Les images et les informations qui parviennent de la ville de Kobane, dans la zone frontalière entre le nord de la Syrie et le Sud Est de la Turquie, soulèvent la colère et l’indignation. On y voit les chars de l’armée turque qui n’interviennent pas devant l’avancée des groupes de l’EI et qui empêchent même des Kurdes d’aller se battre aux côtés de ceux qui résistent.

Le gouvernement d’Erdogan, membre de l’Otan et de la « coalition » internationale mise sur pied par l’impérialisme US, ses alliés de l’Otan, dont la France, et les monarchies du Golfe, réprime violemment les manifestations en Turquie qui dénoncent ce cynisme.

-       Nous dénonçons le régime réactionnaire de Turquie qui relance la « guerre intérieure » contre la population kurde. Des dizaines de manifestants ont été tués, blessés, dans les manifestations et les rassemblements organisés pour défendre le droit des populations et des organisations kurdes à se défendre devant les armées de l’EI.

-       Nous dénonçons les plans du gouvernement de Turquie, comme la création d’une « zone tampon » le long de la frontière syrienne, qui s’inscrivent dans son objectif fondamental de renverser le régime en Syrie. C’est dans ce but que le régime d’Erdogan a laissé ses frontières ouvertes pour tous les candidats au « djihad », qu’il a laissé des groupes armés qui font partie de l’EI s’organiser, s’équiper…

-       Nous dénonçons le soutien que les puissances impérialistes continuent à apporter au régime d’Erdogan, par delà leurs « critiques » et nous exigeons que l’UE et la France enlève les organisations kurdes, notamment le PKK, de la liste des organisations « terroristes ».

 

Le régime d’Erdogan n’est le seul à tenir un discours contredit par ses actes, ou à essayer de couvrir ses objectifs et ses intérêts réactionnaires derrière le discours de « la lutte contre le terrorisme ».

 

La guerre lancée en Irak par les dirigeants US poursuit la politique de déstabilisation et de recomposition du « Grand Moyen Orient » engagée par Bush. Avec leurs alliés, les monarchies du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Barhein…) et le régime turc d’Erdogan, les dirigeants US veulent se débarrasser du régime syrien, qu’ils accusent d’être le principal responsable du « terrorisme » dans la région. C’est la même rhétorique que celle utilisée à l’époque par Bush pour justifier la guerre d’Irak et le renversement du régime de Saddam Hussein.

Les groupes islamistes combattus aujourd’hui par la « coalition » dirigée par les USA, ont été soutenus militairement et financièrement pour lutter contre le régime syrien, par les régimes réactionnaires du Golfe, mais aussi par l’impérialisme US et l’impérialisme français.

Si certains de ces groupes sont aujourd’hui la cible de leurs bombardements, c’est qu’ils poursuivent leurs propres objectifs, qui s’opposent à ceux des grandes puissances.

 

Il est clair que les objectifs des EI et Cie sont réactionnaires. Mais ce ne sont pas les grandes puissances impérialistes qui sont un rempart à son développement, bien au contraire. Leurs bombes qui réduisent des pays entiers à des tas de ruines, la misère des travailleurs et les peuples provoquée par leurs politiques économiques, leur discours cynique sur la « démocratie », toujours à géométrie variable, selon leurs seuls intérêts, comme on l’a encore vu à travers le soutien qu’elles ont apportées à la guerre menée par Israël contre le peuple palestinien de Gaza… permettent aux groupes islamistes radicaux d’instrumentaliser une partie de la colère, les immenses frustrations de milliers et de milliers de personnes, dont une majorité de jeunes, des pays qui subissent les conséquences de cette politique.

 

Les dirigeants des grandes puissances veulent avoir le soutien des opinions publiques, ou, au minimum, neutraliser leur opposition aux guerres de repartage des zones d’influence, aux guerres pour le pétrole et les richesses, guerres qui n’ont jamais cessé, notamment depuis la première guerre du Golfe.

C’est pourquoi, nous ne pouvons ni demander ni attendre de ces fauteurs de guerre et du chaos actuel d’être ceux qui viendraient au secours des victimes.

 

Hollande a engagé notre pays dans cette guerre.

 

Il a renforcé les liens avec les monarchies du Golfe, premiers clients des marchands de canons modernes, les Dassault et autres monopoles du puissant lobby militaro-industriel. Il a poussé au renversement du régime syrien et a fourni des armes à l’opposition qualifiée de « modérée ». Une partie de ces armes sont aujourd’hui aux mains des combattants de l’EI. C’est une politique à courte vue, dangereuse, qui met ses pas dans ceux de l’impérialisme US.

C’est pourquoi, nous nous sommes opposés à la volonté de Hollande d’intervenir en Syrie et nous avons exprimé notre opposition aux livraisons d’armes à l’opposition syrienne. C’est pourquoi, nous avons dénoncé l’intervention militaire française en Irak depuis le début, de la même façon que nous avons dénoncé l’intervention militaire française en Libye, puis au Mali, en Centrafrique….

 

Aujourd’hui, nous mettons en garde contre le fait qu’Hollande parle « d’armer les kurdes », car c’est toujours dans le même objectif : venir à bout du régime syrien, participer à l’éclatement des Etats de cette région, pour permettre aux puissances impérialistes de mieux la contrôler, exploiter ses richesses, avec l’appui des régimes réactionnaires qui achèteront des armes pour renforcer leur position et soumettre leurs peuples.

 

La guerre actuelle ne répondra à aucune des graves questions qui traversent cette région ; au contraire, elle ne fait que les aiguiser.

Elle ne fait qu’alimenter les guerres civiles réactionnaires, les divisions et les éclatements des pays et des peuples, sur des bases confessionnelles ou ethniques : aucun peuple ne peut s’en sortir sur le dos des autres et tous ont intérêt à faire front à l’impérialisme.

Le chemin vers cette unité entre les peuples n’est pas facile, mais c’est le seul qui puisse ouvrir une perspective de progrès et d’avenir.

C’est à cela que nous travaillons, avec toutes les forces, qui, en France et au niveau international, se battent contre l’impérialisme fauteur de guerre et de misère ; pour l’émancipation nationale et sociale des peuples et pour la solidarité internationale.

Paris, 10 octobre 2014

 

Parti Communiste des Ouvriers de France

Site : www.pcof.net – courriel : pcof@pcof.net