Nous ne paierons
ni leur crise, ni leur dette
Les entreprises du CAC 40 ont réalisé 87 milliards de
profits (+5,5%) ces neuf premiers mois et les dividendes
distribués aux actionnaires devraient rester au même
niveau que l’an passé. Les profits de ces grandes
entreprises ont été de 96 milliards en 2007, 65 en 2008,
44,7 en 2009 et 82,5 en 2010. En 20 ans, le portefeuille
CAC 40 a vu son pouvoir d’achat progresser de 120 %,
celui des salaires (à temps plein) de 15 et celui de RMIstes,
de 5 !
Visiblement, ce n’est pas la crise pour tout le monde, ou
plutôt, il y a, d’un côté, ceux qui la paient toujours plus
lourdement, les travailleurs, les chômeurs, les jeunes
astreints à la précarité et à la flexibilité, les femmes
condamnées au temps partiels, aux très bas salaires, les
masses populaires qui ne trouvent pas à se loger, qui se
soignent de moins en moins, qui voient l’école et les
services publics se dégrader ou carrément disparaitre ; et
de l’autre ceux qui ne cessent de s’enrichir, qui
surexploitent les travailleurs dans les entreprises, qui
spéculent sur les matières premières, en affamant les
peuples, n’hésitant pas à déclencher des guerres pour le
contrôle du pétrole, du gaz, de l’eau… « La guerre est un
investissement pour l’avenir » a dit Juppé pour justifier la
guerre contre la Libye !
En quelques semaines, les marchés financiers ont fait deux
coups de force pour mettre en place, en Grèce et en Italie,
des équipes gouvernementales prêtes à tout pour faire
payer la crise au peuple. Personne ne se plaindra de voir
partir Papandréou et Berlusconi, le premier un sociallibéral
qui a plié devant le diktat des marchés et l’autre, un
dirigeant de droite, populiste et grossier. Mais c’était aux
peuples de les « dégager ». En Grèce, le gouvernement
« d’union nationale » qui comprend le Pasok, la droite et
l’extrême droite, veut imposer de nouvelles mesures
d’austérité. Quant à l’Italie, c’est un ancien gérant de
Goldman Sachs, passé à la BCE, qui prend la direction des
affaires et qui annonce dans la foulée la mise en oeuvre des
plans d’austérité de son prédécesseur, en en ajoutant un
troisième encore plus draconien. Ces plans ont le soutien
de la « troïka » infernale : FMI-BCE-UE qui s’érige en
gouvernement international des marchés financiers et des
grandes puissances impérialistes.
Les banques continuent à faire des bénéfices, à commencer
par celles qui ont spéculé contre l’Irlande, la Grèce, l’Italie,
l’Espagne… et aujourd’hui, la France. Elles vendent à la
BCE les titres de dettes dites « souveraines » et annoncent
des centaines de suppressions d’emplois, pour « assainir »
leurs bilans. Elles sont un des rouages des marchés
financiers que les dirigeants de tous les pays capitalistes ne
cessent de vouloir « rassurer » en leur transférant toujours
plus de richesses prises sur notre dos.
Pour casser cette logique, pour réduire la capacité de
nuisance des marchés financiers, il faut nationaliser, sans
indemnisation, les banques, tous les groupes qui ont
spéculé avant, pendant et après la crise financière. C’est
une condition pour pouvoir mener une politique de rupture
avec ce système en bout de course, totalement parasitaire,
qui écrase les travailleurs et les peuples, détruit des
richesses humaines et matérielles pour continuer à enrichir
une minorité.
Sarkozy, toujours au service exclusif des banques, patrons et actionnaires
Le plan d’austérité que le gouvernement veut nous imposer
pèse quasi exclusivement sur les couches populaires,
accusées de « frauder » ! Les ministres développent le
discours lepénisé contre les immigrés, les « assistés » pour
essayer de regagner cet électorat.
Hollande a donné des gages à l’oligarchie en acceptant
l’austérité : il suit la voie de Papandréou et de Zapatero, ses
amis de l’internationale socialiste. Quant à EE-les Verts, ils
ont fait monter les enchères sur la question importante de
la sortie du nucléaire, pour finir par accepter une alliance
électorale avec le PS en contrepartie d’une représentation
plus forte au parlement.
Nous considérons que la sortie du nucléaire fait partie des
ruptures indispensables à réaliser. Mais cette décision ne
peut se prendre et être assumée que si la grande masse de
notre peuple en est convaincue, notamment les travailleurs
de cette filière. Sinon, Sarkozy et le lobby électronucléaire,
civil et militaire, auront beau jeu de faire le chantage à
l’emploi et à la hausse du coût de l’électricité. Nous, et
toutes les forces qui se battent pour la sortie du nucléaire,
nous avons tous les arguments pour mener ce travail
d’explication et convaincre.
Amplifier et renforcer la riposte ouvrière et populaire
La campagne électorale est dominée par la question de la
dette. Qui va la payer ? Comme le peuple grec, italien,
espagnol… , nous disons, « ce n’est pas notre dette », c’est
la dette des banquiers, des riches, des spéculateurs et des
actionnaires. « Nous ne la paierons pas ! ». C’est ce que les
ouvriers de PSA, de Saxby, de Fralib… font en se battant
contre les licenciements, les fermetures d’entreprises…
C’est ce que font les travailleurs et les travailleuses qui se
battent pour des augmentations de salaires.
C’est cela qu’il faut défendre et amplifier. C’est le combat
que nous menons avec le front de gauche.
Paris, 20 novembre 2011
Parti Communiste des Ouvriers de France
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