26 juin 2009
La dictature constitutionnelle en 12 étapes
Ou comment passer de la démocratie à la dictature en 12 étapes. A vous d’estimer à quel point nous en sommes rendus en vous basant sur des exemples que vous pouvez voir ou lire dans les journaux au quotidien…
La dictature constitutionnelle a pour objectif de mettre les ressources et les richesses d’un pays à la disposition d’un groupe d’individus restreint (oligarchie), au détriment de l’ensemble de la nation.
La dictature constitutionnelle utilise les institutions publiques (administration, justice, investisseurs institutionnels, médias…) en les mettant sous tutelle et en les détournant de leurs fonctions premières pour les mettre au service de cette oligarchie. C’est pour cela que la dictature constitutionnelle est dans un premier temps difficilement attaquable : elle reste dans le cadre de la loi, mais en la détournant de son esprit pour n’en retenir que la lettre, ce qui rend vain ou hypothétique toute poursuite. Les lois existantes sont complétées ou remplacées par d’autres lois plus favorables aux intérêts des oligarques.
La dictature constitutionnelle s’appuie également sur le réseau de médias des oligarques. Ceux-ci, bien qu’ayant des activités industrielles dans différents secteurs, contrôlent la quasi-totalité des médias privés, non pas uniquement pour gagner de l’argent, mais surtout pour ne pas laisser de place à un discours qui risquerait de remettre en cause la dictature constitutionnelle. Tout discours différent est aussitôt ridiculisé par l’ensemble des ténors du pouvoir en place. Par un martèlement du discours officiel permanent et étendu à tous les médias, l’individu finit par douter de ses propres pensées et n’ose plus remettre en question le discours universel de la dictature constitutionnelle. Profitant d’une couverture médiatique universelle, la dictature constitutionnelle peut mentir à tout instant, en toute occasion, et à tout propos, sans risquer d’être contredite. Les médias reprennent même les contre-vérités les plus grossières au premier degré, sans oser le moindre commentaire.
La dictature constitutionnelle s’attache à dissoudre, décrédibiliser ou à rendre impuissants tous les corps intermédiaires et de manière générale tout ce qui peut créer du lien social. L’individu doit se retrouver seul et isolé face au pouvoir.
La dictature officielle s’emploie à désespérer les individus. Toute possibilité d’amélioration des conditions de vie est présentée comme impossible. La dictature constitutionnelle présente la réussite des oligarques comme étant de leur seul fait personnel. Elle présente l’échec social des individus et leur incapacité à améliorer leur niveau de vie comme étant de leur seul fait, alors que tout est mis en oeuvre, à tous les étages de la société, pour transférer les richesses des individus vers les oligarques.
La crise n’est pas un accident dans l’histoire de la dictature constitutionnelle, elle est pour les pays les plus avancés dans cette voie une étape franchie dans le transfert des richesses des individus vers les oligarques. Après avoir capté le maximum d’argent possible et avoir poussé les individus à s’endetter à long terme au delà de ce qu’ils pouvaient payer, les oligarques doivent passer à un stade supérieur pour continuer à s’enrichir. Les oligarques vont maintenant accélérer la captation des richesses des états, et pousser les états à s’endetter à long terme au delà de ce qu’ils peuvent payer, de façon à pouvoir profiter de cet argent sous forme de subventions diverses, de prêts, de défiscalisation, d’exonérations de charges, de baisse de TVA, etc.
Pour favoriser le transfert des ressources de l’état vers les oligarques, les dépenses des états doivent être réduites en supprimant les fonctionnaires et les services de l’état non indispensables à la conservation du pouvoir.
La dictature constitutionnelle crée de façon délibérée une stratégie de la tension sociale, en ne laissant à ses adversaires d’autres choix que l’humiliation ou la violence. En stigmatisant, criminalisant et manipulant la violence résiduelle, la dictature constitutionnelle peut ensuite légitimer un contrôle renforcé des individus et une réduction progressive des libertés. Cette stratégie est destinée à anticiper les risques de rébellion liés à la montée généralisée de la pauvreté, et aux noyaux de contestation qui ne manqueront pas de se créer devant le désespoir grandissant. En généralisant la violence policière et en la présentant comme normale (multiplication des gardes à vue et des procédures humiliantes, des coups, des bavures), en durcissant les peines de prison et les amendes on cherche également à faire peur aux individus, qui n’oseront plus se rebeller, de peur d’avoir affaire à une justice brutale et injuste.
Le tout numérique permet un fichage de toute la population et un contrôle généralisé de toutes les conversations téléphoniques, SMS, emails, sites internet. Tous les membres d’organisations hostiles au pouvoir sont filmés en détail par la police lors des manifestations. Il deviendra obligatoire d’installer un mouchard sur son ordinateur qui sera relié en direct et en permanence au pouvoir central. Toutes les procédures pénales possibles seront utilisées systématiquement pour décourager les individus ou organisations d’exprimer par quelque moyen que ce soit des idées contraires à celles de la dictature constitutionnelle, ou de mettre en cause l’un de ses responsables.
La dictature constitutionnelle, avec la complicité de ses médias relais, utilise ou crée en permanence des évènements pour faire diversion, empêcher que l’attention des individus se cristallise sur leur mécontentement personnel, et différer éternellement toute résolution possible des problèmes sociaux. Ces évènements renforcent et légitiment le rôle de la dictature constitutionnelle comme unique rempart entre l’individu et un monde extérieur caricaturé jusqu’à la paranoïa, d’où ne ressortent plus que des dangers potentiels.
Evènements positifs où la dictature est mise en valeur : sommets interna-tionaux, visites du chef de l’état à l’étranger ou en province, mariages présidentiels ou oligarchiques, manifestations culturelles, vacances, interviews complaisantes, etc.
Evènements négatifs extérieurs à la responsabilité de la dictature et contre lesquels elle doit lutter en permanence : crise économique, insécurité, bandes, famines, épidémies, terrorisme, guerres, drogue, mafia, etc.Quand le transfert intérieur des richesses est en passe d’être achevé et que la contestation ne peut plus être contenue par le contrôle policier, c’est alors à l’armée de prendre le contrôle du pays et d’éliminer durablement et de la façon la plus directe toute résistance. La dictature constitutionnelle rejoint alors toutes les dictatures du monde, mais nombreuses seront encore à ce moment les personnes qui penseront que ce qui est arrivé devait arriver,et qu’il n’y avait pas eu, à aucun moment, la possibilité de faire autrement.
Après avoir écrasé toute résistance intérieure et exploité toutes les ressources du pays, pour continuer à augmenter la richesse des oligarques, la dictature constitutionnelle se tournera alors inévitablement vers l’annexion d’autres états moins puissants militairement, de façon à s’en approprier les richesses.
Christophe Certain se réclame de ce texte J'ai pris le point de départ sur le site MCM, je ne connaissais pas le blog Ruminances. Je suis malvoyante et n'arrive pas à lire les textes sur blog. Pour moi, l'important est de donner des textes pour réfléchir. D'autres m'ont cité le livre de Jean Ziegler, d'autres encore un colloque aux U.S.A que je ne connaissais pas davantage. Je reçois des documents en nombre, je les parcours et ne peux tous les conserver.
Pour connaître les livres de l'auteur de ce blog : Google recherche de livres Michelle MEYER
Pour commandes et informations, PROSPECTIVE21 28 rue Salluste 67200 Strasbourg
15 mai 2009
AVEC LA CRISE, REFLEXIONS SUR L'APRES-CAPITALISME
Le
mouvement anti OTAN d’avril 2009 Il se doit de fleurir en vision politique,
laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de
projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par
nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel
pouvoir ne résoudrait vraiment aucun des problèmes, il nous permettrait à tout
le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les
traiter enfin plutôt que d’acquiescer aux sous-traitances.
Les
ghettos, qui germent ici où là, est une petite question qu’une responsabilité
politique endogène peut régler. Celle de la protection de nos terres contre de
grands travaux, des implantations nucléaires, des pollutions industrielles…
aussi. Celle de l’accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d’une
autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève
largement...
Le
déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l’autre,
confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute
nécessité. C’est dans l’irresponsabilité collective que se nichent les blocages
persistants dans les négociations actuelles. Et c’est dans la responsabilité
que se trouve l’invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver
des solutions endogènes praticables. C’est dans la responsabilité que l’échec
ou l’impuissance devient un lieu d’expérience véritable et de maturation. C’est
en responsabilité que l’on tend plus rapidement et plus positivement vers ce
qui relève de l’essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou
dans les analyses.
Ensuite,
il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable
des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est
inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s’est étendu à
l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion. Ils sont aussi
enchâssés dans une absurdité capitalistique mondial qui nous a détournés de
notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles,
pour nous livrer aux modes décidées par la grande distribution. C’est comme si
la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses
produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres.
Négocier dans ce cadre absurde avec l’insondable chaîne des opérateurs et des
intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l’immédiat ;
mais l’illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe
du "Marché" et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités,
(donc de profits nourries par " l’esprit de marché " et régulées par
la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions
opportunistes ne sauraient endiguer.
VICTIMES
D’UN SYSTÈME FLOU, GLOBALISÉ
Il y a
donc une haute nécessité à nous vivre régionnalistes dans nos imports-exports
vitaux, à nous penser européen pour la satisfaction de nos nécessités, de notre
autosuffisance énergétique et alimentaire. L’autre très haute nécessité est
ensuite de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme
contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un
dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une
société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle
serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; emploi, salaire,
consommation et production seront des lieux de création de soi et de
parachèvement de l’humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui
est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à
son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables
"producteurs" – chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres
socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d’un
sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire
politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps
différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous
faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et
producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible,
cette haute nécessité qu’il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie,
et sa propre vie, dans l’élévation constante vers le plus noble et le plus
exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et
la vie, dans toute l’ampleur du poétique.
On
peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.
On
peut renvoyer les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le
tout automobile.
On
peut endiguer les agences de l’eau, leurs prix exorbitants, en considérant la
moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à
utiliser comme on le ferait des derniers vestiges d’un trésor qui appartient à
tous.
On ne
peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du
prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de
ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd’hui (banques, firmes
transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie
mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.
Enfin,
sur la question des salaires et de l’emploi. Là aussi il nous faut déterminer
la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à
mesure qu’il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence
directe de la diminution de son besoin de main d’œuvre. Quand il délocalise, ce
n’est pas dans la recherche d’une main d’œuvre abondante, mais dans le souci
d’un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale
dégage des profits qui vont de suite au grand jeu casino de la finance.
Réclamer une augmentation de salaire conséquente n’est donc en rien
illégitime : c’est le début d’une équité qui doit se faire mondiale.
Quant
à l’idée du "plein emploi", elle nous a été clouée dans l’imaginaire
par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui
l’ont accompagnée. Le travail à l’origine était inscrit dans un système
symbolique et sacré (d’ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait
les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens
créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu’il devenait, au détriment de
tout le reste, tout à la fois un simple "emploi", et l’unique colonne
vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute
signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s’est mis à
n’ouvrir qu’à la consommation.
Nous
sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail
au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu’il redevienne un lieu
d’accomplissement, d’invention sociale et de construction de soi, ou alors
qu’il en soit un outil secondaire parmi d’autres. Il y a des myriades de
compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se
trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans
barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons
débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la
sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la
valeur-travail en une sorte d’arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire
jusqu’à l’équation d’une activité à haute incandescence créatrice. Le plein
emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s’envisagera dans ce
qu’il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps
mort, en ce qu’il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux
plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s’envisagera
en "tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue". Il y
aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à
rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l’ennui, qui installe en
musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant,
de la philosophie, de l’étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre
à création, à la créaconsommation. En valeur poétique, il n’existe ni chômage
ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation,
mais du possible à l’infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En
valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.
Voici
ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à
leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce
qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l’imaginaire, une
stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous. Que ce
principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique,
la danse, les arts visuels, l’artisanat, la culture et l’agriculture... Qu’il
soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des
universités et de tous les lieux de connaissance et de formation... Qu’il ouvre
à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu’il
favorise tout ce qui permet d’entrer en Relation (rencontres, contacts,
coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités
imprévisibles du Tout-Monde... C’est le gratuit en son principe qui permettra
aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l’ampleur des
exceptions. C’est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des
échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite
ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire...
C’est le gratuit en son principe qui devrait s’installer aux fondements de nos
sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...
NOUS
APPELONS À UNE HAUTE POLITIQUE, À UN ART POLITIQUE
Projetons
nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu’à ce que la force du bien du
vivre-ensemble, ne soit plus un "panier de ménagère", mais le souci
démultiplié d’une plénitude de l’idée de l’humain.
Imaginons
ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés
alsacienne, bretonne, occitane, catalane, basque, corse… prenant leur part
souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde
écologiquement nouveau.
Profitons
de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent,
prolongent et s’ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces
nations qui sont les nôtres.
Nous
appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion
des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du
"Marché", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce
qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l’instrumentalisant de
la manière la plus étroite.
Nous
appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l’individu, sa
relation à l’Autre, au centre d’un projet commun où règne ce que la vie a de
plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à
la beauté.
En
nous débarrassant des archaïsmes centralisateur, de la dépendance et de
l’assistanat, en nous inscrivant résolument dans l’épanouissement écologique de
nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le
système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du
post-capitalisme et d’un rapport écologique global aux équilibres de la
planète...
Alsace,
petite région, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immense d’être le
premier exemple de société post-capitaliste, capable de mettre en œuvre un
épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant...
11 avril 2009
L'OTAN UNE MENACE. A SRASBOURG LA REPRESSION
Où qu’elle aille, l’Otan crée des menaces. C'est son fond de
commerce. Que ce soit en Afghanistan ou à Strasbourg, la présence
militaire étrangère provoque la rébellion violente, surtout de la part
de jeunes gens qui veulent relever le défi. Leur rébellion sert à
justifier une augmentation de violence répressive. Et ainsi de suite…
6 avril 2009

Ce cycle était visible samedi le 4 avril à Strasbourg, où plusieurs milliers de policiers et un petit nombre de casseurs du Black Block ont volé la vedette à ce qui aurait dû être le début d’un nouveau mouvement de masse européen contre l’Otan. La manifestation pacifiste fut écrasée et désintégrée par la police en armes, pendant que des jeunes aux capuchons noirs jetaient des pierres, cassaient des vitres et mettaient le feu aux bâtiments.
Provocateurs contre provocateurs
Dans ce cycle de provocation, il n’y a aucun doute que c'est l'Otan qui a commencé. La célébration ostentatoire du 60ème anniversaire de l’Alliance tenue dans trois villes du Rhin, Strasbourg, Kehl et Baden Baden ce jour-là, constituait une insulte aux citoyens. Après tout, si les dirigeants de "l’Occident démocratique" sont tellement appréciés, pourquoi faut-il transformer les villes qui les reçoivent en forteresses assiégées pour les accueillir? Si les Européens bénéficient de la protection de l’Otan, pourquoi les tenir à distance de leur bienfaiteurs ? Mais bien sûr l’Otan n’est pas une force de défense. Depuis l’agression contre la Serbie il y dix ans jusqu’au bourbier afghan aujourd’hui, l’Otan se transforme progressivement en force expéditionnaire destinée aux interventions lointaines. Les mesures de sécurité draconiennes appliquées à trois villes européennes plutôt conservatrices, enfermant les habitants dans leurs domiciles, ressemblaient à une occupation étrangère. Malgré la grande – mais peut-être passagère – popularité d’Obama, le sommet de l’Otan a illustré l’écart qui se creuse entre les peuples et leurs dirigeants politiques. Grand « communicateur », le Président des Etats-Unis s’est efforcé de persuader les Européens qu’ils sont encore plus menacés par Osama bin Laden et Al Qaeda que les Américains, et doivent donc payer leur tribut en impôts et en soldats pour éliminer cette menace quelque part en Afghanistan, si ce n’est au Pakistan ou ailleurs. Les médias européens ont pu distraire le public de cette notion saugrenue en dirigeant l’attention vers la tenue vestimentaire de Michelle Obama. Mais, entre temps, des dizaines de milliers de citoyens européens se dirigeaient vers Strasbourg dans l’espoir de manifester leur désaccord. Ils avaient des arguments à faire entendre. Ils ont fini étouffés par des nuages de gaz lacrimogènes, et ont été traités comme des bêtes.
La responsabilité du fiasco
La responsabilité de ce fiasco est partagée. De loin les plus responsables sont les forces de l'ordre qui ne cessent de durcir leurs modes de répression partout en Europe. Sous le regard des hélicoptères, les divers policiers, gendarmes et CRS pratiquent la technique d’origine anglaise de « kettling » qui consiste à diviser et à enfermer les manifestants à l’intérieur de petits espaces séparés, parfois entourés de barrières métalliques. Il s’agit de traiter les êtres humains comme du bétail. Plus de dix mille policiers ont employé un arsenal d’armes anti-personnelles contre un nombre comparable de manifestants sans défense. Des gaz lacrimogènes, des balles en caouchouc et des armes à « son et lumière » ont d’abord mis fin aux discours avant d’égarer les manifestant dispersés et désorientés. Tout cela a fini dans un chaos total.
Ce fut le résultat recherché. Mais une part de responsabilité incombe aux organisateurs, si on peut utiliser ce mot pour un événement où l’organisation faisait à ce point défaut. La manifestation anti-Otan du 4 avril était organisée par un collectif de groupes de militants français dont aucun n’avait l’autorité pour imposer un plan cohérent. Ainsi, le doyen de ces groupes, le Mouvement de la Paix, a fini par exercer la plus grande influence sur les décisions, notamment celle d’accepter le choix du site pour le rassemblement offert par la Préfecture. Au lieu de pouvoir se rassembler sur une place publique et de défiler dans les rues de Strasbourg sous les fenêtres des habitants, avec leurs banderolles, leurs slogans et leur théâtre de rue, les manifestants furent exilés sur une île périphérique entre le Rhin et un grand canal dans une zone industrielle. Les deux seuls ponts permettant l’accès du côté français étaient faciles à bloquer pour les forces d’ordre. Il suffit de regarder un plan pour voir qu’il s’agissaitt d’un piège, et, sur le terrain, le dénivellement rendait celui-ci pire encore. Situé à quelques huit kilomètres de la gare, un jour où tout transport public était supprimé, le site était difficile à atteindre. De plus, le point de rassemblement et le parcours imposé était quasi invisible au public. Bref, les manifestants étaient coupés de toute communication avec le public. Et la souricière donnait l’avantage à la police pour exercer ses méthodes de répression. Pourtant les organisateurs ont accepté ce site inacceptable – sans même fournir un service d’ordre pour guider et essayer de protéger les manifestants.
Il est vrai qu’en échange, la Préfecture avait fait
certaines promesses – non tenues. Les ponts et les rues qui devaient
rester ouverts pour permettre aux manifestants de joindre le
rassemblement sur l’île se trouvaient bloqués de façon imprévisible
par la police, provoquant les premières échauffourées. Curieusement,
plusieurs milliers de manifestant pacifistes furent bloqués sur la
rive allemande du Rhin, sans jamais pouvoir rejoindre le
rassemblement, tandis que des Black Block allemands y parvenaient. En
général, la police a traité les pacifistes comme l’ennemi dans une
guerre civile, sans protéger les personnes ou les biens de la minorité
violente.
Le rassemblement, tenu dans un creux sur l’île, était
perturbé par le spectacle d’un hôtel voisin consumé par les flammes.
Les haut-parleurs cédaient au bruit des hélicoptères. Le défilé
programmé n’a jamais pu se faire. Des manifestants désorientés étaient
abandonnés à eux-mêmes lorsqu’ils tentaient d’échapper aux gaz
lacrimogènes à travers un labyrinthe de contrôles policiers.
Le Black Block
Les pacifistes ne pouvaient concurrencer les
casseurs du Black Block, pourtant beaucoup moins nombreux.
Contrairement aux pacifistes, ils paraissent, sur les vidéos, comme
étant maîtres de leur propre jeu, en combat avec la police. Il est
probable qu’ils en éprouvent fierté et satisfaction.
Après le
désastre de Strasbourg, il est clair que, pour survivre et se
développer, le mouvement anti-Otan doit faire face à trois problèmes :
ses propres faiblesses organisationnelles, la répression policière et
le Black Block.
Question fréquente : les casseurs du Black Block
sont-ils des provocateurs travaillant pour la police ? Incapable
d’enquêter sérieusement sur cette question, ma propre réponse
intuitive est : subjectivement non, mais objectivement oui. Ils ne
peuvent pas tous être des policiers en capuchon noir. La plupart
croient sans doute qu’ils sont en train de « combattre le capitalisme
», comme ils le proclament. Mais objectivement ils arrivent à
justifier cette même répression policière qu’ils combattent avec tant
d’élan.

Errare humanum est. Les mauvaises intentions fleurissent, mais les erreurs sont encore plus courantes. Un mouvement intelligent contre l’Otan doit essayer d’appliquer l’alternative à la guerre – l’argumentation rationnelle – en toutes circonstances. Nous devons débattre avec les gens qui se trompent sur l’Otan, pour expliquer sa nocivité. Et nous devons débattre avec ceux du Black Block, pour signaler ce qui ne va pas dans leur forme de protestation.
Comment entamer un tel dialogue n’est pas évident. En faisant l’hypothèse que les participants aux actions du Black Block ne sont pas tous des policiers déguisés, j’inviterais, si j’en avais les moyens, ceux qui sont sincères à prendre en considération plusieurs idées.
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Les combattants du Black Block devraient mettre en question leurs propres motivations. Tout au long de l’histoire, de jeunes gens s’amusent à se mettre en bandes pour combattre un ennemi. La testosterone et l’adrénaline ne sont pas des arguments politiques. Mais ce sont des stimulants très efficaces quand il s’agit de lancer des projectiles contre l’adversaire. Les combattants de rue se sentent facilement victorieux et supérieurs face aux phalanges de flics casqués qui paraissent bien lâches dans ce contexte. Les casseurs sont victorieux dans le match du machisme, mais à quoi bon, si ce n'est à flatter leur orgueil ?
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Les combattants du Black Block devraient surtout penser à l’effet de leurs actions sur la masse des citoyens, qui peuvent être indécis politiquement. L’Otan et les forces de l’ordre profitent du sentiment d’insécurité des citoyens. Les actions du Black Block attisent ce sentiment.
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Les combattants du Black Block devraient évaluer l’impact désastreux de leurs activités sur d’autres formes de protestation publique. Avec la police, ils vident les rues des manifestations de masse.
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Les combattants du Black Block devraient réfléchir sur la facilité avec laquelle ils sont exploités par leur ennemi. D’une part, quoi qu’ils en pensent, ils sont certainement infiltrés par des agents. Et ils doivent se demander pourquoi certains d’entre eux ont pu casser les vitres de l’Hôtel Ibis sur l'île du Rhin à Strasbourg, puis y mettre le feu de façon méthodique, sans la moindre intervention policière. De plus, cet incendie impressionnant dévora l’hôtel pendant plus d’une heure avant l’arrivée des pompiers. Ce spectacle servit parfaitement à faire peur aux manifestants et à hâter leur dispersion, mais surtout à remplir les écrans de télévision avec la preuve que « les manifestants sèment la destruction ». Les autorités ont cité l’incendie comme justifiant leurs mesures policières (pourtant parfaitement inutile dans ce cas précis). Et pourquoi mettre le feu à un hôtel Ibis, alors qu’il y en a huit à Strasbourg, celui-ci étant probablement le moins rentable ? Et quels moyens semi-professionnels étaient nécessaires pour cette action de pyromane ? Et pourquoi mettre également le feu à une pharmacie qui servait les résidents plutôt modestes de ce quartier déshérité ? Quel message politique exprime-t-on ainsi ?
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Bref, les militants du Black Block, quel que soit leur âge, doivent quitter l’adolescence attardée et se rendre compte que le combat contre les pouvoirs injustes commence par la pensée, la raison, les faits et les arguments. Jouer avec la violence c'est jouer sur le seul terrain où ils sont les plus forts, c’est jouer leur jeu. L’action du style d’Intifada peut être le seul recours pour des Palestiniens désespérés, mais, en Europe, il existe encore d’autres moyens d’opposition politique. Il faut les inventer, les explorer, les développer.
Que faire?
L’année 2008 fut un vrai tournant, avec deux événements de très grande portée qui changent, petit à petit, la vision du monde que peuvent avoir la plupat des gens : l’effondrement financier, et l’attaque israélienne contre Gaza. Les répercussions s'en feront de plus en plus sentir. Elles préparent le terrain pour l’opposition massive des peuples aux puissances financières et militaires qui dirigent l’Occident et qui s’efforcent toujours, à travers l’Otan en particulier, d'imposer leur domination au monde entier. Il y a des indices que le pouvoir reconnaît le danger et prépare des technologies de répression pour contrer les révoltes à venir. Il est urgent de fournir des alternatives politiques en termes de programmes et d’organisation. Si les manifestations de masse sont vulnérables à la répression policière et aux casseurs, il faut inventer d’autres moyens plus variés et plus flexibles pour communiquer les uns avec les autres afin d' élargir un mouvement cohérent capable de combattre la militarisation de la société et de construire une économie centrée sur les véritables besoins des êtres humains. En tout cas, toute manifestion future contre l’Otan doit se doter de son propre service d’ordre. On ne peut pas mélanger des manifestants pacifiques avec les casseurs qui cherchent ce que cherche la police : les combats violents.
08 avril 2009
Temoingnages sur la manif antiotan 4 avril Strasbourg
Ces témoignages ont été produits dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace". Ceux que j'ai pu recueillir sont de même calibre et pire...
"Mets-en une dans la tronche... ouais, mets leur dans la gueule". Non ce n’est pas un hooligan, un sauvageon de banlieue ou encore un "black bloc" qui nous offre cette phrase, c’est un CRS . Pourrait-on seulement espérer que ce genre de commentaire puisse être suivi de conséquences plus ou moins néfastes pour le CRS qui l’a prononcé ? Ne serait-il pourtant pas très facile de retrouver le "coupable" quand on utilise des dizaines d’hélicoptères pour surveiller des manifestants ?
Aujourd’hui, j’ai vu un CRS s’adresser à un homme qui passait à côté de lui : "T’as vraiment une gueule de pédé, toi". Même si le destinataire de l’invective était coupable de quelque chose (ce qui n’était pas le cas), un représentant des forces de l’ordre ne devrait même pas penser à tenir de tels propos.
"Là-bas les gars Black Bloc", dit un CRS. Apparemment, les personnes qu’ils désignaient sont très peu nombreuses, leurs seuls habits noirs ne suffisent bien sûr pas à justifier leur appartenance au prétendu Black Bloc. Évidemment, l’image est rapide, je me trompe peut-être... Mais pour ma part, je ne considère pas qu’il y ait eut de réel Black Bloc à Strasbourg : il suffit de regarder les Black Blocs d’autres contre-sommets pour comprendre la différence... Si le Black Bloc existe, c’est dans nos têtes : il existe avant tout et surtout parce qu’on en parle. Lors d’un contrôle de police, un CRS qui jouait la carte de la provocation m’a démontré qu’à cause de mon T-shirt foncé et de mon écharpe, je pouvais très facilement être "un black bloc" (comme si je pouvais former un bloc à moi tout seul), dans ce cas-là, on suspecte tout le monde d’être un traître à la raison d’État et on retourne sous Staline.
Dernier petit commentaire : lors des affrontements que l’on voit rapidement, j’ai très clairement vu (et un ami également) des CRS ramasser des pierres pour les lancer sur des manifestants. Inutile de commenter un tel acte, ainsi que les dangers qu’il représente.
Je reviens de la manifestation. Je dénonce d’abord bien entendu ces casseurs. Leur tête de mort sur fond noir n’a RIEN de commun avec notre drapeau de paix multicolore. Objectivement, ils servent l’OTAN et sont porteurs de haine et de malheur au même titre que les troupes de l’OTAN dans beaucoup de pays.
Ceci dit, la police fut en dessous de tout cet après-midi. Elle aurait voulu que cette manif dégénère comme ce fut le cas qu’"elle n’aurait pas fait autrement.
Les faits d’abord :
1- Coté français, sur le grand parking du jardin des 2 rives nous attendions nos amis allemands.
2- La police a juste laissé passé....les casseurs allemands, interdisant ensuite aux pacifistes de passer, ...a cause des dégâts faits par les casseurs qu’ils venaient de laisser passer (no comment)
3- On nous a fait quitter le parking non pas par l’entrée principale mais sous un pont de chemin de fer étroit en bout de parking.
4- J’étais en fin de cortège : un cortège de voitures de CRS arrive en contresens et veut passer sous le pont, à travers la manifestation ! avec au-dessus, sur le pont, des casseurs ayant a leur disposition les pierres du ballast.
5- Ces casseurs se moquaient bien que nous, manifestants pacifistes, qui étions sous le pont à laisser passer les camions de police : ils lançait des caillasses tout ce qu’ils pouvaient. Nous avons essayé de rebrousser chemin mais à l’arrière de la manif, des CRS, à pied, nous tiraient dessus avec des lacrymogènes
6- Nous avons donc dû escalader sur les cotés pour pouvoir nous échapper tant bien que mal, les casseurs en haut sur le ballast n’étant pas plus inquiété que cela.
7- Je ne parle pas des hélicoptères de la police qui en début du meeting au-dessus de nos têtes ont couvert les discours des députés européens venus nous soutenir. Le journaliste de Alsatic TV, agressé par les casseurs, a lui même témoigné de ces provocations policières qui n’ont rien arrangé.
Ce que j’en pense....
8-Police et casseurs : complices contre les pacifistes.
9-Nous connaissions les forts risques de problème de cette manifestation. Mais où est la démocratie si nous ne pouvons plus nous rassembler pour dire haut et fort que l’OTAN, c’est tout sauf la paix ?
10- Comme j’ai pu le lire dans un édito des DNA ce dimanche 5 avril : personne ne demande à notre démocratie d’être "bonne fille" ( ?!). Dans une démocratie digne de ce nom : l’Etat doit être capable de :
- permettre aux gens qui le souhaitent de s’exprimer : en l’occurrence les manifestants anti-otan - punir les casseurs qui portent atteinte à nos droits à tous et détruisent impunément. Mais peut-être cela arrange-t-il bien notre gouvernement de vouloir semer la confusion des genres ?
Le récit de la manifestation
Question : Pourquoi les hélicoptères de la police ont-ils perturbé la mise
en place de la manifestation ? Pourquoi le vol stationnaire d’un engin à
la verticale de la scène interdisant pratiquement tous les discours ?
Pourquoi l’arrosage de la place de gaz lacrymogène à partir des hélicos
provocant une débandade et un départ précipité de la manifestation pacifique
jusqu’à la souricière route du Rhin ? A cet endroit l’attaque de l’arrière
de la manifestation par les "troupes" au sol et les hélicos a
provoqué un mouvement de panique d’autant que les "troupes" au sol
attaquait la tête de la manifestation, arrêtée à la demande des forces de
l’ordre. Le lieu était idéal aucune possibilité de s’échapper, pas de rue
adjacente, pas de lieu où se réfugier, une vraie souricière...
Autre question très grave, pourquoi les hélicos qui étaient en vol stationnaire au-dessus des casseurs ne sont intervenus qu’après que les incendies soient déclarés et ne soient plus maîtrisables ? Pourquoi avoir laissé tout leur temps aux incendiaires qui après avoir mis le feu aux douanes sont descendus tranquillement mettre le feu à l’hôtel, la pharmacie, la station service et la chapelle. Pourquoi avoir attendu que les incendies soient bien pris pour ensuite arroser de gaz la manifestation qui était à des centaines de mètres des lieux incendiés ? Pourquoi ne pas intervenir immédiatement avant la mise a feu alors que les incendiaires étaient isolés et loin de la manifestation ? La conclusion est claire : les incendies ont servi de prétexte pour isoler la manifestation pacifique côté Allemand et l’empêcher de rejoindre la manif pacifique côté français. Les incendies permettent de jeter le discrédit sur une manif qui rejoint le sentiment profond de beaucoup de Français. Une fois de plus les casseurs ont été de précieux "complices" ou "auxiliaires" des forces "dites" de l’ordre et de leur hiérarchie jusqu’au Président de la république
patrice1
Le récit de la manifestation en vidéo
Personnellement, je me pose plusieurs questions :
Premièrement, je pense que un certain nombre de ces "black blocks" sont connus des services de police. Pourquoi n’ont ils pas été interdits de séjour durant le sommet ??
Deuxièmement, où trouve-t-on la cause d’une telle couverture de ces évènements tragiques ??
Troisièmement, ces évènements sont-ils la cause ou la conséquence de cette couverture ??
Quatrièmement, pourquoi les revendications des anti-otan pacifistes n’ont-elles pas été mieux relayées par les médias ?? Je me demande si les médias ne donnent pas la priorité aux actes de vandalisme qui, rappelons-le, émanent toujours d’une minorité dans les groupes.
Cinquièmement, je suis vraiment dégoûté que les médias nationaux ne parlent de Strasbourg quasiment que lorsque il y a de la casse alors que cette ville regorge de richesses et de savoir-faire !!!
Sixièmement, je crois que notre cher gouvernement trouve malheureusement sa pitance dans ces violences afin de justifier des actions souvent discutables, d’organiser un faux débat sur celles-ci et de passer sous silence les terrifiantes réformes en cours.
Bref....M _ _ _ E !!!
6. dimanche 5 avril 2009 à 10:56, par bruno1
Le récit de la manifestation en vidéo
Eh bien, je vais faire, moi aussi, mon récit de ma journée.
Apprenant, tôt le matin, que le Préfet avait décidé, comme nous le craignons, de bloquer l’ensemble du réseau CTS sur toute la CUS, ce qui, je le trouve, est tout à fait inadmissible, et ayant rendez-vous à midi au jardin des deux rives, je suis parti du centre ville, tranquillement, vers 10H30. Les premières difficultés, je les ai rencontrées pour passer les barrages afin de sortir de la zone rouge. Ne pouvant pas passer par les grands axes bloqués, je suis passé par le secteur Contades, ressortant enfin avenue des Vosges par la rue Schwilgue. Continuant par l’avenue de la Forêt Noire je suis passé devant les dizaines et dizaines de camions de pompiers sécurité civile massés devant le Consulat des Etats-Unis.
J’ai continué mon trajet en remontant l’avenue de la Forêt-Noire. Au niveau du boulevard de la Marne, j’ai entendu, au loin, à ma droite, des explosions de grenades, j’ai donc continué mon chemin tout droit. Après 7 ou 8 kilomètres de marche, j’ai enfin pu rejoindre le jardin des deux rives par la route du Petit Rhin. J’ai appris que la police bloquait les entrées par Neudorf, et que de nombreuses personnes erraient à la recherche d’une solution.
A midi, bien entendu, le camp était quasi désert, sauf le comité d’organisation, et quelques personnes prévoyantes. Je suis monté, vers 12H30, au niveau du pont de l’Europe, où j’ai pu constaté qu’un impressionnant barrage de CRS bloquait le pont. Compte tenu du dispositif, il me semblait évident que les autorités avaient choisi de ne pas laisser se faire la jonction franco-allemande. Renseignement pris auprès de l’un des responsables, il me fut indiqué que la jonction était interdite sur ordre du Préfet.
Prudent, nous sommes redescendus, et avons croisé, choqués et surpris, plusieurs centaines (300 ou 400) "black blocks". Courageux, mais pas téméraires, face à ces gens peu rigoleurs, les quelques personnes qui étaient montées sur le pont se sont vite dégagées par les talus. Choqués et surpris, disais-je, parce que nous ne comprenions pas comment ses gens ont réussi passer les innombrables barrages policiers.
A ce moment là, je pensais que les CRS allaient intervenir pour les bloquer, sans possibilité de retraite, sur le pont, pour nous laisser manifester calmement. Revenu au parking Desaix, j’ai pu apprécier l’atmosphère bon enfant. Mais, une demi-heure plus tard, j’ai été stupéfait, c’est le moins que l’on puisse dire, de voir les mêmes black-blocks traverser de part en part le terrain Desaix.
Quelques minutes plus tard, nous avons vu des fumées noires s’élever de l’autre côté d’un mur d’enceinte, mais sans comprendre ce qui se passait, ni réellement s’inquiéter. Nous avons compris que les choses étaient mal parties quand les hélicoptères ont jeté des grenades lacrymogènes en direction de ces fumées, puis sur le lieu de rassemblement lui même. C’est là que nous avons appris que "c’est un hôtel qui flambe", et que tout le monde a essayé de fuir comme il pouvait. Mais, coincés entre des CRS et les casseurs, la seule solution dont nous disposions était de lancer la manifestation pour essayer d’avancer.
C’est ce qui fut fait. Tout le long du cortège, il a fallu négocier, marcher sous un soleil de plomb, être envahis de ces casseurs qui se servaient de la manifestation de manière ponctuelle comme d’un lieu de repli, et des manifestants comme de boucliers, caillassant sans cesse les policiers, puis rejoignant les manifestants au moment des charges.
A un moment donné, nous avons décidé de constituer nous même un service d’ordre en faisant une chaîne humaine en empêchant les casseurs de ressortir et d’aller une fois encore provoquer les policiers. Nous n’avons pu tenir plus de 10mn, saoulés que nous étions de coups. La panique s’est emparée des manifestant pacifistes, une nouvelle fois pris au piège au niveau d’un pont ferroviaire, et nous avons décidé de rebrousser chemin. C’est alors que nous avons constaté que des black blocks avaient pillé une entreprise de stockage de palettes en bois, et constituaient une barricade, emprisonnant de facto la partie avant du cortège. Nous avons pu nous dégager en passant par un interstice, et couru avant que les policiers ne décident de charger, négociant le droit de quitter ce piège.
Après de nouveau kilomètres de marche en arrière, nous avons pu quitter, sous les yeux de CRS postés là, le port du Rhin en passant en dessous, ou au dessus, de trains de marchandises, pour rejoindre les jardins ouvriers et Neudorf.
Le sentiment de désastre, la colère aussi devant ce qu’ont subi les habitants du Port du Rhin, mais également devant les ordres qui semblent avoir été donnés par le Préfet (qui a dit qu’il assumait) de laisser les black block intégrer la manifestation, puis de les laisser agir.
On a l’impression que certains ont voulu jouer la politique du pire...
8. dimanche 5 avril 2009 à 12:18, par FredHazel
Le récit de la manifestation en vidéo
J’étais sur place à 13 heures : les vitrines de l’hôtel IBIS avaient été brisées et des manifestants avaient allumé un feu à l’extérieur avec le mobilier (sans incendier le bâtiment). Il y avait des forces de l’ordre à proximité qui n’intervenaient pas.
Je suis revenu une heure plus tard et l’hôtel était en feu. Il était facile d’établir un cordon de sécurité autour de l’hôtel, à partir du moment où on voyait qu’il était menacé.
Si l’IBIS a brûlé, c’est qu’on a bien voulu qu’il brûle !
9. dimanche 5 avril 2009 à 12:19, par angelus
Honte au dispositif policier !
Bonjour,
J’étais hier à la manifestation anti-otan. J’ai pourtant connu les plus grandes difficultés pour m’y rendre, des barrages policiers sauvages s’étant dressés un peu partout sur le trajet. A force de détour et de discussion avec "les forces de l’ordre" qui me conseillaient de rentrer chez moi devant la télé et me disaient que s’ils me laisaient passer je ne pourrais plus partir et que je mangerais de la lacrymo ( bonne ambiance), je réussis tout de même à rejoindre le port du Rhin.
Et là, surprise ! Plus un seul policier ! L’ancienne douane a brulé plus d’une heure sans aucune intervention des forces de l’ordre. S’en est suivi l’hôtel Ibis et la pharmacie. La police n’est intervenue qu’après l’incendie de celle-ci. L’hôtel Ibis brûlant déjà depuis un bon quart d’heure. Et quelle intervention.... Lacrimo tirée par les hélicoptères ( vive la précision). Je discutais à ce moment là avec un journaliste quand les lacrimos ont explosé à nos pieds.
Ensuite alors que la manifestation était en train de partir, les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes au milieu du cortège, provoquant un mouvement de foule qui fort heureusement ne fut pas dramatique.
Les lacrimos se succédèrent jusqu’à notre arrivée dans une rue qui fut pour nous une nasse. 30000 personnes ne pouvant plus sortir de la rue du fait d’un barrage policier à l’avant et de charges de grenades lacrymogènes et de bombes assourdissantes à l’arrière.
On voit la volonté d’un sénateur d’empêcher les forces de l’ordre d’avancer sans succès. Dans cette nasse c’était la panique. Pas d’issue.
J’ai réussi à m’échapper de cette nasse par une voie de chemin de fer mais beaucoup d’autres dont le gros du cortège sont restés bloqués dans cette nasse pendant plus d’une heure.
Le travail de la police a vraiment été honteux durant toute cette journée. Certes des casseurs étaient présents mais les trois incendies ont été perpétrés par une quinzaine de personnes tout au plus. Aucune intervention plus ciblée n’était donc possible.
La police a considéré toutes les personnes présentes de la même manière, sans aucune distinction ce qui est déjà, on le voit souvent dans les journaux, le cas des forces de l’Otan.
Une honte pour notre pays.
10. dimanche 5 avril 2009 à 12:20, par user20
Le récit de la manifestation en vidéo
Si des gens ne voulaient pas être confondus avec des "black block", alors pourquoi est-ce qu’ils se sont habillés en noir ??? on savait que les gens tout en noir une cible privilégiée... Personnellement, j’ai mis un tee shirt jaune et des baskets blanches, et je ne risquais pas d’être en premier dans un viseur !! suis-je le seul à y avoir pensé ?? non sûrement pas, ce qui prouve bien que ceux habillés de noir avaient pour la plupart des intentions malsaines !
Ils étaient par exemple très clairement visibles, parmi les manifestants qui s’étaient posés avenue des Vosges. C’était un ptit groupe de 15-20 Allemands, dont les sacs à dos étaient bien remplis (vidéo à l’appui).
cher blechmic,
étiez-vous à la manif ???
j’en doute fortement, car je ne pense pas que beaucoup de personnes présentes hier puissent dire comme vous "chapeau pour les forces de l’ordre"...
Tout a été fait pour accroitre la tension déjà palpable, la police a mis un temps fou à intervenir au moment du saccage de la pharmacie et de l’hôtel. Puis l’obligation pour tous les manifestants de se réfugier dans la nasse du champ de foire a abouti à un départ précipité de la manif, dans les odeurs de gaz, par une voie impraticable, avec des grillages qu’il a fallu descendre pour passer. Pour couronner le tout, des camionnettes de crs restées là, au milieu du cortège, cibles trop faciles pour les casseurs présents...
Et après, gazage tous azimuts, sans discernement, nous étions une trentaine à nous être réfugiés sur le talus pour nous éloigner des casseurs, quand les grenades ont commencé à pleuvoir, y compris directement sur nous. Une d’entre elles est tombée un mètre devant moi...
Nous avons enfin pu progresser normalement, avant d’être coincés dans une souricière : un goulot d’étranglement de la voie sous le chemin de fer devant nous, avec interdiction d’avancer, et la police qui poussait à l’arrière, coinçant tout le monde (manifestants et casseurs) dans un périmètre très restreint... La tension était à son comble, une chaîne de pacifistes s’est formée spontanément, essayant d’empêcher les casseurs d’accéder à l’avant du cortège. Il y eu quelques coups reçus...
Bref, pas de quoi félciiter les forces de ce que vous appelez "l’ordre".
12. dimanche 5 avril 2009 à 12:44, par naturalborn
Le récit de la manifestation en vidéo
y étant aussi, je confirme ce qui est dit par Cory
plusieurs interrogations :
pourquoi avoir délibérément laissé le quartier en proie aux casseurs
pendant plus de 2 heures ? des militants pacifistes ont réussi à éviter
certaines exactions, contre la chapelle et l’école mais seuls, ils ne pouvaient
faire grand chose...
pourquoi avoir modifié le parcours de la manifestation et avoir
transformé la fin en véritable souricière ? je condamne au plus haut point
les exactions mais je ne comprends pas la stratégie mise en place par les
forces de l’ordre qui ont "tapé dans le tas" ; peut-être et même
sûrement que tout ceci était volontaire pour créer la confusion et véhiculer un
message aux "masses"... vive l’ordre...
pourquoi enfin insulter les manifestants non-violents ? il y a
réellement un problème avec la police française, qui plutôt qu’être au service
du peuple, se croit investie d’une "divine" mission, et qui donc
n’hésitent pas à employer des méthodes pour le moins discutables, attitude
renforcée par le dédain affiché place Bauveau et dans les préfectures pour le
peuple...
bref, un grand gâchis, mais les fautifs sont à chercher des 2 côtés !!!
13. dimanche 5 avril 2009 à 13:07, par naturalborn
Le récit de la manifestation en vidéo
@user20
cher ami, juste pour ta gouverne, sache qu’une des manières de faire dans les black block est de se changer en cours de manifestation pour ne plus être en noir, mais en jaune comme toi par exemple... j’en ai vu un certain nombre faire cela hier et ensuite faire des feux avec les fringues noirs... donc, prendre les gens pour des idiots comme tu le fais est assez maladroit...
14. dimanche 5 avril 2009 à 14:10, par user20
Le récit de la manifestation en vidéo
naturalborn,
evidemment que je savais que les black block avaient plusieurs tenues sur eux, cependant en n’étant pas habillé de noir, on était déjà plus vu comme "pacifiste" que comme "black block".....
donc ceux qui se disent étonnés d’avoir été visés parce qu’ils étaient en noir et étaient pourtant pacifistes, n’avaient qu’à réfléchir avant....
15. dimanche 5 avril 2009 à 14:12, par nonump
Le récit de la manifestation en vidéo
Vendredi vers 16h , j’ai vu, dans la ruelle derrière le magasin ADIDAS, rue des Grandes Arcades, un groupe de policier de la BAC 93, effectué un contrôle de papier très musclé sur 6 jeunes ( 4 avaient l’air d’anti OTAN et les 2 autres étaient plus "Fashion victim"). des passants ont commencé à faire des photos quand soudain un des policiers les interpelle sans ménagement, a noté leurs identités et les a forcé à effacer les photos et tout çà dans une tension palpable. Etait-ce nécessaire ? Je crois que souvent la police met de l’huile sur le feu puisqu’ils ont tous les droits dans ce genre de situation. Dans la vidéo on voit bien certains CRS avoir des gestes dangereux envers des manifestants. dans une des vidéos, on voit une bombe lacrymogène éclatée à la hauteur des visages des manifestants pacifistes. Plaindre les CRS quand ils sont blessés ??? Eux sont, bien plus protégés avec leurs armures, casques et autre canon à eau...
Et après la police se demande pourquoi elle est de moins en moins respectée
16. dimanche 5 avril 2009 à 14:15, par evene_ment
Match hier à Strasbourg : 1:0 pour l’équipe CRS/Black Blocs/OTAN contre les pacifistes !
Hier à Strasbourg, ça castagnait du côté du Pont du Rhin… D’un côté les : Blacks Blocs ; de l’autre : les CRS. Jusque là, c’était facile à suivre. Le CRS, on connaît très bien depuis 68, et on connaît le goût musclé de la matraque. Mais le Black bloc, c’est quoi au fait ?
Le Black bloc, il s’habille le matin avec un pantalon et un T-shirt noir, met sa cagoule et son masque, et ainsi paré de son plus bel atour, se sent la force surhumaine d’aller faire trembler le moindre badaud. Tiens ! Le sentiment d’impunité conféré par l’uniforme, ça rappelle étrangement quelque chose… Le Black bloc, il aime le baston et quand ça cogne fort. Encore une similitude ! Alors, du coup, hier sous l’œil du média, à Strasbourg, on s’y perdait un peu, et comme pour un match de foot, le spectateur non aguerri pouvait glisser discrètement à l’oreille de son voisin : « Les CRS, c’est les bleus ou les noirs ? ». Et les enfants d’ajouter : « C’est lesquels les gentils ? ». Difficile comme question d’ailleurs…
Parce que là, même si on a pu entendre parler de guerre civile, on en était quand même loin. La guerre civile, y’a un peu d’idéologie derrière… un peu. Là, ça ressemblait plus à un jeu vidéo grandeur nature, avec armes, explosions, bruits… de quoi exciter tous les accros ! Mais au fait, les points ça se comptait comment ? En nombre de blessés ? En nombre d’abris-bus détruits ? Allez… soyez sympas, les mecs, expliquez-nous les règles du jeu, qu’on puisse jouer aussi ! Et le type là, avec son drapeau arc-en-ciel, les yeux rouges et qui tousse, qu’est-ce qu’il fait dans ce décor cybernétique ? Ahhh… un dommage collatéral… Excusez du peu les 30’000 dommages collatéraux ! Quelle idée vous a pris de passer par là !
Et le grand gagnant ? C’est qui finalement ? Les CRS, qui ont pu se défouler un peu sous leur carapace de Tortues ninja en « pêtant la tronche » des petits jeunes ? Ou les blacks blocs, qui ont pu assouvir des passions en « cassant du flic » ?
En tout cas, une chose est sûre, les grands vainqueurs, c’est pas les 30’000 manifestants venus de toute l’Europe dans le but de défendre une idéologie qui leur tenait à cœur. Non, non, eux, ils ont juste servis d’excuses des deux côtés.
Du côté de la Préfecture qui a justifié un déploiement de forces sans précédent par la tenue de la « grande manifestation », et de l’autre côté, en donnant aux Blacks bocs les raisons de leur violence. Parce qu’évidemment, pour le Blacks bloc, Strasbourg a été qu’un grand jeu d’anti-Monopoly, encore un symbole capitaliste sans doute. On passe par l’Avenue de la Paix barres à mine en mains, on balance quelques cocktails, on n’achète pas les hôtels, on les brûle, et on retourne à la case départ au camp de la Ganzau en ne touchant pas 20’000 € mais en en faisant perdre bien plus à la ville de Strasbourg,. Le tout en citant Victor Hugo pour justifier la destruction des lieux de culte. Mais foutez-lui la paix à Hugo !
Alors, de loin, et très spéculativement, on aurait pu limite croire que l’alliance CRS/Black blocs, c’était elle la grande gagnante hier à Strasbourg ! Et que le grand perdant, c’était les autres, les 30’000 manifestants qui, si tout s’était passé autrement, auraient pu faire changer le cours des choses. On aurait pu lire dans la presse : « L’Europe unie contre l’OTAN ! » ou encore « Une vague humaine contre la force otanienne ! ». Ca aurait même pu faire basculer la vie politique internationale, les prochaines élections françaises, faire voir au rabais l’envoi de force musclée… Au lieu de ça, non, c’est un incendie qui fera la une ! Bravo, clap clap clap !
Quelle stratégie terrible ! Jouer à la guerre pendant quelques heures, faire dissoudre une manifestation internationale puis, cerise sur le gâteau, remettre la responsabilité des incendies sur les épaules des organisateurs pacifistes (cf. discours du Préfet de Strasbourg)… c’était redoutable !
On imagine très bien le petit Black bloc junior, rentré chez ses parents ce soir, dans leur pavillon résidentiel en se plaignant qu’il n’a plus son T-shirt noir fétiche, et sa mère de rétorquer qu’elle ira lui en acheter un autre demain, chez Levis. Pendant ce temps, la femme du CRS recoudra son bel uniforme bleu sombre. Strasbourg, elle, pendant ce temps, nettoiera ses cendres ; l’employé de la ville, altermondialiste dans l’âme nettoiera le verre des abris-bus laissé par terre et le petit jeune de l’hôtel Ibis au chômage depuis des mois qui avait enfin trouvé un boulot sera à nouveau dans la galère.
Le pire dans tout ça, c’est que pas loin de là, bien au chaud au Palais de la Musique et des Congrès, les grands de ce monde ont continué à le faire tourner à leur guise…
17. dimanche 5 avril 2009 à 14:18, par mimosa2
Le récit de la manifestation en vidéo
sans juger des responsabilités des uns et des autres (même s’il apparaît clairement que les forces de Police ont autant manqué de discernement que les "black block"
plus un rassemblement festif de
petits bourgeois en mal de révolution/Buzz, assurés de leur impunité, qu’une
organisation politique
de respect pour les organisateurs
de la manif), il me semble que la principal problématique, c’est la quasi
absence de service d’ordre de la manif.
Les autorités ont tout voulu prendre en charge et donner le moins d’infos possible, elles payent ainsi l’absence total de concertation avec les "véritables" organisations politiques et autres associations pacifistes : on sait que sans concertation, vous ne responsabilisez plus personne, c’est pourtant un préalable.
On aurait pu espérer que la Ville de ce côté aurait pu faire valoir ses intérêts à ce sujet, il n’en est rien : accepter une manif et un campement dans les zones les plus fragilisés socialement et économiquement de Strasbourg, c’est quand même symboliquement très lourd pour l’image de l’agglomération et une majorité de "gauche", OTAN ou pas autant, ce sont les strasbourgeois parmi les plus démunis qui ont subi cette agression caractérisée (pas seulement la casse...) contre leur Ville.
Ceux qui stigmatisaient il y a encore peu la population à l’origine, d’après eux, des violences urbaines dans ces quartiers (et qui oeuvrent encore au 9ème étage sous l’appellation "techniciens" mais qui adorent se substituer aux forces de police) auront peut-être un peu plus de compassion à leur égard à l’avenir ; comparativement, les dégâts occasionnés correspondent à au moins 5 réveillons "traditionnels" mais les Black Blokeurs , eux, pourront dès lundi rejoindre leurs facs respectives et se gargariser de leurs exploits (et des frissons orgasmiques procurés ainsi) devant leurs affidés fascinés par tant d’audace ; les gens des quartiers populaires touchés auront juste encore quelques services en moins et un peu plus de désespoir à exorciser.
Prochain rendez-vous le 31 décembre où les voitures brûlées apparaîtront peu de choses face au gigantesque incendie de l’Ibis, ...il manque des techniciens à l’appel dans l’échelle des responsabilités, non ?
Les experts de la "tranquillité publique" (qui oeuvraient et ont été recrutés sous l’ancienne municipalité), où sont-ils et si c’était eux qui ont si mal conseillé nos élus ? Leurs certitudes pourtant inébranlables se sont sans doute consumées du côté du Port du Rhin en 48h...
18. dimanche 5 avril 2009 à 16:06, par naturalborn
Le récit de la manifestation en vidéo
@evene-ment :bravo pour ton post, tout est dit...
19. dimanche 5 avril 2009 à 16:08, par naturalborn
Le récit de la manifestation en vidéo
@user 20:j’étais pas habillé en noir, et j’en ai pris plein la gueule pour pas
un rond... donc, les leçons de moral...
20. dimanche 5 avril 2009 à 17:28, par burger
Concentrer les casseurs...
J’étais au départ du cortège... Pour y arriver ce fut déjà la galère. Plusieurs barrages. Les CRS qui laissent passer dans un sens en promettant qu’une fois de l’autre coté, pas de retour possible. Plusieurs personnes d’un certain âge se regardent. On sent la crainte poindre. Que se passe t-il de l’autre coté ? est la question qui se lit sur les visages. Quelques uns font demi tour. Beaucoup en fait, je le verrais plus tard.
Je passe avec mon, vélo. Je m’engage route du petit Rhin. L’ordre de commencer la manif est donné. Pas mal de gens de bonne composition, pas mal de pacifistes… mais arrive une tripotée de mec, en rang, avec cagoules, bâtons, rien qu’à croisé leur regard… tu sais que ça va dégénérer.
Je me tâte. Je suis venu seul et la fleure au fusil. Mes potes sont des ventres mous qui gueulent devant la télé comme dit Tryo. Je regarde le cortège passer, certains quittent les lieux alors que la manif commence, ils ont senti aussi que ça sentait mauvais. Un couple fait demi tour, je leur tape la causette. Ils ont entendu des gars faire leurs préparatifs pour « fritter » apparemment tout est prévu. Le couple est dégoûté, et fait demi-tour. Je croise un petit vieux qui est en vélo comme moi. Il ne parle pas français, ni anglais… Je lui fait signe qu’avec le vélo c’est pas facile, il hoche la tête l’air de se demander ce qu’il fout là : il est encadré par des gars cagoulés armés de bâtons, c’est l’arrière du convoi… Finalement je fais demi-tour. Je sens que ça va mal finir.
Malheureusement, tous ceux qui rebroussent chemin sont coincés. « On passe pas ». Une femme le portable à la main téléphone à son mari de l’autre coté. « mais non, ils veulent pas me laisser passer, même avec ma carte d’identité, j’habite pourtant là bon dieu ! ».
Même à vélo, ça me met trois quarts d’heure pour contourner les barrages, je suis obligé de passer par le sud du Neuhorf ! Un paquet de petits groupes de manifestants sont dispersés le long du chemin. On leur dit qu’il faut continuer la route pour passer de l’autre côté. La prochaine route est libre… A la prochaine route il y a un autre barrage, les CRS disent la même chose et ainsi de suite… Une vraie souricière.
Je me retrouve enfin de l’autre côté, près de l’UGC. Plein de manifestants sont restés coincés ! Ils n’ont pas pu accéder au cortège. Ce sont tous des gens qui ont le sourire et des fleures dans les cheveux. Eux, ils ont été mis à l’écart. Je m’enfonce plus loin dans la ville. Des mini cortèges entiers qui tournent en rond et n’ont pas pu aller manifester… Eparpillement complet. Je tape la discute avec une mamie qui porte un drapeau pour la paix dans le monde. « Ah ben la manif, on l’aura même pas vu. Je suis dégoûté, je viens spécialement de Paris pour ça… On rentre vers la gare ». Un autre groupe avec des drapeaux PCF. « Parce qu’elle a commencé la manif ?? Nous on l’a pas vu. »
Je retourne près d’un barrage. Je ne sais pas ce qui se passe de l’autre coté. Mais l’isolation de la manif a été minutieusement orchestrée. C’est clair et net. Je m’assois et sors un bouquin fasse aux CRS. Ils resteront là jusque tout soit dissous. La messe est dite. Amen.
Le récit de la manifestation en vidéo
Avant de dire non à l’OTAN, qui sait où il intervient, dans quel cadre et avec quelles missions ? Personne ! "L’OTAN n’est qu’une organisation militaire au service du capitalisme". Raccourci, amalgame, mensonges... j’ai l’impression de lire un discours à la Le Pen. Il y a des personnes élu démocratiquement par leur peuples respectifs qui se réunissent pour organiser leur défense et commémorer la fin d’une guerre devant des symboles forts, et de l’autre des personnes qui souhaitent perturber voire empécher la rencontre et qui ne représentent qu’eux mêmes.
Compte tenu des risques et des tensions qu’il y avait hier, il fallait avoir du plomb dans la cervelle pour aller à une manif pareille. Ou alors, il ne faut pas se plaindre après d’avoir dû respirer du lacrymo.
Signé : Un Strasbourgeois qui n’est ni flic ni militaire !
24 mars 2009
immigration, cercle de silence à Strasbourg
Depuis un an, nous nous rassemblons chaque mois pour protester contre la criminalisation des personnes étrangères vivant dans notre cité.
Nous refusons qu'à défaut de papiers, il leur faille vivre dans la peur, peur lorsqu'on frappe à la porte, peur de sortir, peur d'être dénoncé par les voisins...
Nous refusons qu'aller dans des associations humanitaires pour pouvoir dormir, manger, être soigné, être conseillé pour régulariser sa situation expose encore davantage aux contrôles d'identité.
Désormais, nous nous inquiétons d'un palier supérieur dans l'indignité. En effet, les poursuites policières et judiciaires se multiplient dans tout le pays à l'encontre de ceux qui essayent de soutenir ces personnes en détresse.
Donner une couverture pour supporter le froid de la nuit,
recharger un portable pour lutter contre l'isolement,
distribuer de la nourriture pour avoir moins faim,
tendre la main à ceux qui n'ont personne...
Tout cela est susceptible d'une sanction en vertu de l'article de loi qui stipule que "Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de 5 ans et d'une amende 30 000 euros".
Cette loi était conçue initialement pour sanctionner les passeurs qui s'enrichissent en profitant de la misère d'autrui.
Aujourd'hui, son esprit est détourné, voire renversé, pour en user contre ceux qui n'ont d'autre motivation que de répondre à l'appel d'un autre en détresse.
La Loi a pour finalité de nous permettre de vivre ensemble pacifiquement, dans le respect des uns avec les autres. Jamais la loi ne saurait être convoquée pour anéantir les plus faibles d'entre nous. Jamais, la loi ne saurait être convoquée pour punir et tenter de faire reculer la solidarité.
Nous refusons et continuerons à refuser d'abandonner le principe de fraternité qui fonde notre république.
Aussi, pour marquer notre protestation silencieuse, nous nous retrouverons ensemble comme chaque mois, ce lundi 30 mars, de 18 h à 19 h, Place Kléber.
Merci de venir et d'en informer vos amis et les amis de vos amis.
Merci aussi de nous dire si vous ne désirez plus recevoir nos informations.
Contact : cercledesilence.strasbourg@gmail.com
04 mars 2009
EDUCATION Y A DE L'ARGENT POUR CERTAINS
Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy
veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés la
gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa,
non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition,
pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient
jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements
publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont
scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay,
chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des
sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New
York et 17 000 euros -le record- à San Francisco.
> >
> > Au diable l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place.
> >
> > A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros
par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide.
Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais
pour Sarko, ce n'était pas assez. Depuis l'an dernier et à la demande
express de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de
scolarité des élèves français de terminale... quels que soient les
revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre,
ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et
ainsi de suite. "
> >
> > J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a
expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française
d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que
vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français."
Encore merci !
> >
> > Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles
concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de
revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors,
une partie du financement était assurée par des grandes entreprises
françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces
boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi
payer les frais de leurs expat' si l'Etat régale ? Un coût qui fait
boum Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger
a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en
publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du
"Canard". D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP (sans parler de
la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713
millions d'euros par an !
> >
> > Intenable ! La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux
établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'est
lancé la dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement
concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à
Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycéefrançais de Doha...
Et il va falloir payer ! Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard
Kouchner n'a pas nié ces menus "inconvénients". Son cabinet songe
d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle... mais
toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko
n'en veut pas. "Je tiens beaucoup à la gratuité", s'entête-t-il à
chaque déclaration à l'étranger. Sans prendre le temps de préciser
comment sera financée cette très généreuse gratuité !
> >
> >
> >
> > A DIFFUSER LARGEMENT. Ce ne sont pas les médias qui nous le
diront. Et puisqu'il faut faire des économies à l'Education Nationale,
je vous laisse juges.
> >
> > Tout va bien. Surtout pour certains.
> >
> > Il n'y a plus d'argent ???? @+
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
18 décembre 2008
EDUCATION NATIONALE, JUSQU'A QUAND?
Courrier d'un directeur d'école avant le mouvement lycéen :
Je prends des responsabilités dans l’équipe de circonscription (USEP, sport à l’école…). Je redeviens actif face aux dangers actuels (suppression des RASED, des postes dans les associations liées à l’enseignement, directives de plus en plus « école du XIXème siècle….) A quand l’école privée pour tous ? Ce n’est pas une blague, malheureusement.
Alerte d'une France de gauche :
Darcos a dû reculer :
il faut imposer le retrait
de sa réforme de régression sociale
Devant la crainte de l’extension du mouvement des jeunes, des enseignants et des
parents, dans un contexte de montée de la colère des ouvriers, des employés,
menacés de licenciements, de chômage technique, pour payer la crise des banques,
des spéculateurs, des grands patrons, le ministre Darcos a annoncé le report d’une
année de la réforme des lycées. A l’évidence, le « syndrome grec » a également
pesé dans cette décision qui marque un premier recul du gouvernement et de
Sarkozy.
Ce recul partiel – et Sarkozy et ses ministres ne cessent de proclamer crânement
que « la réforme de l’enseignement se fera » - est un encouragement à se battre
pour son retrait pur et simple. Il faut continuer à se battre contre la suppression des
postes d’enseignants, contre la suppression des Rased, contre la suppression des
personnels ouvriers, d’entretien, contre la liquidation des maternelles publiques,
contre les contenus réactionnaires des programmes toujours à l’ordre du jour.
Les lycéens, notamment ceux des lycées professionnels, inquiets pour leur avenir
professionnel, les enseignants et les parents qui dénoncent la dégradation accélérée
de l’enseignement public, de plus en plus réduit à n’être qu’un pourvoyeur de main
d’oeuvre manuelle et intellectuelle mal payée, flexible et précaire, ont poursuivi et
amplifié la mobilisation.
De l’argent pour l’école publique, il y en a : le gouvernement a bien trouvé des
milliards pour les banques.
Des enseignants qui veulent délivrer un enseignement de qualité pour les jeunes,
notamment ceux des milieux populaires, il y en a : la preuve, ils sont de plus en plus
nombreux à se déclarer en « désobéissance pédagogique » pour refuser les
programmes au rabais, la baisse des heures de cours.
Contrairement aux propos provocateurs du gouvernement, ce n’est pas un
mouvement « minoritaire » : les jeunes savent pourquoi ils se battent : c’est pour
avoir un avenir dans cette société qui les exclut et ne les considère que comme une
main d’oeuvre flexible et surexploitable. C’est contre cela que des centaines de
milliers de jeunes se mobilisent en Grèce, car ils refusent, qu'après des années
d'études supérieures, ils soient condamnés à des salaires de 600 euros. C’est
contre cette même politique impulsée par l’Union européenne que se battent les
jeunes italiens, allemands, espagnols…
La jeunesse, tout comme l’ensemble des travailleurs et des masses populaires,
refusent de payer la crise du capitalisme.
13 juillet 2008
DENIS ROBERT, CLEARSTREAM, une censure mortelle
Au travers du cas de Denis Robert se joue la liberté d’information pour les
journalistes. Et, au delà, la liberté d’enquêter et de rendre compte
aux citoyens.
Denis Robert, suite à sa condamnation par le Tribunal de Bordeaux, a décidé de se taire à propos de clearstream. Sur l'affaire, consultez Wikipedia et les explications de l'auteur, journaliste d'investigation sur http:// ladominationdumonde.blogspot.com;
Lorsqu'un journaliste "jette l'éponge" en écrivant qu'il s'agit "d'une victoire de la censure, chaque citoyen doit se sentir interpellé.
La cour de justice européenne affirme que la liberté de la presse est la colonne vertébrale de la démocratie, les pressions subies par Denis Robert représentent une menace pour chacun d'entre nous. Ce cas illustre mes propos tenus sur la censure sur mon blog http://michellemeyer.canalblog.com. Pour rejoindre le comité de soutien à Denis Robert http://lesoutien.blogspot.com.
Comme l'écrit la SCAM, avec le silence de Denis Robert, c'est la démocratie qui est aphone.
04 décembre 2007
SARCOIDOSE ET UVEITE
Cabinet d'un ophtamologue
-vous souffrez de troubles de la vue mais cette fois, il n'y a pas uvéite.
- Tant mieux.
- Vous ne souffrez pas d'une sarcoïdose?
Rires
-Voir et entendre Sarko, tout le monde en a sa dose
Le médecin est gêné
- non, je parle d'un stress qui a des effets sur les poumons et on ne sait pourquoi, la vue est atteinte
- Stressé, oui. La sarkoïdose, tout le monde l'a.
Le praticien a sursauté.
- Ciel ! vous l'avez?
- Du stress oui. Surtout quand on regarde Sarko et ses mouvements d'épaules comme si le col de son veston le gênait.
L"ophtalmo prend un air chagrin et hoche la tête."Ce serait une catastrophe pour la Sécurité Sociale !"
-Je vais tout de même vous prescrire des examens et un corticoïde pour les yeux.
- c'est une plaisanterie votre sarcoïdose? Jusqu'à présent, je n'ai entendu que le quolibet sarcose = narcose.
-La sarkoïdose n'est pas grave. Si la cause disparaît en 2ans, il n'y a plus de problèmes.
- Et s'il fait ses 5 ans?
Silence, froncement de sourcils.
Le patient se lève, prend ses papiers et marmonne: " ben, ça alors, quand je dirai ça aux potes ! C'est dingue !"
22 août 2007
LA T.V.A, UNE SERVITUDE
Il est partout, même dans les livres de la rentrée, il n'a pas besoin d'écrire, une Française d'adoption s'en chargera. Être Français de souche va finir par être une tare, un empêchement à emprunter l'ascenseur social. S'agiter en tous sens, promettre en se moquant des dettes "après moi le déluge" comme avec Louis XV, être partout où il se passe quelque chose et chaque jour, il se passe quelque chose. Faire rêver par des week-ends de détente sur le yacht d'un ami milliardaire,puis dans une villa d'un pacha américain. C'est l'homme au bras long, si long que des quidams lui écrivent pour qu'il solutionne leurs problèmes domestiques.
Moi, je rêve du moment où les besogneux exigeront une baisse des impôts indirects car pour consommer, 19,6% de TVA, ça fait sacrément monter la facture et fait renoncer à bien des dépenses. Dire que le 20 août 1636, les croquants étaient capables de forcer le roi Louis XIII à supprimer l'impôt du"sou par livre" (5% sur toute transaction commerciale).
A tout bien considérer, la monarchie absolue était moins contraignante qu'une démocratie de régime présidentiel. Le Président élu au suffrage universel est plus prétentieux qu'un roi de droit divin. Quant aux détenteurs du capital, ils nous font payer pour prendre les routes, les viaducs et autres, ils sont pires que les seigneurs avec leurs ponts, ils usent de la main-d'oeuvre comme d'une masse de serfs qui pour gagner de quoi vivre décemment doit accepter d'aller vivre où le capital prospère au mieux.