 2003, j'ai eu quelque problème. Mon extrait de naissance était douteux! il portait des ratures et je n'étais officialisée que 6 jours après ma naissance. Inconvénient de naître en pleine guerre, dans une Bretagne occupée. Je trouvais cette contestation sur ma francité un peu fort du café, professeur dans lEducation Nationale et écrivaine, lauréate de l'Académie Française. Mais la bêtise administrative est monumentale, il fallait une copie conforme d'un extrait de naissance établi selon une forme bien définie.

Divorcée, j'ai gardé le nom marital, un nom bien alsacien que mes quatre enfanfs, nés à Mulhouse, portaient. Je suis en Alsace depuis 1962 et, vu mon âge, J'y mourrai. Et comme m'a écrit Adrien Finck après avoir lu mon livre sur l'Alsace "Je connais bien l'Alsace, bien mieux que beaucoup d'Alsaciens". Et le Professeur Matzen recommandant mon livre sur Jean Mentelin a un de ses lecteurs lui a dit pour le convaincre "C'est une érudite". Alors que des imbéciles veuillent m'écarter des grands débats sur l'Alsce, j'en ai rien à foutre. Je le dis aussi vigoureusement que je le pense. Jean-Claude Marrey, alors au Ministère de la Culture faisait le point sur les lettres en Alsace et écrivait qu'il y a les Alsaciens d'adoption sur lesquels on ne pourra faire l'impasse et il me citait.

De toute façon, l'Alsace s'est construite grâce à des apports multiples. Une carte de la Gaule de 60 ans avant J.C inclus l'Alsace en Belgique. C'est un point qui restera sans développement déjà que la Belgique ne sait comment gouverner ensemble Flamands et Wallons