Blog de Médiapart 15 Décembre 2010 Par Maxime-Azadi

A ce témoignage, j'ajoute le mien, en tant que Michelle Meyer, présidente-fondatrice des Amis du Peuple Kurde.Pendant tout ma présidence de 1990 à 1996, l'Etat Turc traitait de terroriste, toute personne qui employait le mot Kurde, les rapports des députés européens étaient déboutés puisqu'ils parlaient des Kurdes donc de terroristes. Il est bon que les citoyens le sache et le Consulat de Turquie avait obtenu que je sois l'objet d'une surveillance rapprochée laquelle m'a été confirmée par une Conseillère Municipale de Madame Trautmann. J'avais avec elle un suivi en raison de l'appel que j'avais fait au Tribunal Administrtif de Strasbourg au titre de la Convention Européenne des Droits de l'Homme pour casser un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière d'une famille kurde. Même la CIMADE n'avait pas voulu prendre en charge l'affaire. Je considérais que l'applicztion d'une telle peine, c'était de la part de la France, une condamnation à mort par procuration. Cette surveillance faisait suite de la publication de mon livre sur le Kurdistan. Grande invalide, les services français de la DGSE ont dû dissuader le Consul de me soupçonner d'entraînement de sympathisants du PKK, parti nationaliste kurde, dit terroriste par excellence.

 

La Turquie abuse de son mandat auprès d’Interpol

 

« La Turquie utilise l'Interpol comme son organisation de police » a dénoncé l'avocat kurde Mahmud Sakar, une réaction qui intervient après la conférence des juristes déroulée à Bonn le week-end dernier. Un groupe de travail a été lancé pour la première fois afin de réagir contre les pratiques « abusives » et « politiques » de l'Interpol.

Deux groupes de travail ont été lancés contre les dispositifs internationaux qui tentent de criminaliser la communauté kurde, au cours de la conférence d'avocats et de juristes déroulée du 11 au 12 décembre à Bonn, en Allemagne. Le premier groupe envisage une lutte juridique et politique en vue de faire retirer le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, de la liste des organisations terroristes, crée en 2002 par l'Union européenne.

Le second groupe de travail souhaite ouvrir une brèche dans l'Interpol pour mettre fin à des pratiques « abusives ».

Havin Guneser, de l'Association pour la démocratie et le droit international (Maf-Dad) basée en Allemagne, dénonce les pratiques abusives de l'Interpol. « La Turquie abuse de son mandat auprès de l'Interpol contre les défenseurs des droits de l'homme » souligne Guneser.

Pour l'avocat kurde Mahmut Sakar, le vice-président de l'association Maf-Dad, « le problème principal est que le système juridique de l'Interpol soit inaccessible ». Les politiciens kurdes sont l'un des groupes les plus touchés par ce dispositif, indique l'avocat kurde.

Il y a deux voies, selon Sakar qui parle d'une stratégie des procédures de plaintes au niveau national et international. Pour Sakar, le problème vient de la Turquie. « La Turquie utilise l'Interpol comme son organisation de police alors que la Constitution d'Interpol lui interdit d'intervenir dans les affaires ne concernant qu'un pays membre, ou les crimes militaires, politiques, religieux ou raciaux. Mais les politiciens kurdes et plusieurs autres personnes qui ont des activités politiques pour les kurdes sont recherchés par ce dispositif. La Turquie pousse l'Interpol dans les affaires politiques » at-il dit.

L'Interpol est aujourd'hui devenu « un dispositif mondial des Etats-Unis contre le terrorisme » après les attentats du 11 septembre 2001, selon Sakar. Il n'y a aucune initiative individuelle réussie jusqu'ici contre l'Interpol, souligne Sakar et poursuit ; « Il faut également travailler avec les ONG et les medias pour mobiliser l'opinion publique, car ni la listes des organisations terroriste ni l'Interpol ne sont pas des dispositifs juridiques, mais politiques. Seule la lutte dans le domaine juridique n'a aucune chance de réussir. »