Ces derniers jours, l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL) et le front Al-Nusra, groupes djihadistes proches d’Al-Qaïda, font régner la terreur dans des bourgades à majorité kurde de la région d’Alep. Depuis le 31 juillet, au moins 450 personnes, dont de nombreux enfants, ont été massacrées et près de 350 autres ont été enlevées.  

 

Dans le même temps, des imams prêcheurs de haine édictent des fatwas appelant à violer les femmes kurdes et à piller les biens des Kurdes. Pour échapper aux massacres, les quelques 40 000 Kurdes de la région tentent de fuir afin de gagner les zones du Kurdistan de Syrie sécurisées par les Forces de Défense du Peuple (YPG). Les zones d'habitation kurdes à Alep continuent en effet d'être assiégées par ces groupes djihadistes soutenus par l'Armée Syrienne Libre (ASL), ce qui laisse craindre de nouveaux massacres.

 

Ces massacres interviennent après une réunion organisée à Antep par les autorités turques, à laquelle 70 commandants militaires de l'ASL ont pris part. Au cours de la réunion, le Commandant militaire de l'ASL dans la région d'Alep, Abduljabbar el-Akidi, aurait déclaré qu’il était temps « d'annihiler les Kurdes ».

 

Depuis le début de la guerre en Syrie, les Kurdes défendent une troisième voie, condamnant les exactions commises par les forces gouvernementales ainsi que celles de l'ASL, et essayant de mettre leur territoire à l'abri des violences. Ils ont cependant dû se défendre contre les attaques successives menées par les deux camps.

 

Ces derniers temps, les YPG ont fait subir de lourdes défaites aux groupes islamistes proches d'Al-Qaïda, notamment à Serêkaniyê (Ras al-Ayn), ville kurde frontalière avec la Turquie. En représailles, ces derniers commettent des crimes atroces contre les populations kurdes qui se trouvent dans la région d’Alep, en dehors des territoires contrôlés par le YPG.

 

Dans le même temps, la Turquie, qui organise, finance et arme ces groupes djihadistes, bloque à la frontière syrienne l'aide humanitaire recueillie par les Kurdes et réprime les manifestations organisées par le BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie, pro-kurde) en soutien aux Kurdes de Syrie.

 

Dans ce contexte, la coalition des partis kurdes de Syrie, le Haut Conseil Kurde, a appelé à la mobilisation générale et au soutien des Etats occidentaux.

 

Cependant, malgré l'horreur des crimes commis contre les Kurdes, les médias et la communauté internationale gardent un silence assourdissant.

 

Nous condamnons ces massacres et appelons la France et l'Union Européenne à :

 

condamner les massacres commis contre les civils kurdes en Syrie,

 

cesser de fournir des armes aux groupes djihadistes,

 

soutenir le combat des Kurdes contre les groupes djihadistes.

 

 

 

                                    Fédération des Associations Kurdes de France (FEYKA), le 5 août 2013