L'envoi d'armes aux opposants de Syrie : Une proposition dangereuse et réactionnaire de Hollande

 

Hollande et son ministre des affaires étrangères, Fabius, se sont lancés dans une campagne en faveur de l’envoi d’armes aux opposants au régime syrien. Ils ont le soutien du gouvernement Cameron, comme hier, quand la coalition franco-britannique est allée bombarder la Libye, avec l’appui de l’impérialisme US.

L’activisme guerrier des dirigeants français et britanniques ne fait pas l’unanimité au niveau des autres dirigeants de l’UE. Du coup, Hollande a annoncé que « La France prendra ses responsabilités » !

Quelles sont ces « responsabilités » ? Celle d’empêcher toute solution politique à la situation dramatique que vit le peuple syrien en « armant » les opposants ? Et quels opposants ?

L’expérience de la Libye ne sert-elle à rien ? Les bombes françaises et britanniques ont contribué à renverser militairement Kadhafi, sans « solution » politique autre que d’alimenter la guerre entre groupes armés et faire éclater le pays et déstabiliser davantage toute la région.

Il est clair que des militaires des « services spéciaux » français, mais aussi britanniques, nord-américains, etc. sont déjà sur le terrain, pour former certains groupes au maniement des armes. Mais la livraison officielle d’armements marquera un pas supplémentaire dans l’engagement des puissances impérialistes dans cette région stratégique, proches de l’Iran. L’Otan a déployé des missiles contrôlés par l’armée allemande et les bateaux de guerre US sont au large des côtes syriennes ; Israël pour sa part, a déjà mené des bombardements en territoire syrien.

Il n’y a pas de solution politique simple en Syrie : la population est divisée entre ceux qui soutiennent encore le régime et ceux qui veulent s’en débarrasser à tout prix. Et au sein de l’opposition au régime, les divisions ne sont pas moins fortes. Le régime continue ses bombardements indiscriminés des villes qu’il ne contrôle plus et les groupes djihadistes veulent prendre la direction de l’opposition militaire au régime, en écartant et en combattant les formations qui ne partagent pas leurs options politiques et religieuses.

Mais l’envoi d’armes ne fera que compliquer encore cette situation et ouvre la porte à une intervention accrue des puissances impérialistes, qui voudront « contrôler » les armes livrées.

En se faisant le partisan le plus décidé de cette option, Hollande engage notre pays dans une spirale dangereuse, qui ne fera « qu’ajouter la guerre à la guerre ».

C’est pourquoi, nous y sommes opposés.

 

Parti Communiste des Ouvriers de France
pcof@pcof.net – www.pcof.netParis, 26 mars 2012