Rappel d’un peu d’histoire pour avoir à l’esprit comment un gouvernement dit socialiste peut faire le jeu de l’extrême-droite.

Années 1930. Partout, toute la social-démocratie s’était écroulée devant l’extrême-droite. En Allemagne les socialistes voulurent « faire barrage à Hitler » en soutenant la candidature présidentielle de cette vieille ganache réactionnaire d’Hindenburg. Ils préféraient en effet ce vote plutôt que de soutenir la candidature du communiste Ernst Thaelmann. C’était déjà la théorie du « front uni contre le pire » donnant le pouvoir au centre pour éviter la droite extrême. Cette sottise, que chacun est capable de retrouver dans les politiques d’aujourd’hui, s’acheva dans le fiasco le plus total : c’est Hindenburg, le candidat des socialistes, qui appellera Hitler à la chancellerie.

Il est lamentable que ce soit en Alsace, pour laquelle tous les Français ont tant donné au cours de deux guerres mondiales, que les particularistes fassent leur sale besognes.

Le président de droite de la région Alsace a imaginé profiter d’une possibilité offerte par la loi pour faire un référendum en vue de fusionner en une seule collectivité locale toute l’Alsace. Pour ce mauvais coup, il a d’abord disposé de l’appui des élus d’extrême-droite et d’une des deux fédérations départementales du PS. Les prétextes d’économie sont un rideau de fumée. En réalité il s’agit de construire une seigneurie locale sur un fond de pulsions ethnicistes inavouées.

Le risible, c’est que Patrick Binder d’ALSACE D’ABORD qui veut une région Alsace coupée de la France est pour le « non » au référendum parce que l’ethnicité des Alsaciens n’est pas clairement explicitée. Il veut tout, tout de suite. D’autres préfèrent avancer à pas de loup pour consolider leur baronnie même si cela oblige à courtiser les  autonomistes, bras politique du bilinguisme.

 

C'est donc le 7 avril que se tiendra le référendum en Alsace visant à faire disparaître les deux conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ainsi que le conseil régional, en vue de créer une nouvelle entité centralisée : la collectivité territoriale d'Alsace. Celle-ci sera incluse dans une "euro-région" comprenant le nord-ouest de la Suisse et le Bade-Wurtemberg.

L'Alsace serait diluée dans cet ensemble et séparée de la République française. Il s'agit d'un test visant à enclencher la déconstruction de la France. Après l'Alsace, d'autres régions seront touchées, livrées aux financiers et aux affairistes d’un marché exclusivement libéral.
Un black-out total est organisé sur cette opération. Les grands médias nationaux n'en parlent pas.

Certains auront reconnu le fameux Traité de Lisbonne qui instituerait les euros régions (pour détruire les Etats Nations). Tout ceci se prépare depuis des décennies. L’Alsace glorifiait le Dreyeckland, cette zone des trois frontières est sur le point d’être instituée politiquement.

Et ceux qui réclamaient l’allemand langue de France vont avoir satisfaction. Avec l’autonomie des universités, le sénateur maire de Strasbourg qui est pour un enseignement possible dans la langue de l’étudiant étranger, on conçoit le cadeau fait à l’Allemagne.

Cette Allemagne qui nous est présentée sous un angle biaisé comme si elle était l’exemple à suivre. Certes, elle n’a pas un énorme budget à l’éducation. Pas d’instruction Publique chez elle. Pas d’école maternelle mais des garderies payantes où la future mère doit réserver une place alors que son enfant est à naître. L’école dite primaire fonctionne de 9h à 13h. Les activités en après-midi ne sont pas dans le cadre scolaire. Il s’agie d’activités choisies par les familles et payées par elles dans un centre adapté. Ceux qui n’ont pas les moyens n’ont pas d’activités. Donc cette formule est loin de pouvoir être un modèle pour notre éducation nationale. Les jeunes sont très tôt orientés vers des formations professionnelles qui font surtout l’affaire des entreprises privées. Mais l’Allemagne, avec son problème générationnelle, va se trouver avec une classe d’âge non rentable dans les technologies de point propre à la compétitivité. Depuis le début des années 1980, l’Allemagne embauche les jeunes formées en Alsace. Les formations à la française y sont très appréciées et c’est économiquement rentable pour un pays qui n’a pas eu à former ses cadres. L’Allemagne et la Suisse n’ont pas besoin d’ouvriers alsaciens, les deux pays ont les leurs et ils en ont trop. Par contre, ils veulent les diplômés français. Oui, pour des cadres, originaires d’Alsace, même s’ils parlent un allemand approximatif. Avec la collectivité territoriale d’Alsace, l’allemand pourrait primer sur le français. D’ailleurs l’Allemagne veut une Europe qui soit allemande.

Si on est conscient du problème culturel en Alsace, on ne peut que s’insurger sur les lois concernant la langue française avancées par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et se défier de la lettre de 36 sénateurs dont celui de Strasbourg à propos des étudiants étrangers venant acquérir leur formation en utilisant leur langue d’origine mais ils auront bénéficié d’une immersion dans la culture française.

La République française a beaucoup de qualités. Mais quand une  alsacienne, professeur agrégée d’anglais formée dans les universités françaises écrit : « Le français n'est pas ma langue maternelle, ni celle des générations depuis 45. Ce n'est que vers la fin des années soixante qu'il a commencé à  remplacer le dialecte alsacien en tant que langue maternelle, et très progressivement. Il est inexact de le déclarer "langue maternelle des générations d'après-guerre", qui l'ont appris au plus tôt en entrant à l'école maternelle. »

J’ai retiré, de mon texte sur la défense du français, l’adjectif maternelle, même si j’évoquais la génération après 1945. Car les mères parlaient en dialecte à leurs enfants qui se mettaient à parler français avec l’école maternelle.

Ce n’est que vers les années 60 que le français a remplacé le dialecte comme langue maternelle. Cool la France qui a attendu que le temps fasse son œuvre pour que le registre linguistique change. Ma belle-sœur, fillette de 8 ans a dû parler l’allemand dès l’entrée des armées d’occupation, « du jour au lendemain, le français était interdit» . De quoi désorienter une jeune écolière.

Tu écris aussi « Je partage pleinement ton indignation à l'idée de voir la langue française reniée au bénéfice de l'anglais. (hélas  la brochette de guignols récents en guise de présidents a bien contribué à discréditer l'aura de la France, sa culture et sa langue, que j'aime autant que toi.) »

Tu as écrit de nombreux livres en français et apporté la mélodie de ton verbe et ta sensibilité à la poésie française, depuis trop de temps, il y a de la part des politiques, un désintéressement à l’égard de la véritable culture.  Mais ce sera pire avec ce qui se prépare. Pire pour ceux qui sont francophones et même pour toi qui chante dans un dialecte admirable. Bof ! Nous avons toutes deux un âge qui nous rend lucide, toutes deux Don Quichotte qui ont une foi inébranlable dans la culture. Un certain nombre chante en alsacien ou font du théâtre alsacien, ce n’est pas une relève, ils sont d’une médiocrité accablante, ils ne s’en rendent même pas compte, flattés par un lobby bilingue, séparatiste et idéologiquement douteux.

Le peuple aura à souffrir de cette collectivité territoriale. Si l’ouvrier reçoit les mêmes salaires qu’en Allemagne, c’est la pauvreté garantie et les quartiers pauvre avec l’insécurité régnante. Et c’est la retraite à soixante-dix ans ou jamais, vous aurez fait votre temps de vie. Pour plus de détails, je vous renvoie au programme du Front de gauche qui figure sur ce blog.